PAUL DUPONT
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PÎLÉFACE
* v Le titre de cet ouvrage dit assez que nous
n’avons pas formé le dessein de raconter dans f ~ - * * ' »
toute sa suite l’histoire de France. Nous .avons
. -choisi entre les diverses époques celles qui sont
véritablement grandes par le travail de la iorma-
tion territoriale de notre pays, par le dévelqppe- • • mept de ses institutions, par le progrès de sa prospérité ou par la gloire de ses armes.
A chacune de ces époques se rencontrent les noms dè grands rois ou d’hommes illustres dont
nous avons raconté la vie pour montrer quelle part, de reconnaissance leur est due, et à quel prix ils
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ont mérité de la postérité cette reconnaissance qui
est la gloire même. C’esPen effet.dans l’étude de la
vie des grands hommes que l’histoire nous offre
ses meilleurs enseignements. En même temps qu’elle propose à notre admiration les dons particuliers qu’ils ont reçus de Dieu, elle nous apprend que ces dons eussent été inutiles sans le travail, sans la persévérance, sans le dévouement, et que
les vertus qui sont notre honneur et notre force dans la vie privée, font encore le mérite et le succès de l’homme d’État dans la vie publique. On,.‘ \
assiste ainsi au plus beau des spectacles, à la lutte de l’homme contre les difficultés qui viennent de lui et des autres, et contre cell es qui tiennent aux choses. ■ , . • .
Tel était le sentiment d’Henri IV lorsqu’il disait :
« Plutarque me sourit toujours d’une fraîche nouveauté. Il m’a été comme ma conscience et m'a dicté à l’oreille beaucoup de bonnes honnêtetés.»
Cette fraîche nouveauté, ces bonnes honnêtetés ■
nous voudrions bien qu’on les retrouvât dans nos récits de la vieille France. La matière ici ne nous fait, pas défaut : nos hommes illustres s’appellent '
Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, saint Lpuis,
IXu Guesclin, François I er , Henri IV, Sully, Riche-
lieu, Louis XIV, Colbert, etc.; c’est à eux que la
France a dù son rang dans le monde et le progrès de sa prospérité intérieure.
Ce progrès a été surtout l’objet de notre étude. Nous l’avons suivi à travers l’histoire de l’ancienne
société française, dont nous avons cherché à faire comprendre les institutions et les conditions d’existence. Nous nous sommes appliqués, en particulier, à représenter avec fidélité l’état si eonv traversé des différentes classes au dernier siècle» En disant le bien et le mal du régime sous lequel vivaient nos pères, nous avons voulu, par la comparaison des temps, montrer quels devoirs nouveaux
nous imposent les institutions libérales qui régis-
sent aujourd'hui la société.
, Mais, en cherchant dans ce rapprochement des diverses époques de tiotre histoire le plus utile des
enseignements, nous nous sommes gardés d’ap-
prendre aux générations présentes à mépriser celles qui les ont précédées. D’une part l’intelligence de chacun des âges de la vie d’un peuplé, de l’autre le sentiment sacré de l’amour de la patrie nous dé- ^
fendent un dénigrement coupable. C'est d’ailleurs
faire injure à la France démocratique que de l’en-
tretenir, par d'injustes et de fausses déclamations,
dans le dédain et la haine du passé.