LE CRABE ET L'ECREYISSE
Ce matin la servante a rapporté du marché un douzaine de crabes.
J'eus la curiosité de savoir s'ils comprenaient le langage des écre visses.
Je pris, par la carapace, le plus beau d'entre eux et, tandis qu'il essayait maladroitement de me pincer les doigts, j'allai sur le médaillon de gazon de mon jardin, au milieu duquel coule un lilet d'eau claire où j'ai une réserve d'écre visses dans une nasse d'osier.
Le crabe déposé sur l'herbe, j'ouvris le panier et pris au hasard une de mes pensionnaires, que je plaçai en face de son visiteur d'eau salée.
llG HISTOIRES SANS IMPORTANCE
La conversation sembla, d'aborJ, ne devoir pas s'engager entre eux.
Ils se regardaient sans bouger, en supputant ce qu'ils allaient se dire.
Tout à coup, l'écrevisse, — qui se sentait, après tout, beaucoup plus chez elle que l'intcrwiever que je lui imposais, — susurra entre deux petites baves bulleteuses, un :
(( Gomme vous êtes plat, mon ami », qui rompit la glace.
— <( Possible, répartit le crabe vexé, mais si je suis plat, tuas l'air d'un vrai boudin.
<( D'ailleurs, je te connais, vieille lorette ; — le homard, un jour, m'a parlé de toi... Le homard ! ! . . tu ne connais pas le homard ?
« C'est un type qui te boulotterait en cinq secs, à qui tu ressembles à peine et qui est au moins trente fois plus gros que toi
<« Et puis, tu sais, tout plat que je suis, je ne te crains pas.
" Moi, je ne sais pas reculer! ! »
Sur ces mots, le crabe leva ses deux pinces ouvertes et, jugeant que sa menace avait dû produire son etlet. se retira en marchant de coté, très