Devos
MM. Royer et Deploige s’adressèrent ensuite à M»e Adélaïde Devos, la sœur de ÎM. le curé d’Emines. Elle n’avait pas été présente à l’interrogatoire de son frère :
D. — Avez-vous vu une plaie que Joacliime Déliant avait à la jambe droite quand elle est allée à Lourdes avec vous, en sejitembre 1878?
R. — J’ai vu cette plaie à Paray-le-Monial, le lendemain de notre départ de Namur. C’était à l’iiôtel. Joacliime Déliant, assise par terre dans une chambre de l’hôtel, m’a demandé de l’eau pour laver sa plaie. Je l’ai aidée, mais au bout d’un certain temps, je me suis trouvée mal, à cause de l’odeur infecte et de la vue de celte plaie si grande, et je n’ai pu continuer à lui donner mes soins.
D. — Avez- vous vu la plaie à nu, à Paray-le-Monial?
R. — Oui. lüle s’étendait du genou à la cheville; à la hauteur de la cheville elle s’élargissait, mais du côté intérieur de la jambe, il y avait une bande de chair <pii n’était pas attaquée.
D. — Est-ce que la plaie suppurait?
R. — Oh! oui. La plaie était bourgeonnée; le pus était blancjaune; les linges étaient tout maculés de pus.
LES GUAISDES (iUÉlUSONS DK LOURDES
]). Kl colle plilic s'esl refermée à Lourdes?
Kc lendeimdu de noire arrivée à Lourdes, le soir, a
riiùlel, Joaeliime m’a dit plaie était guérie.
la. lemoignage de Léonie Dorved
La mort a enlevé un des témoins de la guérison, Léonie Dorval, de llaltinnes, qui fut chargée par M»’® la comtesse de Linnninghe de prendre soin de Joaeliime durant le voyage. Mais Léonie Dorval de son vivant, s’est fréquemment entretenue avec la comtesse de Linnninghe de la guérison de Joachime, et c est d apres le souvenir de ces entretiens que de Linnninghe a rapporté au D‘ Royer et à M. Deploige le témoignage de Léonie Dorval. Voici
en quels termes :
« Léonie Dorval a vu la plaie que Joachime Déliant avait a la jambe droite et le pus qui en sortait. Je crois que c’est eu route, cà Paray-le-Monial, que Léonie Dorval a vu la plaie pour la dernière fois. Léonie Dorval elle-même m’a fait le récit de la guérison de Joachime. Elle n’a pas su à quel moment précis la plaie a été guerie, Joachime étant entrée dans la piscine sans enlever les linges qui entouraient la jambe. Le i3 septembre, dans la matinée, vers neuf heures, après le second bain, Léonie a dit à Joachime : « iSIais Joachime, vous ne semblez plus soutfrir de votre jambe. Qu’en pensez-vous? Si nous la débandions? » Elles le firent et furent très saisies toutes les deux de voir la plaie cicatrisée. La jambe était toute marbrée, bleue et rouge; elle ne blanchit que plus tard, petit
à petit. »
i3. M. Sosson
Citons encore le témoignage d’un copèlerin de Joachime Déliant, M. Sosson, doyen retraité à Ghàtillon, que M. Jules Poncelet, avocat à Arlon, et M. Jean Eischeii, docteur en médecine à Arlon, sont
allés interroger le i4 octobre 1893.
13. Vous avez été à Lourdes en 1878 avec M"® J. Déliant. Est-il
COMMENT ON CONSTATE ItN MII{ACI,E
iHr
vrai ((u’on allant à Loiiides, ]\l"c Déliant avait une plaie à la jambe droite?
1». — Nnl doute rpi’elle avait une plaie allrense. Elle disait ellemême et l'on raeonlait tout anlonr d’elle et pendant tout le voyage, que les cliairs de la jambe étaient pourries. Ses compagnons de voyage disaient qn’on entourait la plaie de soixante-dix tours de bandelel les et qu’en moins d’une heure toutes les bandelettes étaient pereées de pus; ils disaient que l’odeur répandue par celte jilaie était insupportable et remplissait le compartiment au point qu’il était presque impossible d’y rester. J’ai un vague souvenir de l’avoir vue à Agen, lavant sa plaie.
E. — Est-ce que cette plaie a été guérie à Lourdes?
IL — Nul doute, car au moment où cette guérison s’est produite, la nouvelle s’en est répandue immédiatement et a produit une émotion générale.
D. — Quand a-t-elle été guérie?
R- — Le vendredi, on la dit guérie de sa plaie; tout le monde autour de moi le répétait. La demoiselle de Haltinnes qui avait baigné la malade m’a raconté qu’elle avait elle-même ôté les bandelettes et que, à sa grande surprise, elle avait découvert des chairs saines, un peu brunes.
Les patrons de l’hôtel Latapie, à Lourdes
i4- il/'"® Latapie
Le docteur Royer, se trouvant à Lourdes au mois de septembre 1893, est allé, route de Pau, n° a5, à l’hôtel Latapie, où Joachime Déliant était descendue en 1878. Il a d’abord interrogé Mrae Latapie.
D. — Vous souvenez-vous que Joachime Déliant a été guérie jadis d’une plaie qu’elle portait à la jambe?
R. — Certainement. Joachime est descendue ici, en septembre 1878, avec plusieurs autres pèlerins belges. Elle a pansé, le
LKS GIIANDES GLICHISOIVS DE LOIJIU)ES
iSa
soir im'mc de son aiTivoc, une plaie (jn elle avait à la janihe. J’ai vn celle plaie, en meme temps cpie ma belle-sœur; la suppuration était abondante, les linges étaient remplis de pus. Le lendemain matin, les draps de lit eux-mèmes se trouvèrent souillés par la suppuration qui avait percé les pièces de pansement. J’ai revu le lendemain cette plaie complètement fermée; elle était recouverte d’une cicatrice rouge et très line. Il n’y avait plus la moindre suppuration.
i5. Marie Laiapie
Elle arrive pendant que le D> Royer s’entretient avec sa bellesœur.
1). — Que vous rappelez-vous de la guérison de Joaclume Déliant?
R. — Je me souviens d’avoir vu arriver Joacliime; elle geignait à chaque pas. Un prêtre qui l’accompagnait, recommanda de la mettre à part, disant qu’elle sentait mauvais, qu’elle avait la gangrène. En effet, elle ne sentait pas bon.
J’ai vu la plaie de sa jambe le soir, le jour même de l’arrivée, au moment où Joacbimela découvrait pour eu faire le pansement. La plaie était vilaine, les pièces de pansement étaient couvertes de saletés et de pus : les draps de lit furent salis par le pus pendant la nuit et durent être remplacés le lendemain.
I). — La plaie était-elle grande?
R. — Oh! oui, bien comme ça... (Ce disant, ]Marie Latapie montre la main droite étendue et de l’autre indicjue le dessus du poignet.) Le lendemain, dans la soirée, Joacliime étant rentrée, nous a montré sa jamlie; la plaie avait complètement disparu, il ne restait {[u’unc cicatrice rouge.
1). — A quelle heure avez-vous vu la plaie guérie?
R. — Le soir. Joaehime avait passé presipic toute la journée à la Croltc.
COMMENT ON CONSTATE UN :\HUACr.E
i(). 71/. Lata pic
D. — PouiTicz-vous nous donnei- des l'cnscii^Ticnienls sur la guérison de Joachinie Delianl?
R. — Je me souviens très bien de celle guérison. Je n’ai i>as vu la plaie, niais j’avais culeudu dire qu’une personne eslroiiiéc avail une plaie. Le lendemain de son arrivée, j’ai vu la plaie cieal risée nu moment on Joaeliimc la monlrail aux personnes de l’holel.
Conclusion
IMM. Deploigc et Royer ont résumé les résultats de leur enquête dans les lignes suivantes :
Deux faits paraissent dûment établis par cette enquête :
7®“’ fait : L’existence chez M**'^ Joacliime Déliant, au moins jusqu’à la date du 12 septembre 1878 à 10 heures du soir, sinon jusqu’au matin du i3, d'une plaie couvrant presque toute la jambe droite depuis le genou jusqu’à la cbe- ■\ ille, mettant la chair à nu, bourgeonnée, rouge et par endroits noirâtre, dégoûtante à voir, suppurant abondamment, dégageant une odeur infecte, ne pouvant, suivant un témoignage médical, guérir naturellement en i3 jours, et n'étant nullement en voie d’amélioration.
fait : La disparition totale de la même plaie et son remplacement par une peau neuve, sèche et saine, à partir du i'3 septembre 1878 dans la matinée ou tout au moins vers 9 ou 10 heures du soir.
S. Deploioe.
D‘‘ Royer.
Cette guérison a étépubliée [laTtout; pas un contradicteur ne s’est levé.
Lorsque Charcot, dans un article intitulé Zêt /bi qui guérit, voulut nous donner le secret des guérisons de Lourdes, il nous fit le récit de la guérison de la demoiselle Coiriu, histoire qui remonte à <pia- Irc-vingts ans, et qu’il avait reconstituée d’après une ancienne gravure. C’est ce (pi’il a trouvé de plus fort dans sa carrière, dans le présent et le passé. Je lui répondis en lui citant la guérison de Joachime. et je le mis au défi de m’opposer un exemple semblable. Personne n’a relevé le défi.
Joacliime vient eliai[uc année deux fois à Lourdes. Elle doit èire à son quarantième pèlerinage d’aclions de grâces.
Transport d’un malade atteint, depuis 8 ans, d’une paralysie complète, consécutive à une fracture de la colonne vertébrale,
guéri le 21 août 1898.
COXALGIES. TUMEURS BUANCHES MAI. DE POTT
Charles Bron. Coxalgie. — Élise Lesage. Tumeur blanche du genou. — Louise Champ. Coxalgie. Aliracle reconnu par le D*' Arnould. — Jeanne Gasteau. Mal de Pott. — Jeanne Tulasne. Mal de Pott.