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Le !)•■ Potiiiii pju'ait avoir été (l’im avis (liHércnl. Il pensait que tous ees accidents avaient une oi*ii?inc rlmniatisniale, ([ii’il n’y avait (la côté (le la moelle aiuninc altération organi([ne et (pie la guérison était possible et même probable. C’est le 1)^' M(‘nc, médecin de la maison des Irèrcs de la rue Oudinot, (pii nous a lait connaître sur ce point l’opinion du professeur Potain,
Nous nous garderons bien de nous faire juge entre ces opinions opposées. Le maître a parlé, nous nous inclinons.
Le malade nous dit bien : M. Potain ne m’a vu cpic rarement, il a conseillé un traitement contre le rhumatisme qui est resté sans effet, je suis parti de Paris plus malade qu’à mon arrivée, etc... Nous ne le suivrons pas sur ce terrain.
Nous prenons l’hypotlièse la moins favorable, et nous admettons ([ue M. l’abbé Sonnois a eu un rhumatisme (jui a retenti sur la moelle et le cerveau, qui a simulé l’ataxie et que cette maladie avait toute chance de guérir.
Mais M. l’abbé pouvait-il guérir comme il a guéri en un instant, complètement? Pouvait-il guérir par un effet de sa volonté seule? Ataxique ou rhumatisant, la chose est secondaire pour nous, le mode de guérison importe seul.
Nous l’avons dit souvent : avec du temps, des soins, l’aide de la nature, presque toutes les maladies sont curables; mais supprimez CCS trois agents et obtenez des résurrections instantanées, vous devenez alors témoin d’un résultat supérieur aux forces naturelles.
Voilà donc un premier point bien important à retenir.
M. l’abbé Sonnois qui, depuis des années, voit sa maladie suivre une marche progressive, pourra retrouver peut-être lentement la régularité plus ou moins complète de ses fonctions, mais il ne pourra jamais, dans une seconde, reprendre l’entière possession d’une santé depuis si longtemps compromise.
Cependant, c’est bien dans un instant rapide comme la pensée que sa guérison s’opère, et cet instant n’est pas pris au hasard dans sa vie, il co’incide avec le moment précis où le malade s’agenouille devant l’autel. Vainement il s’est plongé dans la piscine,
GUliniSONS DE LOURDES 26
LKS GRAM)KS GUKIUSONS DE EOUHDES
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vaincnicnl il a pi’ic, il R l>u l’eau de la soiiire, loulesl. resté sans ellel. Il guérit en réeilant les ])reinières prières de la messe.
Mais eelte guérison, il n’osait ni l’es})érer, ni la demander. « Je venais, nous dit-il, demander la grâce de bien mourir, ou du moins une amélioration dans l’état de mes lacultés mentales. Car perdre rintelligcnce m’cHï-ayait par-dessus tout. »
Je dis ([UC ce mode de guérison ne pouvait être prévu par aucun médecin et qu’il sort absolument des lois ordinaires de nos observations.
Il est vrai <pic pour rexpli([uer on a trouvé un mot bien commode. C’est un eilèt d’auto-suggestion, nous dit-on.
L’auto-suggestion est une influence absolue du moral sur le physique, capable d’effacer instantanément les désordres fonctionnels les plus anciens et les plus graves. INIais cette influence doit pouvoir s’observer partout : toutes les émotions, tous les grands ébranlements doivent la produire. On doit en connaître la source, on doit pouvoir la mettre en action, on doit obtenir des résultats absolument semblables à ceux que nous observons à Lourdes. Il n’en est rien.
A Lourdes, sans préparation, bruscjuement, souvent à l’insu des malades ou contrairement à leur attente, c’est-à-dire en dehors de toutes les règles suggestibles, on obtient des effets si puissants qu’ils sont sans comparaison avec les résultats obtenus par les maîtres les plus habiles. Il y a un abîme entre ces deux ordres de faits. On l’a si bien compris, que pour les faits de Lourdes on a ajouté un qualificatif et l’on a dit suggestion religieuse, c'està-dire une suggestion que la foi seule peut produire avec cette action puissante, illimitée.
C’est donc une espèce à part, une suggestion ([ue l’on ne retrouve ([lie là, ([ui se joue de nos combinaisons. Mais une suggestion (jui donne de pareils elfets, doit elle-même prendre sa source au-dessus de nos faibles moyens d’action.
Ce n’(3st plus seulement une ([uestion de mots: ([u’importent les
LES PARALYSIES
termes? tout, dillere et le principe et le résultat. Tout ce que nous obtenons dans nos cliniipies n’est (pi’un jeu d’enrant, une c\[)élience cuiicuse et sans coiiiparaisou avec les f^uérisous merveilleuses oliscrvées à Lourdes.
Liitre des résultats si ditlérents, il a la distance qui sépare l’étincelle électrique de nos cabinets de physique, de cet éclair éblouissant qui déchire la nue, emiirase le ciel. Notre comparaison est encore imparlaite, car ces deux phénomènes appartiennent également aux lois naturelles, et les observations que nous étudions sont au-dessus ou en deliors de ces lois.
Vainement on a voulu obscurcir ces questions en les enfermant dans le cadre trop étroit de nos théories. Qu’un poitrinaire guérisse, qu’une plaie se cicatrise, qu’une économie troublée dans sou Jeu reprenne ses fonctions, la chose n’a rien qui puisse nous surprendre. ]\lais ([u’un poitrinaire guérisse en une seconde, qu’une plaie se ferme instantanément, qu’un organe immobilisé depuis des années reprenne sans transition l’intégrité de ses fondions : ^oilcà des résultats qui dépassent notre entendement, et toutes les suggestions du monde ne peuvent les produire.
La suggestion demande pour s’exercer un terrain préparé, favorable, et 1 abbé Sonnois ne répondait ‘pas à ce programme. Avec son caractère ferme et sa foi bien éclairée, il savait qu’il pouvait trouvera Lourdes la guérison, mais il s’abandonnait sans réserve à la volonté divine.
Je lui demandais si dans sa famille il n’y avait pas des prédispositions, des affections héréditaires pouvant expliquer dans une certaine mesure sa maladie. — Mes parents, me dit-il, sont morts fort âgés, quatre-vingts ans et plus. Nous sommes quatre frères, deux dans le clergé : l’archevêque de Cambrai et moi ; deux dans l’armée, tous les deux sont généraux.
Ce n est pas d’ordinaire dans ces milieux, élevés bien au-dessus du niveau commun, que s’observent ces phénomènes étranges qui font osciller les volontés et les intelligences au gré de toutes les impressions. On ne peut invoquer ici les théories qui ne trouvent leur application que dans des organismes déprimés ou faussés.
lÆS GHANDES (JllElUSONS DK KOUHDKS
Il y avait üeizc ans que ral)hé Sonnois était malade lorseju’il est venu à Louides ; depuis louf^teinps tout avenii*, toute espérance semblaient perdus pour lui. Il avait lu souvent le récit des guérisons merveilleuses (pii s’opéraient autour de la Grotte, il était prêtre, il avait une dévotion particulière pour la sainte Vierge ; pourquoi recourir si tard à ce remède souverain? Une pensée de résignation à la volonté de Dieu devait sans doute le retenir, comme elle avait retenu Sœur Julienne.
Un mois et demi avant son pèlerinage, le ii juillet, date bien précise dont il ne perdra jamais le souvenir, la pensée devenir à Lourdes lui vint brusquement comme une illumination soudaine. « J’ai eu, me disait-il, deux intuitions bien nettes dans ma vie ; l’une a déterminé ma vocation sacerdotale, l’autre m’a conduit ici. »
Lorsqu’il annonce cette résolution à son frère : « Enfin, lui répond Ms‘ de Saint-Dié, il y a longtemps que j’attendais cette détermination et que je la demandais à Dieu dans mes prières. » iNIonseigneur du reste n’avait pas désespéré de la guérison de son frère, et il venait de le nommer son vicaire général, n’ayant pu faire agréer le candidat qu’il avait présenté. Ainsi chez les deux frères, une même intuition semble avoir existé, sans entente préalable.
Il y a de ces appels intimes et mystérieux qui se font dans les âmes et qui sont le premier appel de la grâce. Un ataxique (|ue nous voyons à Lourdes depuis plusieurs années, (pie nous rencontrons partout au milieu des pèlerins, dans sa petite voiture, me disait en me montrant l’abbé Sonnois, Sœur Julienne : « Mais comment ont-ils donc fait pour guérir? S’il y a un secret, (pi’ils me le confient, un sacritice à faire ; je suis prêt à tout ? Je me baigne comme eux, je prie, j’ai confiance, et depuis plusieurs années je n’obtiens rien. »
Pourquoi?... N’avait-il donc pas fauto-suggestion ?
Pourquoi ?... Il le demanda à Sœur Julienne qui lui répondit :
lÆS PAHALYSIES
« Je suis ^on^lC ici par ordre de ma Supérieure, on ma plongée mouraule dans la piscine. J’en suis sorlie guérie : ponrcpioi el commeul?... Je n’en sais pas davanlage. »
L’ahhé Sounois lui aurait dit ce (pi’il nous a écrit depuis : « Commeul ai-je eu l’inspiralion de dire la messe d’aclion de grâces à la Grotte? Mais elle m’a été mise dans l’esprit, dans le cœur au moment précis où devant moi l’abbé Noël demandait à mon frère (pii célébrerait cette messe.
« Comment puis-je comprendre les desseins de la Providence? Étais-je destiné à rendre témoignage de la puissance de Notre-Dame de Lourdes ? Dieu avait-il d’autres desseins sur moi? Ce sont là des (pieslious auxcpielles je ne sais que répondre.
« Les miracles ou les grâces extraordinaires ne s’arrêtent pas nnicpiementà celui qui en est l’objet. La réponse peut se lire dans l’ensemble des circonstances ultérieures de la vie, el cette réponse nous échappe immédiatement.
« Pour moi, je crois que le but premier, je ne dis pas principal, a été de récompenser mon frère du grand sacrifice qu’il lit en acceptant, par obéissance à un ordre formel du Pape, l’épiscopat qu il avait déjà refusé plusieurs fois.
« INI. l’abbé Sonnois ajoute : « Je voudrais vous dire plus, je ne le puis, je ne vois pas. Certes si un jour il plaît à la sainte Vierge de me montrer ce qui me reste à faire, je m’empresserai de répondre, et si j’entrevois ce (|ue la miséricorde divine a voulu, je le dirai bien haut. » Admirables paroles qui élèvent notre pensée au-dessus des préoccupations de la terre ; dans ces hautes régions où la foi nous emporte, on aperçoit des horizons inaccessibles a la nature humaine.
PLAIES IM'ÉRIEURES
Alarlhc Frécliaud. — M'"® lîourqiie, du Canada. — M'"‘= Bcuvelot et le professeur Spilluiann, de Nancy. — Clara Brun, de Lyon. — Une miraculée du 8 décembre, M“® Cox. — Jean Debrouwer, d’Audenarde (Belgique). — ^ime Gordet, d’Henrichemont. — Uu médecin de marine raconte sa guérison obtenue en invoquant Notre-Dame de Lourdes.
Péritonites et abcès intérieurs
ous avons là toute une classe de maladies <|ui, parleur durée, résistent à tous les traitements et qui légitiment les opérations les plus graves. Nous avons vu guérir ici dans un simple bain de piscine Gordet, d’Henricliemont, Bourque, du Canada,
M''e Zoé Boucher, Françoise Roussin et Marthe Frécliaud.
En voyant entrer cette année dans notre bureau ^larthe Freehaud, femme de haute taille, la démarche assurée, les traits forts, énergiques, tout respirant chez elle la vie et la santé, nous nous demandions si c’était bien cette malade ipie nous avions vue l’année dernière pâle, amaigrie, se levant à peine et qui nous apportait un <3ertiücat de son médecin dans lequel nous lisions : « Il nous est impossible de fixer une époque pour le rétalilissemcnt de cette femme; elle ne pourra de longtemps reprendre ses occupations et
MCS GHANDKS GUKHISONS DE LOURDES
vivre sans souirrance. » A la seconde immersion dans la piscine,
sa guérison élail inst in lunée el complète, ^[mc Boiir(pic, femme d’un médecin de Montréal, mère de onze enfants, arrivait du Canada dans le plus déplorable état; elle avait fait le voyage, presque toujours couchée et avec des A omissenients ineessants. Le 20 aoiil, en sortant de la piscine, elle se sentit complètement soulagée. M. le D‘ Philippe, de Paris, qui l’avait soignée, a constaté qu’elle jouissait d’une santé parfaite au retour de son pèlerinage, et son mari, ]\1. le D‘ Bourque, nous écrit : « Si la foi qui guérit produit de telles merveilles, il
n’y aqu’à Lourdes que Broussin, d’Arcachon. Opérée sans résultat par un ^ ,
chirurgien (le Paris, gardait le lit depuis quatre ans. CCS cllOSCS s’àccoiu- A son retour de Lourdes, son enfant qui ne l'avait pas
vue marcher, ne la reconnaissait pas. plissent, et nous (le-
vons voir dans cette
guérison instantanée une iniluence toute surnaturelle. » Un an après, il nous écrivait encore: «Jamais la santéjde ma femme n’a été meilleure, il n’y a pas le moindre vestige de son ancienne
PLAIES INTÉRIEIIHES
maladie. Nous venons de eéléhier l’henreiix anniversaire de sa j,mérison en assislanl à une messe d’actions de grâces à notre grotte de Notre-Dame de Lourdes. »
Tontes ces malades, en venant à Lourdes, avaient du promet Ire à leurs médecins (pi’elles se rendraient an retour du pèlerinage dans une maison de santé pour y subir de graves opérations (jui pouvaient seules porter remède à leurs sonllrances. A leur retour, elles SC sont présentées devant ces mêmes médecins, en jilcine possession de leur santé et sans aneime trace de leurs anciennes infirmités.
Marie Beuvelot et le professeur Spillmann,
de Nancy
M. le D* Spillmann, de Nancy, a rencontré Marie Beuvelot dans l’esplanade du Rosaire, il est entré avec elle dans notre bureau ; il l’avait gardée vingt-six mois dans son service d’iiôpital, il venait de la quitter il y avait quelques jours à peine.
l.orsque celte femme est sortie de l’hôpital, le o-j août, pour venir à Lourdes, il y avait huit mois qu’elle ne se levait plus et qu’elle avait des vomissements continuels; elle était <à la dernière période d’une péritonite tuberculeuse ; sa mère était morte de la poitrine, ses deux frères de méningite. Marie Beuvelot était arrivée le 3o août au malin, couchée sur un matelas ; le même jour, elle fut portée à la piscine; une première immersion ne donna aucun résultat, mais le soir du même jour, elle sortit de l’eau complètement gué-
LES GHAÎNDES GUEHlSO>’S DE LOl ItDES
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rie. Le lemlcmaiii malin, elle Taisait à cinq heures la sainte communion à réf^lisc, elle marchait tonte la journée; on lui avait donné les liabils d’une malade décédée <à riiospicc, car pour elle, il y avait longtcmi)s qu’elle n’en avait plus. Depuis lors, sa guérison ne s’est pas démenlie. Avec le diagnostic du D>' Spillmann, il ne peut y avoir de doute sur la nature de sa maladie, et cetic guérison doit prendre rang parmi les plus importantes que nous ayons observées à Lourdes.