I.KS O MANDES GITEIUSONS DE LOT’RDES
prccisanl par la parole et par la plume, en soulevant autour d’elles (les discussions, des conlradictions. C’est au grand jour que nos travaux se poursuivent. Les iucr(^‘dules ont l'ait beaucoup pour Lourdes; ils nous ont contraints à reprendre nos arguments sous vingt formes diverses.
Une gin^rison contestée est étudiée avec une rigueur (pii ne laisse place à aucun doute.
Les médecins ont parlé longtemps du miracle et du surnaturel sans conuaitre le sujet. Charcot avait étudié Lourdes dans les temples de Pharaon, chez les peintres delà Renaissance. Il n’était pas venu à Lourdes, ce qui ne l’enq^èchait pas de prononcer des arrêts cpi’il croyait sans appel. C’était du roman bâti par un spécialiste ignorant le sujet cpi’il traitait. Que diraient les successeurs de Charcot si nous délaissions leurs cliniques pour aller dans les temples grecs chercher les sentences d’Hippocrate pour les opposer à leurs découvertes ?
Lourdes a forcé la science à di-scuter le surnaturel. Sous la négation, la contradiction, il s’est formé là un centre d’études complet. Théologiens, philosophes, médecins ont uni leurs recherches. Le contact journalier avec des savants de tout ordre nous a contraints à suivre dans leurs progrès toutes les découvertes modernes.
Un très grand nombre de médecins viennent à nous ; la masse est encore indécise, flottante, mais elle est touchée. Il reste des irréconciliables ; leurs cellules cérébrales sont disposées d’une façon particulière. En politique, en religion, il y a des groupes qu’on ne peut atteindre et cjui voient toute chose sous un angle (pi’on ne saurait modifier.
Il reste des médecins (pii ont la prétention d’être seuls à bien observer, « comme il reste, dit Brunetière, des hommes qui n’ont rien oublié et surtout rien appris. Immobilisés dans leur intolérance, ils croient à la vertu des éti(piettes, aux progrès des lumières, à l’esprit de Voltaire, au danger du cléricalisme. Il y a trente ans que leur montre marque la même heure. »
CONCLUSION
Influence de Lourdes sur la France et le monde entier.
Retour vers le surnaturel.
La parole de Bernadette n’a pas seulement fait germer sur la terre de Lourdes toute cette végétation d’éditices sacrés et de maisons religieuses. Mais elle a fait germer aussi, sur la terre de France, toutes ces institutions dont nous avions depuis longtemps désappris et le sens et le nom.
ec la Faculté catholiquede Lille, la Société de Saint-Luc et la clinique de Lourdes, nous avons une démonstration jusqu’à l’évidence de ce mouvement (pii se généralise chaque jour et (pii pénètre le corps médical tout entier. Le médecin catholique n’est plus une individualité isolée, perdue dans des milieu.v où il restait sans iniluence, il est désormais groupé en masses compactes, il peut exercer une action décisive. Ce n’est pas seulement en France que ce résultat SC produit, mais en Belgiijue, au Canada, à Beyroutli et jus(jue dans les républiques de l’Amérique.
Si nous constatons paiani les médecins jus({u’ici si réfractaires à toute idée religieuse, une semblable transformation, il faut que de nos jours la société toute entière soit traversée par des courants catholiques bien puissants pour (ju’ils aient pu arriver jusipi’à nous.
I.cs médecins n’ont pas été les seuls à ressentir l’inlluence des enseignements de Lourdes. Nous trouvons chez tous nos écrivains une modification déjà bien sensible dans les idées et les doctrines.
On ne croyait plus au surnaturel, et nous sommes envahis-par des doctrines (pii portent toutes l’emprcinlc d’une aspiration vers
fiUlimSONS DE LOUIIÜES 35
Céleste Mériel, coucliéc six ans à la Salpêtrière. Guérie à Lourdes eu 188i). Aujourd’liui garde-malade à Paris.
),i;S (lUANDES GUERISONS DE GOURDES
lesui naluicl, uspiralion a ague, maldélinic, incoiiscicnle, spirilisine, occullisnic, niaf^ismc, iiéo-liouddliismc, néo-elirislianisnie, aulani de proteslalions de l’àme eonlemporaine contre la lirulale doininalion de ralliéisnic. Que signiücnl tous ces succès des propliélesses d’un jour?
Le monde qui nous environne ressaisi par de vieilles aspirations se demande ce qui se passe au delà du monde invisible.
Tous ces néo-chrétiens traduisent un état d’àme nouveau.
Il y a un courant ipii saisit les savants, les pinlosoplies, les romanciers et autour d’eux, tout ce monde qui gravite dans leur orbite. Le respect humain disparait, les incrédules mettent Lourdes dans leur programme. Lecliefde l’école naturaliste vient à Lourdes étudier ces manifestations dont il ne comprend pas le sens. Qu’il nie ou qu’il s’ellbrce d’explicpier d’inexplicables guérisons, qu’importe? Malgré lui, il devient acteur dans ce grand mom ement, et les retentissants débats qui s’engagent autour de son livre font connaître le nom de Lourdes dans les milieux les moins accessibles.
Que de surprises, que d’inattendus, que d’aperçus sur l’au-delà dans les âmes les plus fermées! Ces élans de foi qui font tomber à genoux les multitudes ne semblaient plus possibles aux hommes de notre temps.
Et cependant parmi toutes ces foules qui nous entourent, les impressions pénètrent profondes. Nous voyons des hommes distraits ou prévenus suivre de loin ces manifestations, mais ils ne peuvent se dérober longtemps à l’émotion qui les gagne. Quelque chose commence à mouiller leurs yeux ; ils prient comme ils peuvent, ils pleurent les larmes refoulées pendant les longues angoisses dont leur vie a été tramée; bientôt il béniront cet instant où ils ont reconquis l’espérance et la foi. Ah ! nos pèlerinages peuvent traverser nos cités les plus bruyantes, ils n’éveillent plus qu’une religieuse sympathie. Nous avons pu suivre ce mouvement religieux, nous l’avons vu partir de Lourdes, s’étendre sur la France et sur le monde entier.
C'était d’ahord une faible lueur qui éclairait une scène locale : c’était l’aube matinale, la lumière indécise ; tout paraissait encore
CONCLITSION
noyé dans la Inannc ; puis l’ombre s’csi dissipée, de larges éelaii cies se son! faites dans eelle mnt. On a revu, ressaisi tontes les traditions onbliées.
Notre génération a en la perception nette d’nn ensemble harmonieux, elle a compris (pi’il faut nn maître incomparable pour donner à riiomme de semblables visions.
l^]n France, le mouvement est général ; mais le monde entier en a profondément ressenti le contre-coup. Il n’y a pas un peuple dans l’univers <[ui n’ait entendu les paroles de la Vierge. Pas une plage déserte, pas une lie perdue où l’on ne trouve sa statue cl l’eau de sa fontaine. Les guérisons merveilleuses se imdliplienl cliez les sauvages comme chez les peuples les plus civilisés.
Les Belges rivalisent avec nous, s’ils uc nous dépassent pas, dans la manifestation de leur foi, de leur amour envers Notre- Dame de Lourdes.
Non seulement ils ont chez eux des grottes, des statues, des pèlerinages, mais encore ils obtiennent des guérisons réputées parmi les plus belles. Ils viennent quatre fois par au à Lourdes, ils ont un pèlerinage national, des trains spéciaux, des wagons-hôpitaux, avec chapelle et vingt-quatre lits. Ils conduisent dans un seul pèlerinage deux cent einquante malades et deux mille cinq cents personnes. Ils publient un bulletin national belge de Notre-Dame de Lourdes qui compte trois mille abonnés, ils distribuent quatievingt mille almanachs de Notre-Dame de Lourdes, éerits en flamand et en français.
Dans un monastère de la Bosnie, un religieux publie un almanach de Notre-Dame de Lourdes (pii tire à soixante mille exemplaires. L’eau de Lourdes pénètre jusqu’à la Mecque, et les mahométans viennent demander leur guérison dans la chapelle des Pères géorgiens.
Les protestants se rendent en grand nombre à Lourdes, ils étudient les manifestations de cette Vierge, dont ils commencent à placer la statue dans leurs temples, iis vont même jusqu’à se baigner dans la piscine, et nous sommes, cha(pic année, témoins des conversions nombreuses ipii s’opèrent parmi eux.
lÆS GHANDES (iUEllISONS DE LOURDES
Les journaux américains envoient des reporters qui reproduisent les comptes rendus de nos pèlerinages et de nos guérisons.
Lourdes était une injure!... Il y aune telle magie dans ce nom qu’il réveille les impressions les plus profondes, les plus inattendues. Un souille venu du ciel passe depuis près de cinquante ans sur nos tètes. Notre siècle à son déclin est emporté vers les régions de l’idéal et tous les peuples viennent lléeliir le genou à la place où Bernadette s’est agenouillée. N’avions-nous pas raison de dire: « Si vous ne croyez pas aux paroles de cette enfant, vous êtes bien forcés de croire aux résultats qui ont suivi. A coté de ces transformations que signilient le jeu et lescliances delagucrre, une capitale sauvée, une tribu barbare convertie? Ici c’est le monde entier retenu sur une pente fatale. Où sont les moyens humains? — Clotilde et saint Bemi. Jeanne d’Arc et ses guerriers. Nous sommes en plein surnaturel.
Que pouvait d’ailleurs Bernadette au milieu de la persécution religieuse la plus implacable? Un vent violent parti de la Grotte force la jeune bergère à relever la tète, à diriger ses regards sur l’apparition. Ce même souille est venu jusqu’à nous, nous a contraints à relever la tète, à tourner nos regards vers la Grotte de Lourdes.
Tous ces événements se sont accomplis sous nos yeux; la génération qui les a vus naître peut encore les suivre dans leurs développements. Nous avons entendu la parole de la Vierge, nous sommes témoins de guérisons merveilleuses. Nous voyons des élans de foi (pii nous rappellent les premiers âges du christianisme. Jamais peut-être l’action de la providence n’a été plus visible dans la conduite des choses humaines.
Il n’est pas plus dillicile à Dieu de guérir nos sociétés malades que d’elfacer la trace de nos inlirmités physi(pies. Les enseignements <[ui nous viennent de Lourdes sont pour nous le gage de jours meilleurs.
Le monde revient à la foi, à la pratique sur la lin de ce siècle, ([lie rimmaculée C’.onception a rempli de scs prodiges, et ({ui méritera de porter son nom dans la postérité.