‹ Les grandes guérisons de LourdesChapitre 82 sur 88 · LE ROMAN ET L HISTOIRE · texte numérisé non relu

LE ROMAN ET L HISTOIRE

Zola aurait dû prévoir sa déroule.

Comiucut uu romancier étranger à loulc notion médicale, qui n’avait ni le temps ni le goût d’étudier, pouvait-il penser qu’il allait Irancher un débat sur lequel les hommes les plus compétents se divisent?

Il n’y aurait à Lourdes que des guérisons comme celle de de Guersaint, que nous n’en serions pas moins en présence de problèmes insolubles.

Mais il y a mieux. Zola a rencontré sur sa roule la carie des os, le lupus, les maladies de poitrine, et, malgré son habileté, sa souplesse, ces faits restent inexpliqués.

Zola croyait pouvoir écrire l’iiistoire humaine de Bernadette. La dualité de celte figure lui échappe. Un moment ébloui par les clartés surnaturelles qui éclairent celte physionomie, il détourne bientôt la tète et ne voit plus qu’une bergère ignorante. Il la rejette alors loin de lui, comme ces statues que l’artiste mécontent brise sous son pied.

Il veut prouver que les guérisons ne sont qu’erreur et mensonge ; pour soutenir sa thèse, il écarte Clémentine Trouvé qui le gêne. Il lait guérir Marie Lemarchand d’une façon progressive, imparfaite, alors que la guérison a été instantanée et complète. Il fait mourir Marie Lebranchu qui se porte bien. Son type de maladie nerveuse est invraisemblable et faux ; cependant, malgré lui, il vient échouer dans le surnaturel.

Il va chercher chez les coilfeurs et les marchands tous les racontars qui lui servent àjuger hommes etchoses. Il Jette l’outrage et la calomnie sur les Pères de Lourdes, qui avaient consenti à abaisser devant lui toutes les barrières. Quant à moi, après lui avoir témoigné beaucoup d’aflêction, il prétend que je le déteste.

Il croyait donc qu’entre nous, ce n’était qu’une question de pure courtoisie? Un abiine nous sépare. Nous défendons des principes qui ont été l’objet de l’étude de notre vie entière, et sur lesquels nous ne pouvons admettre aucune transaction.

Il venait chercher une affaire. Les mains vides de documents, il avait la prétention do redresser nos jugements et de nous imposer

LKS GHANDES GUERiSOXS DE LOURDES

ses pi-ogramnies. Il ignorait (juc depuis près de (piaranle ans, nous nous sueeédons à Lourdes dans un rude labeur et que nous travaillons sans relàclie à élucider ces graves problèmes.

La parlie ii’élait pas égale entre nous.

Quelle a été rinlluenee de ce livre? Loin de ralentir le mouvement ([ui se produit vers Imurdcs, il parait raecroître.

Nous voyons beaucoup de curieux, de correspondants de journaux, toute une clientèle (pii n’était pas la nôtre.

Cliacpie année, dans notre bureau, nous recevons, du 20 août au 20 septembre, plus de deux cents médecins : nous rédigeons cent vingt procès-verbaux de guérisons, trois mille malades sont hospitalisés, les pèlerins ne se comptent plus, c’est par plusieurs centaines de mille (ju’ils se succèdent sur les bords du Gave.

Zola a Jeté dans l’atmosphère si pure de Lourdes un trouble momentané, un lirouillard déjà dissipé, comme ces fumées noires (pii s’échappent du foyer des locomotives et que les courants du ciel emportent aussitôt.

Lourdes n’est pas une question d’ordre purement scientifique. Quelle place tiennent les guérisons dans le plan providentiel? Il serait difficile de le dire.

A Lourdes, le miracle est partout ; il est dans ces grâces sans nombre de conversion, il est dans cemonvement qui entraîne le monde entier vers nous. Dans son existence merveilleuse. Lourdes est devenu la plus grande manifestation de la foi catholique dans notre siècle.

Ce pèlerinage, (pii aurait dû disparaître cent fois sous le choc de toutes les oppositions, n’a jamais été atteint. 11 dépasse en importance tout ce (pie l’histoire nous rapporte des pèlerinages antérieurs.

On nous dit (]ue les faits que nous présentons sont incomplètement [irouvés, nos empiètes imparfaites. Dans lescpiestionsipii relèvent du témoignage, on ne peut prétendre à l’absolu mathématicpie.

^lais en multipliant les exemples, en mettant toutes les preuves en faisceau, on touche à la certitude.

Les guérisons de de Riidder, de .loaehimc Déliant, d’Amélie Chagnon, de Sœur .lulienne et de beaucoup d’autres sont désormais à failli de toute contestation.

CONCLUSION

Jeanne d’Arc et Bernadette. — L’action des femmes dans notre liistoire. — Le snrnatnrel à Lourdes. — Il se démontre scientifiquement. — Indnence de Lourdes sur le mouvement religieux de notre époque, sur les médecins, Renan, Charcot, Pasteur. — Le monde entier vient à Lourdes. — Les protestants se mêlent à nos pèlerinages.

’iiisToiRE de Bernadette^ sa A ie, sa mission providentielle, le bruit qui s’est fait autour de son nom, tout confond, tout surprend dans ce récit merveilleux qui sort des conditions de la vie réelle.

Son exemple pourtant n’est pas sans précédent dans notre liistoire.

« Il y a plus de trois siècles, une jeune lille âgée de seize ans, ne sachant de son propre aveu ni A ni B, occupée, dès son bas âge, à coudre, k filer, à mener paître son troupeau, aflirme qu’elle esl envoyée de Dieu pour sauver le royaume de France. Son aflirmalion ne rencontre (pie l’incrédulité dans sa famille, le dédain parmi les hommes d’épée, la déliance chez lesgens d’Fglise. Elle triomphe de tout... Etrangère à l’art de la guerre, ampiel elle n’entend rien, elle lait lever le siège d’une grande ville à des généraux expérimentés, elle fait reculer une armée toujours viclorieuse jusipie-là. Elle ramène enfin la victoire sous nos drapeaux.

I>KS CKANDKS GUICUISONS DE LOURDES

(^iichiTies annûes apros, il ne reslait plus un étranger sur le sol de la pairie, la Franee élait libre, indépendante, et, de eette lutte de lout un sièele, il ne restait plus que le souvenir d’un drame giganlescpie, dénoué par la main d’une enfant. »

C’est Tine page toute aussi surprenante pour notre âge que eelle qui s’écrit depuis près d’un demi-siècle à Lourdes!

L’action des femmes dans notre histoire nous révèle un de scs côtés les plus merveilleux.

Clotildc fait baptiser les Francs : c’ est par l’inlluence d’une femme (j[ue ce peuple barbare vient au christianisme.

(ieneviève préserve notre capitale des invasions d’Attila. Jeanne d’Arc ramène la victoire sous nos drapeaux, chasse l’étranger, rend à la France son unité.

A la voix de Bernadette, un souflle puissant agite le monde. Bientôt c’est la procession du genre humain qui se met en marche vers Lourdes; on y vient de toutes les contrées.

Pour convertir une tribu barbare, il fallait une Reine. Pour sauver Paris, il fallait une Sainte, entourée de la vénération de tout un peuple.

Pour délivrer la France envahie, Jeanne subit une longue préparation; les Anges et les Saints conversent avec elle. Lorsqu’elle commence sa mission, elle est dans la force de l’àge, déjà le surnaturel l’environne, la précède.

Baptiser des guerriers, sauver une capitale, arrêter un ennemi victorieux, tout cela n’est-il pas un Jeu dans la main de Dieu?

Mais convertir un peuple qui a fait litière de toute croyance, un peuple vieilli qui rougit de sa foi, retourne à la superstition, adore sa raison divinisée, c’est une entreprise d’une portée plus haule.

Cependant ce n’est plus une Reine, une grande Sainte, une jeune et robuste guerrière; c’est une enfant de quatorze ans à peine, la plus [)auvre et la plus ignorée de Lourdes, sans aucune instruction, <jui ne parle même pas le français.

Avec ect intermédiaire absolument clfacé, la Vierge semble plus impatiente de se découvrir, de venir à nous. Qu’iiuporle l’instru-

CONCLUSION

niciil, pouivu (]uc sa voix paivieimc à nos oreilles? Il n’y a ni préparation, ni cadres, tous les moyens humains sont laissés de côté.

Une grotte rustiipic, un clair (ilet d’eau, une bergère, voilà les acteurs et le décor; mais au-dessus de tout cela, la radieuse image de la Vierge.

Si les moyens humains sont laissés de coté, le surnaturel remplit la scène : jamais enseignement venu du ciel ne nous fut donné avec une plus évidente clarté.

Pendant près de trente ans, les apparitions et les révélations se succèdent : Catherine Labouré et M. de Ratisbonne voient devant leurs yeux la Vierge de la médaille miraculeuse : Marie conçue sans péché. IM. le curé de Notre-Dame des Victoires reçoit l’inspiration de consacrer son église au cœur immaculé de Marie. Pie IX éclairé d’une lumière divine, définit le

dogme de V Immaculée Conception.

Le plan parait complet. Non.

— Marie, elle-même, descend du ciel pour mettre le sceau à ces enseignements.

Llle apparait dix-huit fois dans la Grotte de Lourdes, et ces apparitions sont disposées avec un ordre, une méthode qui les fait toutes converger vers une même pensée.

Pendant quinze jours la Vierge instruit Bernadette, mais surtout elle éveille l’attention d’un monde distrait, elle fonde son pèlerinage, demande une chapelle, appelle les foules, fait jaillir sa fontaine, recommande de prier j^our les pécheurs.

Cespréliminaires terminés, ellelaisscpendant vingtjoursle monde dans l’attente, puis elle apparaît de nouveau souriante, dans tout

IJvS (UJAXDKS GÎTKIUSOrs'S DE LOUHDES

l’Éclal (le son auréole, (-e ii’csl plus : Marie conçue sans péché. Elle s’idcniilie absolumenl avec sa prérogative :

.Te suis V hnniaculée CuncepLion.

(]e nom, la jeune lille ne pouvait le comprendre. Il y avait dans ce nom, une confusion voulue entre le qualiticatif et le sujet.

Les protestants ont lait ressortir cette faute grammaticale, en nous disant que la Vierge ne se serait pas servie de ce langage incorrect.

Elle se serait appelée la Vierge Immaculée , Marie conçue sans péché, mais jamais elle n’aurait dit : Je suis V Immaculée Conception.

Ils oublient que Dieu avait dit à Moïse : « Je suis celui qui suis ». Ils oublient surtout que la Vierge pouvait seule s’identifier ainsi avec la prérogative nouvelle que l’Eglise venait de lui reconnaitre. Pour donner plus de force à cette définition, elle prenait pour son nom le dogme même, que Pie IX venait de proclamer, le ]n*ivilège glorieux que le monde catholique lui décernait depuis (piatre ans.

Une telle hardiesse de langage était bien au-dessus des moyens de Bernadette. Elle ne pouvait que répéter ce nom, en essayant de le fixer dans sa mémoire, et sans en comprendre le sens. Cette Conception, cette définition dépassaient la portée de son intelligence.

Nous sommes en plein surnaturel. Mais c’est un surnaturel qui se démontre. Avant de s’imposer à notre foi. Lourdes s'impose à notre raison. Pour croire à la réalité d’une apparition, si nous n'avions (pie la parole de Bernadette, nous pourrions mettre en doute son témoignage. Mais nous avons ici l’action directe de l’apparition sur les objets inanimés qui rentoiirenl . La réalisation des paroles de la ^'ierge, paroles cpii ne sont pas adéijuales avec renlendement du sujet, qui n'ont pu sortir spontanément de son cerveau. Nous avons ces guérisons ipii inettcnt en défaut toutes les données de la science. Enün le relentisscment profond cpic ces événements ont eu non seulement dans la France, mais dans le monde entier. Pour démontrer (pie Bernadette a en devant ses yeux un être réel, il snfüt de rappeler (pie ni l’iiiiagination ni le rêve ne peuvent modiücr

CO^XLUSIOl^'

les condilions [)liysi([ues des corps (pii nous enlourenl. On ncpeul, [Kii* la suggcslion, enlever à la llamine sa chaleur, Taire jaillir une source cachce dans la proTondeur du sol.

La sug'geslion ne peut IransTorincr une conircc. On ne peni soinnellre le monde en lier aux cnscigneincntsoii aux ordres d’une hallucimîe.

Ici nous avons la dccouverle de la source sur les indicaLions de l’apparition. La llainnie cpii perd sa chaleur en enveloppant pendant un (piart d’heure les doig ts de Bernadette.

Dans un autre ordre d’id(ies:

La ix'alisation des paroles de la Merge: ces paroles font Jaillir des roches Massabieille, cette gracieuse Basiliipie (pii surmonte la Grotte et semble emporter vers le ciel, avec sa llcche aérienne, les prières des pèlerins:

L’église du Rosaire ; (( carrière de roches amoncelées avec ses arches hautes cabiiei. Guéri en mai 1893, à üotacomme des nefs, ses avenues de cirque camund (Inde).

géant pour la pompe des jirocessions ;

tous ces couvents (]ui se sont élevés comme une végétation naturelle sur cette terre du miracle. »

Absence de brûlure, jaillissement de la fontaine, réalisation des paroles entendues, enfin les guérisons; voilà le groupe ou le bloc

(pi’on ne peut séparer. Prendre un à un ces phénomènes et chercher

à les expliquer par une cause naturelle, ce serait passer à c(Mé de la question. Le docteur Goix dit avec raison : (( Quand bien meme cette démonstration serait possible pour chatpic élément isolé, il resterait à faire connaître la cause qui les réunit en un seul et meme tout; c’est la cause de l’unité de ce loul qu’il faut découvrir. Lourdes n’est pas une vérité révélée, une vérité de foi, e’esi une vérité (pii relève de la raison et de la science. »

Pour mettre en doute les ap[)aritions, il faudrait encore négliger

LES GHANDES GUERISONS DE LOURDES

lous les événemenls qui se sont succédé depuis i858. L’affiriualion d’une Imniblc lille des champs Aa remuer tout un siècle, mettre eu mouvement des multitudes, fixer les regards des amis et des ennemis de Dieu.

Notre génération, qui avait déclaré le miracle impossilile, va trouver devant elle tout un faisceau de miracles indéniables.

En i858. Lourdes n’était guère visité que par les touristes ou les malades qui se rendaient dans les stations des Pyrénées. Aujourd’hui, Lourdes est la ville la plus connue de l’univers. Des centaines de mille de pèlerins, de curieux y viennent chaque année.

Un courant irrésislible entraîne les foules dans cette direction ; avec Jérusalem et Rome il n’y a pas de centre religieux plus célèbre, plus fréquenté.

Ces transformations matérielles ne nous donnent qu’une faible idée des changements opérés dans les esprits.

Lourdes n’est pas un fait historique comme Reims, c’est un fait actuel c[ue nous pouvons étudier dans son origine, suivre dans son développement. Que ceux cjui mettent en doute les apparitions essaient de mettre en doute les transformations profondes opérées depuis cette époque dans nos idées et dans nos croyances.

Les médecins à Lourdes. — Leur conversion.

En i858, l’année des apparitions, la religion de la matière régnait en souveraine; on enseignait qu’en dehors de ce qui se pèse, se mesure, se compte, en dehors des faits il n’y a rien que d’incertain, d’illusoire.

La science devait résoudre tous les problèmes ; le surnaturel, l’cxtra-surnaturel, l’au-delà ; chimères, chansons avec lesquelles on avait bercé, nous disait-on, la pauvre humanité! Littré, Renan, Rerthelot, Charcot pratiquaient le culte de la science.

C’est à ce peuple enorgueilli de scs savants et de scs découvertes

CONCLUSION

5/îr

(|iic la voix d une enfant est venue rappeler avec nn dogme nonvean la clmlc de 1 liomine et le mystère de sa rédemption.

Gomment lurent accueillies ces révélations? Par un immense éclat de rire! bientôt suivi de mépris! Le nom de Lourdes était synonyme de superstition, d’ignorance, de retour à la barbarie. Nos premiers pèlerins lurent injuries, maltraités, tournés en dérision.

(Quelques années après, on nous enseigne que la science a fait

Le Frère Louis entretient un hospice de vieill;irds avec le fruit de ses quêtes.

banqueroute. Aux anciens savants ont succédé des hommes nouveaux : les Claude-Bernard, les Pasteur reconnaissent et proclament qu’il y a dans la nature ({uelque chose qui la dépasse et que ne résoudront Jamais les sciences de fait comme la physique et la chimie.

Pasteur développait cette pensée dans un magnifique langage, dans son discours de réception à l’Académie française :

« Au delà de cette voûte étoilée qu’y a-t-il? de nouveaux cieux étoilés, soit : et au delà?

« L’e.sprit humain poussé par une force invincible, ne cessera jamais de se demander: qu’y a-t-il au delà?

« Veut-il s’arrêter soit dans le temps, soit dans l’espace? Gomme

l.KS (IMANDES GUKIUSON’S DE LOURDES

le point où il s’arrête ii’esl <[u’iine g'randeur finie, à peine coninieneel-il à l’envisai^er, ([ne revient l’iniplaeahle ([ucslion.

« Il ne sert rien de répondre : An delà sont des espaces, des temps et des grandeurs sans limites. Nnl ne comprend ces paroles.

Celui qui proclame rexistencc de l’inüni, et personne ne peut y éelia[)pcr, accumnlc dans cetle allirmation, yjZïi.s- de siirnaltirel qu’il n’y en a dans tous les miracles connus : la notion de l’infini a ce donl)Ic caraefère de s’imposer et d’être incompréhensible.

« La notion de l’infini dans le monde, j’en vois parfont l’inévitable expression. Par elle, le surnaturel est au fond de tons les ecenrs. L’idée de Dieu est une forme de l’idée de l’infini. »

Que pouvons-nous ajouter à ces paroles du plus grand maitre de la science moderne? Elles sont la réfutation aussi éloquente qu’autorisée de toutes les doctrines matérialistes, dont nous subissons depuis trop longtcnq)s la loi.

Les disciples de Charcot, que sont-ils devenus?

Au début, les médecins de Lourdes protestaient au nom de la science, ils proposaient de faire enfermer Bernadette, elle était folle, hallucinée, et celui qui rédigeait et signait ce certificat de folie signe et rédige aujourd’hui des certificats de guérison dans le Bureau de constatation.

Charcot aurait pu trouver dans ce bureau ses collègues de l'Académie ou de la Faculté ([ui sont devenus nos collaborateurs ; il aurait vu se succéder chaque aimée deux ou trois cents médecins ; il aurait pu dépouiller dans le dossier des malades deux mille certificats.

N’avons-nous pas raison de dire : « Si vous ne croyez pas aux apparitions, croyez au moins aux choses <[ui ont suivi. »

truand une guérison se produit, nous ne sommes plus seuls à l’étudier, de partout nous arrivent des renscignemenfs, de fous ecités les médecins poursuivent les en(|uètes, nous communi({uent leurs im])ressions.

C/est an grand jour <[ue les faits s’instruisent et se discutenl.

Enfin, nous avons pu transporter à Paris notre clinique de Lourdes. Dans le courant de l’iiivcr, nous réunissons les malades

CONCLUSION

j^iu'ris dans les dcrn'ici's pèlerinages, nous eonvo(|uons les inédeeins (jui les ont examinés ou soignés avant lenrguérison. Nous reprenons avee eux toutes nos en([uètes. Le 212 novembre, nous avions a\ ee nous seize médecins de Paris, des meml)rcs de l’Aeadémic, des professeurs de Faculté, les médecins des liôpilaux. Quelques-uns de nos confrères accompagnaient leurs anciens clients et nous donnaient les détails les pins intéressants sur leurs maladies et leurs guérisons. En les écoulant , tous les doutes disparaissaient, tout devenait net, clair et précis.

Il n’y avait plus place pour ces objections qui résultent d’une étude incomplète des faits.

Nous sommes loin de cette conception qui voulait renfermer Lourdes sur le terrain de l’enthousiasme et de la foi, en supprimant les -droits de la raison et de la science. C’est une légende qu’il faut abandonner.

En fait de rigueur scientifique, nous sommes plus exigeants que nos adversaires: nous ne voulons pas expli-

..1 . Ariiiïs Niigier, (le Lyon. Aviiit depuis

quel* ou garantir le caractère miracu- trois ans un ulcère de lajainhequi , 1 , , . T • la faisait horriblement soulTrir.

leux de tous les laits extraordinaires Guérie instantanément dans la pis-

1 I T 1 I 1 .1 . T cinc. Mai 1894.

dont Lourdes est le tlieatre, tandis

que nos adversaires veulent tout

expliquer par la suggestion. « Cette thèse condamne ses auteurs à plier tous les faits aux nécessités de leur système, à rejeter l’évidence même quand elle ne rentre pas dans leur programme. » d’Hulst.)

Pour nous, nous admettons des distinctions et des réserves ; nous savons que la foi chrétienne et Lourdes ne dépendent pas d’un miracle en particulier, mais d’un ensemble qui résiste à toute discussion.

Nous ne pouvons savoir ce que valent nos idées qu’en les

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