LE RETOUR DU PRISONNIER
25 mai 1918.
Par suite des conventions d'échanges passées entre la France et l'Allemagne, nos prisonniers faits au début de la guerre, avant Charleroi, vont reprendre incessamment le chemin de la patrie. Nous savons bien, en disant cela, qu'ils ne vont pas être encore rapatriés, qu'ils devront s'arroter et camper, pour un temps qui peut être long, au seuil de la Terre Promise. Du moins, ayant accompli les trois quarts de la route, se seront-ils, faute d'avoir la permission de le réintégrer tout de suite, rapprochés aussi près que possible du foyer. Par comparaison, la distance où ils en seront tenus, pour grande qu'elle soit, leur deviendra petite. Entre eux et leur pays ils ne sentiront plus l'étendue d'aucune hostilité. Les barrières, si elles ne laissent pas sortir, laisseront entrer. Ils vont retrouver les leurs qui viendrotil les voir.