‹ Les grandes heures (volume 4)Chapitre 17 sur 33 · EN MARGE DU CATALOGUE DU SALON IDI · texte numérisé non relu

EN MARGE DU CATALOGUE DU SALON IDI

toujours, éclaire de l'intérieur au dehors par la suprême lumière ; le général Mangin, bronze noir, au masque numide ; le Père Sertillanges, à l'éloquence publique et prenant feu comme un Savonarole ; l'abbé Wetterlé, du Reichstag..., politique précis, sec, acharné, patriote impitoyable ; et Boutroux, portant sur son front platonicien de grand Sage et de Juge l'autorité d'une conscience aux arrêts définitifs ; et Clemenceau, enfin, chouan de la République, sublime de foi, d'ardeur, d'amour, de tendresse vendéenne et nationale, ramassant dans son crâne, bombé comme un chapeau de fer et sous ses moustaches blanches de vieux Brenne, toutes les forces de sa vie, et de la France qu'il veut incarner pour tenir le coup de la Victoire, telles sont, à dilférents degrés, parmi d'autres que j'oublie, les figures émouvantes, les hors concours et les médailles d'honneur du Salon de 1918.

Le succès le plus juste répond d'ailleurs à la pensée qui l'a réalisé. Paris s'y porte en foule. 11 est le rendez-vous de nos patiences, la saine distraction de notre tristesse et de nos ennuis. Le visiter c'est participer à un mouvement utile et généreux, c'est remplir un devoir.

Page 1