LA CHEVAUCHÉE AÉRIENNE
^1 février 1915.
Les temps héroïques de l'air sont venus. Quand le ciel était pacifique et pur, on les avait prédits, et voici qu'ils s'accomplissent. Depuis le mois d'août de l'an dernier, les oiseaux humains ont pris le large, et ils y ont fait la guerre.
D'ici, de la ville, nous ne les voyons plus que très rarement. Nous avons perdu l'habitude de leur apparition gracieuse et sereine sur la toile de fond de notre Paris, alors que leur tranquille promenade interrompait un instant la nôtre et que, des yeux, nous les suivions dans les gerbes du soir, au-dessus des dômes et des coupoles où ils semblaient rabattre, exprès pour la nuit, comme si les Invalides, le Panthéon, Notre-Dame, toutes les tours étaient
leurs nids mystérieux, leurs pigeonniers naturels.
Quoique leur départ nous ait privés d'une contemplation qui nous était chère et qui souvent nous manque, nous savons du moins que nos grandes hirondelles de l'été, même absentes, sont toujours là. Mais en gagnant leur poste de combat et en déployant leur nouveau vol, nos avions se sont transformés. Ils ont cessé d'être les martinets de soleil couchant qui se complaisaient dans la nue. Ils sont à présent des oiseaux de bataille qui n'ont plus de tempç à se balancer pour leur plaisir et l'extase de nos regards. La terre a les escadrons, l'air a les escadrilles, joli mot de légèreté, de rapidité, de vivacité française qui claque et brille au soleil. Et, tandis que les escadrons sont momentanément contenus dans une sagesse nécessaire, les escadrilles plus heureuses ont pu, dès le premier malin, sortir et pousser des pointes. L'aéroplane, éclaireur infatigable, est l'œil de l'armée et quel œil ! Un œil ailé ! Ne dirait-on pas la conception d'un Dante, d'un Hugo, visionnaire et poêle d'Apocalypse?
Assemblant nos souvenirs nous n'avons pas de peine à retrouver l'image des aviateurs tels
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qu'hier nous les avons connus, et à les militariser aussitôt par la pensée. Leur manœuvre courante à laquelle nous avons assisté maintes fois n'a rien de secret pour nous. Elle se déroule donc aisément à notre esprit, mais avec une grandeur tragique et neuve qui nous étreint. Essor, vol, circuit, retour, tout a changé à présent, et resplendit de la beauté soudaine que lui confère le devoir. Le champ du ciel semble lui-même élargi, d'une étendue plus sérieuse, d'une attirance plus redoutable, et Ihorizon qui se recule a l'air d'une frontière. Aussi, faute de pouvoir y assister, nous aimons nous donner le spectacle du branle-bas qui s'exécute, dès que l'ordre lancé vient toucher l'escadrille. Avec une promptitude et un frémissement qu'il n'avait jamais eus, avec une âprelé belliqueuse et hardie, chaque appareil — être vivant et machine qui ne font qu'un — trépide aussilôt d'impatience et de fureur sacrée. Le démon de la chasse l'anime. Comme un gigantesque gerfaut brusquement décapuchonné, il se lance, ébloui d'ardeur, pique droit et fouille res[)ace. Volonté perçante et impitoyable, il cherche et trouve. Il a vile fait de repérer à grande distance la bauge du Teuton, le terrier de sa bat-
terie. En un instant il lève la mauvaise nichée qui remue sous la branche et son tir vient bouleverser les rassemblements avec autant de sûreté que le pied du promeneur tracassant une fourmilière. Ou bien, s'il ne porte pas le ravage lui-même, il le prépare et le détermine, en indiquant au chasseur armé du 70 la place exacte du gibier, qu'il fascine déjà, par la menace magnétique de ses orbes. Jusqu'à ce qu'il entende l'éclat du tonnerre, et qu'il i'ait vu tomber à l'endroit où il faut, il ne s'interrompt pas de tracer dans l'air le cercle rigoureux qui, localise le but et qui a l'inflexibilité d'une condamnation. Chacune de ses feintes, de ses allées et venues est lisible comme un rapport. Les mouvements qu'il exécute sont une télégraphie Chappe aussitôt transmise, et tout le temps que sa présence est nécessaire, il passe, repasse, et fait sa ronde au-dessus du point visé, il y insiste, il ne le lâche pas; sa ressemblance avec l'oiseau de proie est telle que l'on s'imagine qu'il va tout à coup tomber d'un trait pour battre d'une aile frénétique en touchant le sol et remonter triomphal avec un canon dans ses serres...
Ne vous étonnez pas, nous verrons cela un
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jour. Il n'y a plus rien d'impossible aux Archimèdes de demain.
Pour l'instant, nous éprouvons à propos des aviateurs une étrange impression. Nous savons que par centaines ils accomplissent journellement des prodiges, mais eux-mêmes nous les ignorons. Obéissant à la consigne d'abord, et aux conditions d'une loi qui leur est propre, ils sont devenus anonymes et nous échappent. Nous n'entendons parler d'eux qu'à titre inconnu, par le récit tardif et trop bref d'exploits à la gloire desquels ils semblent d'ailleurs se dérober les premiers par la rapidité perfectionnée de leurs moyens. Au front supérieur, comme leurs frères d'armes à celui d'en bas, ils sont impersonnels et restent dans le rang.
Leur profession, leur métier veulent déjà que, d'une façon générale, ils soient distants de nous. Populaires, ils ne nous sont pas familiers, et la célébrité de leur nom dépasse de beaucoup celle de leur personne. Nous ne les concevons qu'en action, en exercice aérien, autant dire toujours loin et haut. Ce que nous voyons et retenons d'eux c'est leur silhouette.
leur envergure. Ils disparaissent et se fondent dans l'ensemble de la machine merveilleuse dont leur corps n'est plus que lame. Chez eux le tyrannique organe de l'altitude, l'aile, déborde et mange tout. Aussi, comme la vitesse est leur allure ordinaire, ils ne stationnent jamais dès qu'ils sont partis, ils ne se montrent que pour s'éloigner ou revenir, si vite que, dans les deux cas, on n'a guère le temps de les fréquenter. Dans ces instants vertigineux, que pèse et que devient leur visage, point intime perdu dans un autre point déjà si petit de l'es-^ pace ? Il ne s'ofTre pas plus à notre attention et à notre curiosité que nous ne songeons, en admirant le vol de l'oiseau, à sa physionomie dont le détail nous semble secondaire. Plus rapide est ce vol, d'ailleurs, et plus cette physionomie prend dans la fuite une espèce de pudeur sauvage; on n'a que très rarement l'occasion de voir de près la petite tête ombrageuse de l'hirondelle.
Ainsi en est-il de l'aviateur dont la gloire a quelque chose de pur et de farouche. A terre, il garde sans doute son prestige, maison ne le lui accorde plus alors que par la réllexiGn. C'est un hommage de raison. Pour que l hommage
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d'amour aille à lai, il faut qu'il monte et soit dans la hauteur. Et c'est alors, quand il est perdu au fond de l'espace, et quand ses traits sont abolis que nous le retrouvons, ressemblant, conforme à notre idée, et que nous le reconnaissons. C'est là qu'il atteint le sommet de notre admiration, lorsque le ciel devient tellement son domaine que nous ne pouvons plus supposer qu'il le quitte jamais et que nous ne voulons pas croire, en le revoyant à terre à notre niveau, que se soit le même, redescendu.
Dans l'histoire de cette guerre l'aviateur écrit vraiment, à la pointe de l'aile, un magnifique chapitre. II se rapproche du marin. Leur existence, 3 l'un et à l'autre, et leurs dangers peuvent supporter la comparaison. Aussi difficile et aussi traîlre qu'elle, Tair est une onde, invisible, impalpable, il en a les courants, les remous, les vagues, les .lames de fond, le calme et les colères, et le vent, comme il fait pour l'eau, le fouette et le démonte. Mais comment exprimer l'état psychique, la mentalité spéciale du soldat ailé depuis la minute où la fureur maîtrisée du départ l'extirpe du sol et le lance ?
Que d'angoisses souveraines et dominées ! Que de palpitantes et folles ivresses à travers les péripéties de la mission! Ne faut-il pas franchir toutes les lignes ennemies, celles d'en face et celles d'en haut, essuyer les embruns de la mitraille, traverser les réseaux du brouillard, éviter d'être pris et étouffé par les pattes du nuage pareil à un grand ours blanc? Et le drame du duel vertigineux avec le iaube ou i'aviatik, la trombe et les cabrioles de la poursuite, les ruses du virage, les fausses chutes pour éviter la vraie, les pièges, les chassés-^ croisés, toutes les virtuosités de la science et du courage mises en jeu dans la rafale afin d'arriver à surplomber le faucon de Prusse, à le frapper et à le couler à pic sur la pointe des casques levés en bas au spectacle de son agonie..., peut-on s'imaginer rien de plus pathétique et de plus étonnant?
La randonnée nocturne, avec son mystère et les embûches de ses ténèbres — autre ronde de nuit que Rembrandt n'a pas prévue — ne laisse pas d'offrir aussi une noire exaltation. Qui ne s'est senti tout hérissé d'admiralive terreur au communiqué d'un de ces faits si brillants de la quatrième arme, alors que, dans le feu d'artifice
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des fusées éclairantes et parmi les jets livides et durs que font les projecteurs, l'homme aux vastes ailes de velours, éclaboussé de fusillade, aspergé de fonte et d'acier, glisse pourtant jusqu'à son but, lâche à coup sûr la bombe sur la toiture du hangar où tout se fracasse, et puis file et se noie dans les labyrinthes de l'ombre amie pour revenir à son poste d'attache? Mais, ce qui frappe chez l'aviateur et ce qui le distingue, c'est la particularité de sa situation.
Aristocrate de la nue, il est au-dessus des choses d'ici-bas. Il plane, et domine toujours l'événement auquel il participe. Il est libre, ou du moins il en a l'illusion; rien ne l'encombre et ne le gêne. Il observe, pense et agit vraiment (( à vol d'oiseau ». De la cime où il trône, il voit les mouvements, les entreprises et les chocs, réduits à des proportions qui, sans nuire à leur grandeur morale, les rapetissent cependant d'une manière inattendue. Et ce qu'il perd en dimensions, il le gagne en clarté. Tout s'explique, se justifie; la pensée du chef se déroule et se poursuit en entier sous ses yeux. 11 est le spectateur éminemment favorisé, le mieux placé pour juger du tableau. En même temps, il peut goûter les joies permises d'un noble orgueil à
se sentir assailli par l'innombrable essaim des abeilles de plomb, devenu tout à coup le point de mire et l'objet unique d'un concert d'artillerie. Enfin, privilège rare, il ne voit pas de près le sang, la mêlée, les atroces contorsions de la lutte et du carnage. La blessure et l'agonie, la mort, les cadavres jonchant la plaine, tout cela pour lui se passe loin, en bas, ne forme qu'une masse indistincte et qu'un ensemble vague oij s'efface et disparaît l'horreur précise du détail. Le principal de son travail est dans l'air et non dans la boue. S'il n'ignore pas bien entendu les , réalités des terrestres tueries, il ne les connaît qu'après coup, au retour des sphères supérieures où l'on se bat en dehors de la foule. Mais, par contre, il n'a pas la précieuse ambiance, l'excitation des bruits, des paroles, des cris, de toutes les splendides sonorités que prend le courage pour s'animer et s'entretenir. Il n'a pas la voix du chef, le cuivre du clairon, le battement de la charge, et le bras tendu des drapeaux. Même monté par deux hommes, l'avion reste un solitaire.
Ce caractère saisissant et presque religieux de solitude, les oiseaux humains le conservent quand ils sont en troupe et qu'ils sillonnent le
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ciel. Je me rappelle un étrange tableau du quinzième siècle, admiré il y a des années, où l'on voyait le firmament criblé d'une quantité de petites croix filantes et volantes. Quelle était l'exacte signification de cette pluie mystique? Je ne l'ai jamais su, mais je ne puis regarder plusieurs aéroplanes mouchetant la grande voûte sans me souvenir du fond d'or que traversaient à tire-d'aile les petites croix, et je songe que bien plus tard, dans certains tableaux, restés de ce temps, le ciel sera occupé aussi par des oiseaux pensants qui raconteront le prodige. Ils diront que, dès le début de leur apparition, bien avant les « charges » de guerre, même quand ils volaient pour rien, pour l'apprentissage et le plaisir, ils étaient déjà des signes comme On croyait en découvrir autrefois à la veille de grands événements. Et de fait, n'auront-ils pas été cela? N'ont-ils pas prédit sans le savoir, depuis plusieurs années, les temps miraculeux que nous vivons? Mais, dans notre atmosphère scienlifiqae, ils ont remplacé, en demeurant providentiels, les rougeurs, les embrasements, toutes les manifestations boréales qui avertissaient jadis, et qui aujourd'hui ne suffisent plus pour annoncer les secousses du monde.
6 mars 1915.
Bien que, dès le début de la guerre, nous ayons dû commencer à faire le compte des mutilés, c'est aujourd'hui seulement qu'ils apparaissent et qu'ils nous frappent, surgissant de toutes parts.
Pour en arriver en effet à l'état actuel où nous les considérons, il a fallu que TafTreuse plaie se fermât, que les chairs tailladées et disjointes reprissent lentement, qu'une espèce d'accalmie physique et morale, de résignation fîère et douce eût achevé le sacrifice. En dehors des soins infinis, difficiles, tout cela demandait du temps... Des semaines, des mois ont été nécessaires pour réaliser Ihomme nouveau, répartir ses forces amoindries et reconstituer son équilibre rompu. Et puis un matin de soleil, on
a dit : « Il est guéri. » Et tout de suite, sans relever la navrante inexactitude de ce m^t trop joyeux, le mutilé, avide d'air, impatient de « s'essayer», a quitté l'ambulance et est sorti. Nous ne pouvons plus faire un pas dans la rue sans l'y rencontrer. Dès qu'on l'aperçoit, on ne voit que lui. Il remplit le IroHoir. Il émeut et il gène. Je voudrais le saluer, lui parler, lui serrer la main, et son image pourtant me devient bientôt intolérable. Je me rapproche de lui, mais je n'aurais pas le courage de continuer ma promenade à son niveau. Je l'admire et il me fait honte. S'il a une croix neuve sur la poitrine, je suis heureux, et, s'il n'en a pas, je me sens affecté comme par une injustice. Ah ! ils sont à jamais fixé^ dans notre esprit, les mutilés de 1910, le zouave au cou nu, étayé par ses béquilles, entre lesquelles se balance une pauvre et unique jambe qui pose bien à terre, mais qui ne marche plus, et le lignard dont la manche courte et vide est épinglée à hauteur de l'épaule, ou encore le bel homme solide, complet et bien bâti, mais collé à la personne qui l'accompagne, et lui donnant le bras « serré », d'une telle façon que Ton comprend, rien qu'à le regarder de dos, qu'il est aveugle, II 4
et ne verra plus les êtres aimés à moitié perdus déjà pour lui. Et combien d'autres nous échappent, selon l'importance et le degré de Vopération!... Depuis ceux dont le malheur peut se dissimuler jusqu'à ceux que nous ne rencontrons pas, parce qu'ils se cachent, craignant d'être un objet d'épouvante ou d'horreur.
Leur sort à tous, grands éprouvés de la guerre, est le plus attachant parce qu'il est le plus douloureux, et cette douleur ne vient pas tant des passagères tortures subies que des souffrances d'un autre genre qui, par la suitCn sont à affronter. Dans Tordre du mérite militaire, le mutilé demeure un gradé de la blessure.
Le blessé simple qui, même meurtri dans ses sources profondes, se retrouve intact et dont, quoi qu'il advienne, la forme familière et secrètement préférée n'est pas compromise, celui-là, malgré tout, s'en tire à bon marché. Il a de la chance. Concevez-vous bien, en effet, ce que représente, au milieu d'aussi terribles aventures, le privilège de sauver non seulement sa vie, mais son enveloppe humaine, toutes les parties de son corps, les frontières naturelles de sa personne, la totalité de cette œuvre d'art,
modelée, depuis les premières secondes de l'enfantement, par la sollicitude des mères et perfectionnée à travers les retouches successives de l'existence? Rien nest plus désirable et plus essentiel que la conservation intégrale de cette image animée, devenue à la longue la plastique de nos qualités, « l'expressive » de nos sentiments, la révélation continuelle de nous-mêmes, la preuve la plus flagrante et la plus avantageuse que nous ayons de notre illusoire supériorité. Image fragile et périssable! dira-t-on. C'est justement parce qu'elle passe et n'est rien qu'elle nous semble tout et que nous y tenons si fort, acceptant volontiers de soufi'rir h la condition que notre statue harmonieuse reste à l'abri dç tout dommage. — « Pourvu que ça ne se voie pas ! » — Telle est la première pensée, le cri instinctif de l'homme injurié dans sa chair. Car ce qui se voit, ce qui se verra, c'est la trace, la cicatrice, la marque indélébile et parfois outrageante. Cette révolte des sens et de la raison ne procède pas d'une vanité condamnable, elle a sa source dans un légitime orgueil. En y cédant, nous obéissons malgré nous à l'exigence d'ordre et de mesure, ù la soif de beauté que Dieu, notre Créateur, a glis-
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sées en nous. Il a permis que nous fussions beaux. La mutilation vient brutalement déranger sa volonté et violer la règle.
Voilà pourquoi le blessé, plus ou moins atteint, mais sauvegardé dans son aspect extérieur, ne sera presque plus à plaindre après la guerre, surtout s'il a le baume d'une médaille et le panJement dun honneur. Il goûtera même, une fois guéri, la félicité parfaite de la victoire. Ayant bien payé de sa personne, celle-ci lui restera, tout entière, comme la meilleure des récompenses. Chacun sera fier de le connaître ùi de le montrer, et il ornera sa famille.
Mais le mulilé !... Sans doute, en ces jours de clairvoyance nationale où nos yeux, nos esprits, nos cœurs sont régis par une optique plus généreuse, il nous est infiniment cher. Tout frais estropié, à peine jailli du carnage dont il évoque la vision, et duquel il semble un lambeau, il nous passionne et nous Texallons, secoué par la souveraine cruauté du coup qui le sape. Et puis il y a l'uniforme ! Amputé d'une jambe ou manchot, c'est encore un soldat. Bien qu'il soit désarmé, nous ne le séparons pas de son fusil