POISSONS VOLCANIQUES
Quand les commotions qui précèdent les éruptions ignées dans la chaîne des Andes ont ébranlé fortement toute la masse des volcans, les gouffres souterrains s'entr'ouvrent et vomissent à la fois de l'eau, du tuf argileux et une quantité innombrable de poissons. ^
C'est ce qui arriva lorsque la cime du Garguaraijo, montagne haute de 6,000 mètres, s'écroula :
dans un rayon de deux lieues, les campagnes environnantes lurent couvertes de boue et de poissons. Une fièvre pernicieuse, qui sept ans auparavant avait désolé la ville d'Hurra, est attribuée à une semblable éruption du volcan dlmbaburu.
Le Cotopaxi, le Tangurahua et le Sangay vomissent également des poissons, quelquefois par les cratères qui les couronnent, quelquefois par des fentes latérales. Les Indiens assurent que ces animaux descendent encore vivants la pente de la montagne. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dans la prodigieuse quantité de poissons que rejette le Cotopaxi, au milieu de torrents d'eau douce et froide, il y en a très-peu qui soient assez défigurés pour qu'on puisse croire qu'ils ont été exposés à l'action d'une forte chaleur.
M. J. Girardin explique ainsi ce fait singulier.
Pendant l'intervalle de deux éruptions consécutives, intervalle qui est souvent déplus d'un siècle, le cratère de ses volcans se ferme, et le fond forme bientôt une véritable plaine ; c'est ce que montre ordinairement le Vésuve.
Avec le temps, cette plaine se convertit en lac, et d'autant plus facilement que, loin d'être comme nos volcans d'Europe de petites montagnes isolées, les volcans des Andes forment une chaîne non interrompue, de sorte que non-seulement les eaux