‹ Les grandes pêchesChapitre 25 sur 25 · XX · texte numérisé non relu

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Jusqu'au siècle dernier, le corail a passé pour un végétal ; Théophrasle, Pline, Dioscoride, Tavaient considéré comme tel. Parmi les modernes, Tournefort le plaçait, en même temps que divers

LE GORâIL. 301

madrépores, dans sa dix-septième classe avecles fucus et les corallines. Cette manière de voir parut incontestable, quand Marsigli eut fait la découverte de ce qu'il appelait les flmrs du corail. 11 avait eu cette idée si simple, et qui cependant n'était encore venue à personne, de placer dans un vase plein d'eau de mer une branche de corail nouvellement péché. « Le lendemain matin, je trouvai, écrit-il, mes branches de corail toutes couvertes de fleurs blanches de la longueur d'une ligne et demie, soutenues d'un calice blanc d'où partaient huit rayons de même couleur, également longs et également distants les uns des autres, lesquels formaient une très-belle étoile semblable, à la couleur et à la grandeur près, au girofle. » 11 ajoute que cette découverte le fit presque passer pour sorcier dans le pays ; personne, même, les pêcheurs, n'ayant jamais rien vu de semblable.

Cela se passait au commencement du siècle dernier. Quelques années plus tard (1725), un médecin, Peysonnel, annonçait que les petites étoiles signalées par Marsigli, et prises par celui-ci pour des fleurs, étaient bel et bien des animaux, semblables pour l'organisation à ce qu'on appelait alors des orties de mer^ à ce que nous appelons aujourd'hui actinies et anémones de mer. Ce fait, d'abord nié, n'est plus contesté par personne; le

corail est un polype à polypiers. II a été récemment l'objet d'une très-belle étude de M. Lacaze- Duthiers.

Le nom du corail est grec et signifie étymologiquement : forne la mer. Ce nom montre en quelle estime les Grecs avaient cette production. Orphée Ta célébrée dans ses chants, Ovide en parle en ses Métamorplioses. On lui prêtait quelques propriétés médicales et même des vertus occultes ; les aruspices en portaient comme chose agréable aux dieux, et aujourd'hui encore les musulmans déposent des grains de corail auprès des morts pour éloigner de ceux-ci lès génies infernaux. Mais c'est surtout comme objet de luxe que le corail a été et qu'il est encore recherché. Les Indiens, au rapport de Pline, avaient pour cette belle production une passion égale à celle que leur inspiraient les perles. Ils l'ont conservée. Les Gaulois en ornaient leurs glaives et leurs casques ; ainsi font aujourd'hui encore les Asiatiques. Partout les femmes aiment à s'en parer, et il s'harmonise aussi bien avec le noir d'ébène des Éthiopiennes qu'avec l'éclatante blancheur des Circassiennes.

On le trouve dans la Méditerranée et dans la mer Rouge à des profondeurs et en des expositions qui varient suivant les lieux. Sur les côtes de France, il couvre les roches exposées au midi, tandis qu'il est rare sur celles qui sont tournées

au levant et à l'ouest, et il n'y en a jamais sur celles qui regardent le nord. D'après Lamouroux, on ne le trouve jamais à moins de 3 mètres de profondeur, ni à plus de 300 mètres. Dans le détroit de Messine, c'est du côté de l'orient que se plaît le corail; on le trouve rarement sur les sites de l'ouest; ceux du nord en sont dépourvus. La profondeur à laquelle on le pèche est comprise, au rapport de Spallanzani, entre 350 et 650 pieds. Sur les côtes de l'Afrique septentrionale le corail se fixe sur les rochers qui regardent le sud, le sud-est et le sud-ouest.

Les pêcheurs ne commencent à le chercher qu'à 5 ou 4 lieues en mer, depuis la profondeur de 30 à 40 mètres jusqu'à celle de 250 à 300.

Dans les endroits où le corail se développe trèsprès des côtes et à une faible profondeur, la cueillette en est faite par des plongeurs ; c'est ce qui a lieu par exemple, dans les Pyrénées orientales ; mais le cas est très-rare. Sur les côtes d'Afrique et dans le détroit de Messine, la pêche se fait d'une toute autre façon, sur laquelle nous pourrons donner les détails les plus précis, M. Lacaze-Duthiers en ayant fait le sujet d'une de ses leçons au Muséum d'histoire naturelle.

Les bateaux-pêcheurs, presque tous italiens, sont élégamment construits et fort bon marcheurs. Les plus grands (16 tonneaux) sont mon-

tés par dix ou douze hommes, les plus petits par cinq ou six. A la proue est une boule sur laquelle est peinte l'image du Christ, de la Vierge ou de quelque saint ; l'arrière du bateau est réservé à la pèche et à l'équipage; un cabestan s'y trouve; l'avant est disposé pour les besoins du patron. Au milieu se trouve la soute à eau et la soute à biscuit.

L'ensemble des pièces nécessaires à la pêche porte le nom d'engin. Cet engin est construit de la manière suivante :

Que l'on imagine une croix de bois formée de deux barres solidement réunies en leur milieu, et dont chaque bras peut avoir environ 2 mètres de longueur. Cette croix est lestée en son centre au moyen d'une pierre ou d'un lingot carré de plomb, et à chaque bras est attachée une grande corde de 5 brasses environ, c'est-à-dire de 7"", 50 à 8 mètres. Chacune de ces cordes porte six filets régulièrement disposés sur sa longueur, à grandes mailles (0'",10 de côte) lâchement nouées; ces filets, construits avec une ficelle grosse comme le petit doigt et à peine tordue, sont froncés au moyen d'une corde passée dans une série de mailles et nouée ensuite, de façon à former un paquet qui, plongé dans l'eau, s'étale en rosette autour de ce nœud ; ces paquets sont désignés sous le nom de fauberts;\es plus grands sont les plus minces des

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bras de la croix : ils atteignent 1"*,50 à 2 mètres de longueur. Enfin au point de croisement des deux bras est attachée une cinquième corde plus longue que celle des extrémités et sur laquelle est disposée une série de six ou huit fauberts ; on l'appelle la quieue du purgatoire. On voit donc que l'engin porte en définitive plus d'une trentaine de fauberts qui, s'éparpillant dans l'eau dans tous les sens et à de grandes distances, doivent s'accrocher avec une extrême facilité à toutes les aspérités du fond, et le corail est pris par l'enchevêtrement de ses branches dans les mailles du filet.

La première chose à faire est évidemment de trouver un banc de corail. Dans cette recherche, les patrons acquièrent une habileté prodigieuse : dépourvus de tout instrument, guidés seulement par l'habitude, ils arrivent à se rendre un compte parfaitement exact du fond par la connaissance parfaite des moindres accidents de la côte ; et l'on assure que certains d'entre eux sont à ce point exercés, qu'ils peuvent repêcher au fond de la mer un engin qu'ils y ont laissé l'année précédente.

Voici maintenant comnlent se fait la manœuvre de l'engin. On le lance à la mer, où il flotte étalé, une corde le soutenant. Cette corde, attachée au centre de la croix, s'enroule sur le cabestan; assis sur le plat-bord du bateau, le patron laisse pendre

une jambe en dehors, de façon que l'amarre de l'engin pèse sur sa cuisse recouverte d'un petit tablier de cuir très-épais. D'après les impressions qu'il reçoit de cette corde, il juge de l'état des lieux et du moment où il convient d'abandonner l'instrument de pèche au poids qui tend à l'entraîner. C'est alors qu'il crie de lâcher; la corde se déroule, l'engin s'engage dans les anfractuosités des rochers, on le retire, on le relâche, et ainsi plusieurs fois de suite, jusqu'à ce qu'enfin la calle étant terminée, le filet soit remonté à bord.

Mais au prix de quels efforts ! Jusqu'ici tout le travail du pêcheur a consisté à rendre aussi inextricable que possible l'entrelacement des fauberts parmi les inégalités du fond ; pour retirer l'engin, il faut donc arracher tout ce qu'il a saisi. Exposés à l'action d'un soleil de feu, ruisselants de sueur, les veines gonflées, ils tournent au cabestan. Le travail est si excessif qu'il leur serait impossible de le continuer, s'ils ne réparaient incessamment leurs forces en puisant, sans interrompre leur manœuvre, à la soute à biscuit placée exprès à leur portée ; aussi peut-on dire que le corailleur mange toujours. Ajoutons à cela que, de» temps en temps, le maître, homme dur et exigeant, distribue des coups à ceux qui passent devant lui. Dans ce qu'on appelle les moments de

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repos, il leur faut réparer les filets rapidement détruits ou en faire de nouveaux; et leur habitude en ce genre de travail est si grande, qu'on en voit qui, harassés de fatigue et presque endormis, continuent de boucler les nœuds. Leur journée est de dix-huit heures ; du biscuit et de Teau à discrétion, le soir des pâtes d'Italie ; du vin et de la viande deux fois par an, à l'Assomption et à la Fête-Dieu, voilà leur régime. Les meilleurs matelots reçoivent de quatre à six cents francs pour les six mois de la saison d'été, les autres moitié moins; aussi dit-on proverbialement qu'il faut avoir tué ou volé pour être corailleur, et M. lacaze-Duthiers ajoute qu'en effet ces malheureux ne sont pas à l'abri de tout reproche.

Cela n'empêche pas qu'au premier coup de filet de la saison, ils ne se mettent tous à genoux, et le premier beau rameau de corail qu'ils retirent de. l'eau est offert à la Bonne Mère... pourvu toutefois que la pêche soit fructueuse.

Elle est fructueuse quand un grand bateau a récolté 500 kilogr. de corail, quand un petit bateau en a récolté 150; 500 kilogr., produisent un bénéfice de deux à trois mille francs.

Le corail n'est point vendu par les hommes du bord (cela leur est interdit), mais par les armateurs. Les marchés les plus importants de la côte d'Afrique sont Bone et la Galle, et l'on y apporte

310 LES GRANDES l'ÉCHES.

même les coraux péchés sur les côtes d'Espagne et de France, lesquels, quoique de qualité moins belle que ceux d'Algérie, passent au milieu de la masse de ces derniers, de telle sorte que le corail péché aux côtes de France n'arrive aux manufactures françaises qu'après avoir passé par les marchés d'Italie.

Dans le commerce, on distingue plusieurs qualités de corail :

1° Le corail mort ou pourri. On désigne ainsi les racines de zoanthodème, recouvertes de dépôts pierreux, de bryozoaires ; leur valeur varie de 5 à 20 fr. le kilogramme.

2° Le corail noir^ qui n'est autre chose que du corail détaché du rocher, tombé dans la vase où il a séjourné un certain temps et modifié plus ou moins profondément par des émanations sulfureuses ; on l'emploie comme bijou de deuil, et il vaut de 12 à 15 fr. le kilogramme.

3** Le corail en caisse est la réunion de morceaux de toutes les grosseurs, dés débris les plus vils jusqu*aux plus beaux rameaux ; c'est le corail tel qu'il a été rapporté de la pêche. Son prix, qui est très-variable, peut aller de 45 à 70 fr. le kilogramme.

4** Le corail de choix. C'est l'ensemble des plus beaux rameaux, mis à part par les armateurs, et vendus par eux, soit à la pièce, soit au poids. Cette

qualité vaut en moyenne de 400 à 500 fr. le kilogramme.

S** Le corail blanc. Enfin, on rencontre aussi, mais très-rarement, du corail blanc, qui ne diffère du rouge que par la couleur, et qu'on ne doit regarder, par conséquent, que comme une variété.

La valeur commerciale du corail dépend de la forme des rameaux; s'ils sont grêles et buisson-, neux, comme c'est ordinairement le cas pour ceux que l'on pêche sur les côtes de France et d'Espagne, il est plus difficile de le débiter, et le déchet est plus considérable. Mais il faut surlout que les branches soient intactes ; or il arrive souvent, pour le corail d'Oran en particulier, qu'elles sont perforées dans lous les sens par de petites annélides voisines des serpules ou par des éponges. Enfin la teinte plus ou moins rouge, plus ou moins transparente, influe beaucoup aussi sur la valeur du corail : c'est là uae affaire de mode. C'est surtout le corail rose qui a un grand prix dans l'Europe occidentale.

C'est en Italie, à Naples, à Livourne, à Gênes, que se taille presque tout le corail qui vient de nos possessions algériennes; il y avait autrefois beaucoup de manufactures à Marseille ; mais aujourd'hui elles ont presque entièrement disparu; à Paris, on taille très-peu, si ce n'est quelques camées de choix, mais on y monte beaucoup de corail

et Ton y fait des bijoux ; enfin on le travaille aussi à Alger et à Bone.

Le corail sort des manufactures sous quelques, formes principales que le bijoutier utilise ensuite ;. ces formes sont :

Les perles de toute grosseur, unies ou à fa~ cettes ;

Les olives ;

Les sculptures variées;

Enfin le corail arabe, formé de portions de tiges, polies et percées suivant leur axe.

Quant à la manière dont le travail lui même s'effectue, il suffit de dire que le corail, d'abord dégrossi avec la lime, est ensuite usé sur des disques horizontaux , analogues à ces tours que les opticiens emploient pour tailler les cristaux et le verre, et par l'intermédiaire d'une pâte formée d'eau et d'un émeri qui, d'abord d^un grain très gros, est employtî à la fin sous la forme d'une poussière impalpable. La fabrication des perles à facettes, par exemple, est très-simple et extrêmement rapide : un ouvrier chargé de débiter les rameaux fait des entailles sur les tiges avec une lime et détache ensuite les morceaux avec une grosse tenaille ; les^ petits cylindres qui en résultent sont percés suivant leur axe au moyen d'un foret vertical, et le trou ainsi produit sert à emmancher la pièce, et permet de la manier plus commodément ; celle-ci

est alors usée grossièrement sur un grès et amenée à la forme ronde; la perle qui en résulte passe aux mains des polisseuses qui soumettent ses diverses parties au frottement d'un disque métallique, tournant avec rapidité et recouvert d'émeri plus ou moins fin. Les facettes sont produites en un clin d'œil avec une régularité admirable. 11 ne reste plus qu'à donner un dernier poli.

Corail.

j^ lia;

Pèche d'épongés (ile de Cuba).

« L'éponge, disait Lamarck, est une production naturelle que tout le monde connaît par l'usage assez habituel qu'on en fait chez soi ; et c'est cependant un corps sur la nature duquel les naturalistes, même les modernes, n'ont pu arriver à se former une idée juste et claire. »

Ceux-ci en faisaient un animal, ceux-là un végétal ; plusieurs ni l'un ni l'autre, ou l'un et l'autre, une chose mixte, servant de domicile à de petits êtres qui y entraient et en sortaient à volonté. Aujourd'hui on s'accorde assez généralement à les placer dans le règne animal, dont elles occupent le degré le plus inférieur.

A première vue, on distingue dans l'éponge vivante au moment où elle vient d'être retirée de l'eau (je parle seulement de l'éponge employée en économie domestique), deux substances bien différentes.

La première est une sorte de mucosité recouvrant le tout ; la seconde, enveloppée par la précédente, est un tissu fibreux et feutré percé d'une multitude de pores, et contenant de petits corps tantôt siliceux, tantôt calcaires, déformes variées, qu'on nomme spécules.

L'éponge, préparée pour les usages domestiques, a été débarrassée de la mucosité qui l'enveloppait et des particules siliceuses ou calcaires qu'elle contenait, et se trouve réduite à ce tissu fibreux dont on vient de parler.

La première substance est la partie animée de l'éponge. C'est une agrégation de polypiers, mais de polypiers d'une simplicité extrême ; ni tentacules au dehors, ni tube digestif en dedans ; un simple estomac creusé à même un parenchyme.

316 LE GRANDES PËCUES.

Il se nourrit des molécules organisées en suspension dans le liquide ambiant.

Ces animaux élémentaires ont deux modes de multiplication : par des germes ciliés et mobiles, sortes d'infusoires, par des espèces de sporanges comparables aux corps reproducteurs des végétaux cryptogames.

Toutes les éponges sont aquatiques, les unes marines, les autres d'eau douce ; celles-ci, nommées spongelles, sont sans usage. Les premières vivent fixées à des corps sous-marins à ;des profondeurs de 5 à 25 brasses S où la mer est toujours tranquille. Leurs formes sont très-variables, et quelques-uns de leurs nomswûgaÎTeSygant de Neptune^ trompettes de mer, manchons et cierges^ en donnent une idée. Elles diffèrent également par la taille ; les unes restent toujours fort petites, d'autres atteignent une hauteur de près de 2 mètres. Les éponges utiles se trouvent dans l'Atlantique, dans le golfe du Mexique, dans la Méditerranée, dans les mers des Indes, dans les mers australes, dans les mers du Nord. Elles sont communes, grossières et de grande taille dans les eaux chaudes (golfe du Mexique, mer Rouge), moins abondantes, plus petites, mais de qualité bien supérieure dans les régions tempérées, et surtout dans la Méditer-

^ La brasse égale 5 pieds métriques.

ranée. Leur tissu se resserre, leur taille s'amoindrit, leur nombre diminue à mesure qu'on se rapproche du Nord; elles manquent entièrement dans les contrées glaciales.

Les éponges du commerce sont classées en deux catégories. La première comprend les sortes communes (spongia officiiialis), à formes arrondies, ou planes, ou convexes en dessous, d'un tissu mou, grossièrement poreux. On en compte vingtdeux espèces. La seconde comprend les éponges unes (spongia usitatissima). à formes convexes ou évasées, à pores très-fins à l'intérieur, avec des pscules déliés comme des poils; on en compte trente-quatre espèces.

La pèche dans le Levant, depuis Beyrouth jusqu'à Alexandrette, est exploitée par les Syriens et les Grecs. Elle commence eh mai et dure pour les Syriens jusqu'à la fin de septembre, tandis qu'elle finit en août pour les Grecs, désireux de rentrer chez eux avant la mauvaise saison.

Ceux-ci arrivent à Seyda (Sidon), à Beyrouth, à Tripoli, à Tortosa, à Latagnié et d'autres ports de la Syrie, dans des embarcations nommées sarcolèves, montées habituellement par quinze à vingt hommes. Aussitôt arrivés, ils désarment et louent aux habitants du pays des barques de pêche. Chacune de celles-ci porte quatre ou cinq hommes qui plongent à tour de rôle. Chacun d'eux est armé

yGoogk

320 LES GRANDES PÉGIIES.

(l'un couteau à forte lame, à l'aide duquel il sépare du rocher l'éponge qui y adhère.

Ceux de Morée, et particulièrement les Hydriotes, procèdent autrement. Ils ne plongent pas, ils draguent. Leur drague est un trident à lames tranchantes et recourbées et garni d'un filet. Les lames arrachent, le sac reçoit. 11 faut une mer calme; des poignées de sable trempé dans l'huile étant répandues autour de la barque, l'huile s'étend, et neutralisant l'action de l'air, empêche Teau de se rider. Alors les pêcheurs voient distinctement les éponges au fond de la mer. Ce procédé ménage les hommes, mais il a l'inconvénient de détériorer les éponges, souvent déchirées ; aussi se vendent-elles 30 pour 100 de moins que les éponges dites plongées.

On plonge dans la mer Rouge, et les Arabes vendent le produit de leur pêche aux Anglais d'Aden ou l'envoient en Egypte.

C'est encore par des plongeurs que cette pêche est pratiquée dans le golfe du Mexique, sur les bancs de Bahama. Ces plongeurs sont Espagnols, Américains, Anglais, et comme en cet endroit les éponges croissent à de faibles profondeurs, les hommes n'ont qu'à se laisser glisser le long d'une perche amarrée au bateau, travail bien plus facile que celui qui se fait dans la Méditerranée.

Immédiatement après la pêche, on presse les

LES ÉPONGIlS. 321

éponges, on les foule même aux pieds, on les lave un grand nombre de fois dans l'eau de mer et dans Teau douce fréquemment renouvelée jusqu'à l'entière disparition du mucus gélatineux ; on les passe ensuite à l'eau chaude dans le but de les débarrasser autant que possible d'une odeur chloreuse qui leur est particulière et que leur communique la matière animale renfermée dans le tissu fibreux.

On ne connaît au juste ni la durée de la vie des éponges, ni la vitesse de leur accroissement ; on sait seulement qu'on peut au bout de trois ans faire une récolte nouvelle dans les lieux qu'une pêche antérieure avait épuisés.

Éponges.

Phoques , 2

Ghas3e aux phoques 23

Pêcheurs finlandais naufragés 26

Le morse 27

Ours étouffant un morse ,,.... 28

Canot attaqué par des morses 31

Massacre de morses 55

Baleine harponnée ^ 36

Cachalot • 47

Baleine franche ' 55

Baleine harponnée 63

Baleines prenant leurs ébats 84

Pluie de poissons 89

Poissons sortis d'un puits en Egypte 90

Pluie de poissons en Transylvanie (Kicolasburg) 91

I^ rémora ou reversus 95

Le pilote 99

Pêche de la tortue 107

Pêche au cormoran 109

Pêche au pélican. 115

Pêche aux hirondelles de mer 117

Le maquereau ii8

Baigneur attaqué par un banc de maquereaux 119

Pèche du maquereau 125

Thons. Pêclie à la* madrague 131

Pêche à la thonaire 154

L'espadon. . 135

Combat d'une baleine et d'un espadon . 139

Pêche de l'espadon 146

Pêche de l'espadon. 147

Le saumon 148

Pêche du saumon en Islande 155

Indiens harponnant les saumons à la lance dans les montagnes Rocheuses 156

Saumons sautant une chute d'eau. . 159

Le hareng 160

Pêche du hareng en Islande 163

Banc de harengs phosphorescents 167

La morue 168

Pêche de morue 171

Pêcheurs de la morue 174

L'anguille. 175

Pêche de l'anguille aux lagunes de Comacchio 1 85

Pêche de l'anguille dans les cours d'eau de Normandie. . . 186

L'esturgeon 187

Pêche à l'esturgeon sous la glace, en Russie. 193

Remorque de l'esturgeon , . . 198

Le requin ;. 199

flequin saisissant un matelot , 201

Nègre éventrant un requin sous l'eau 205

Le requin harponné 209

Les poissons électriques 210

Le gymnote * 215

Pêche du gymnote dans l'Amérique du Sud 219

Malaptérure. ?25

Les chevrettes 226

Établissement de pêclieurs de chevrettes 228

Pêche à la chevrette ,\ . . 232

Femmes péchant la chevrette , , 23

La pieuvre 235

Le poulpe. ; 259

Le poulpe 245

pèche de la sèche à Biarritz *..,..,. ^ . 257

Plongeur malais surpris pour un poulpe géant 260

L'huître 261

J'êche aux huîtres 267

Retour des pêcheurs d'huitres 275

Poisson-scie 276

Pêche de la nacre et de la perle dans l'Inde 283

Pintadine.— Mère-perle 289

Préparation de l'holothurie 290

Pêche de l'hololhiu-ie. 295

Holothurie 299

Engin pour la pêche du corail 300

Pêche du corail en Sicile 305

Corail 313

Pêche d'épongés (île de Cuba) . . 314

Pêche des éponges dans le Le* ant 317

Éponges. ....... t 521

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