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LAÔ-TsEu (Musée Guimet)
fond enseignement, qu’on pervertit dans la suite, est un sérieux avertissemen! que des spéculations, qui ne sont que des spéculations sur l’Invisible, en l’absence d’une révélation positive, n’ont point de prise sur les classes instruites, tandis qu’elles dé-
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CONFUCIANISME 87
génèrent en grossières superstitions dans les masses d'1 peuple.
‘Des milliers d’années avant Christ, les ancêtres des Chinois erraient vers l’Est; ils venaient de l'Asie Centrale. Leur histoire les dépeint comme des chasseurs sans demeures, sans vêtements et sans feu pour préparer leur nourriture. A la suite de fatigants voyages à travers les déserts et les forêts, ils atteignirent la courbe septentrionale du fleuve Jaune, à 41° de latitude et pénétrèrent dans « le jardin de la Chine ». Ils y fondèrent ce qu’on appelle encore le « royaume du Milieu » et, peu à peu, chassant les aborigènes dans les montagnes ou dans la mer, ils devinrent la nation la plus puissante de l’Asie orientale. Nous sommes habitués à considérer la Chine comme une et la même à travers les millénaires qui ont passé, mais c’est simplement grâce à notre ignorance de son histoire. Dans les ténèbres toutes les couleurs se confondent. Impossible de nous faire une juste idée de la Chine, si nous prétendons qu’elle a toujours été ce qu’elle est maintenant. À vrai dire, la Chine a résoiu le nroblème de l’unification des peuples à un degré inoui, mais pendant bien des siècles elle se composait de divers royaumes, de diverses races a vec des lois, des langues, des institutions différentes, se faisant aussi la guerre les unes aux autres avec autant d’acharnement que les royaumes : l’Heptarchie en Angleterre ou les différen’es parties de la France, de l'Italie et de l’Alle-
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magne s'entrecombattaient ou livrèrent bataille à un ennemi commun. La Chine était un monde à elle seule précisément dans le sens où l’évangéliste Luc appeile l’Empire romain « le monde ». Il n’avait pas l’idée qu’il y eût une autre civilisation plus ancienne, bien au-delà de l’Empire romain et dont les historiens parlaient comme embrassant le monde entier avec la même bonne foi que Luc appliquait le terme au seul monde qu’il connût.
La Chine est aujourd’hui plus peuplée que l’Europe et parvient à maintenir l’ordre avec une armée plus petite que celle d’aucune de nos grandes puissances. D’après son étendue, sa population et la variété de son climat, la Chine devrait être considérée comme un continent. La raison principale pour laquelle elle ne l’est pas c’est que Confucius, il y a vingt-quatre siècles de cela, compila une série de classiques dont la connaissance auprès du peuple lui imprima un caractère commun, a vec des habitudes communes et un commun idéal ; ce qui a fait de la Chine, en réalité, un même pays. La nation avait existé des milliers d'années avant Confucius, car le Schou- King ou Le livre d'Histoire qu’il édita remonte bien à 2356 ans avant Christ. A cettedate, Confucius pouvait traverser les annales confuses d’un monde perdu depuis longtemps, les récits fabuleux de temps préhistoriques que plus d’un Chinois eultivé accepte encore — et nourtant se tenir debout sur terre relativement ferme. Dans ces documenis
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historiques du passé il trouva toutes les lumières qui lui étaient nécessaires pour préserver l'Etat et le faire prospérer. Croyant aux ancêtres et les aimant, il étudia toute sa vie les archives, dépositaires de leurs paroles et de leurs actions. Savant, canoniste, scribe et historien plutôt que prophète ou poète, «il transmettait, selon son dire, il ne faisait pas. » Tandis que son système incluait tout ce qu’il croyait avoir quelque valeur dans l'histoire ancienne et la religion de la Chine, ses propres réflexions, même les limites qu’il s’imposa, modifièrent et donnèrent de l’unité au long développement qu’il exposait. Delà vient que son système, enfin, trouva faveur auprès du peuple comme portant le sceau de la vérité absolue et immuable. On peut aussi dire que pour connaître la Chine, il n’est nécessaire que d'étudier la vie et l’œuvre de Confucius. L’entendre, c’est comme si nous âppliquions à l’oreille une de ces coquilles artistement construites par la nature; nous y entendons encore le grouillement d'une mer de quatre cents millions d’êtres humains. Jusqu’à ce jour, quand un Chinois veut faire un compliment, ie compliment par excellence, à son bienfaiteur ou à la meilleure personne qu'il ait jamais vue, il ne peut rien dire de plus que ces mots : « cet homme est presque aussi bon que Confu- CIus. »
« Il n’y a, déclarait le représentant officiel de la Chine, en 1893, au Parlement des Religions à
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