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courante, disent les Hindous, dans ce monde qui n’ait son origine dans le Mahabharata ». La place que les Puranas occupent maintenant dans la vie religieuse est tellement importante que les Hindous en parlent comme du cinquième Véda.
Pourtant le terme ne peut pas passer sans protestation. Les Puranas sont péniblement longs et ennuyeux. et les Tantras sont souvent grossièrement immoraux. La somme totale des vers dans les Puranas est de quatre cent mille, une réduction, dit-on, de quelques millions! Ils répètent, dilatent et systématisent diversement la cosmogonie, la mythologie et autres fables et traditions des épopées. Mais, tandis que le ton des anciennes légendes est grave, souvent majestueux, et la pensée des épisodes philosophiques fine et profonde, le ton des œuvres ultérieures est généralement puéril et quelquefois indécent.
Les seuls objets du culte dans les Puranas sont Vishnu et Siva, celui-ci représentant le principe de la grâce libre, celui-là le principe du mérite humain. La pensée fondamentale est toujours panthéiste « bien que la divinité particulière qui est toutes choses, de laquelle procèdent toutes choses et à laquelle toutes choses retournent, soit différente selon l’esprit sectaire de l’individu ».
Les adorateurs de Vishnu considèrent comme leur Bible spéciale le Vishnu Purana, avec toutes ses extravagances dans ses éloges de la foi en Vishnu. Quant aux adorateurs du Siva, leur Bible
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e qui c’est le Bhagavata Purana, et ils en tirent dans \ . La leurs prédications le salut par les œuvres et par à | dans la foi en Durga. Les deux sectes représentent \ A 1e les presque toute la pensée actuelle religieuse et la \ l Véda. vie de l’Hindouisme, et ils la montrent dans une (A otes- condition de déclin. L’Inde altend une nouvelle {if gs et naissance. Le professeur Wilson, parlant de la ‘A gros- constitution de la Société indienne d’aujourd’hui, 4 vers déclare que les dévotions, les cérémonies, les pèle- LA , une rinages, les pénitences, les contemplations abs- {A | Ils traites, ont une prépondérance excessive dans l’es- re | ment timation du peuple, même chez les plus instruits et | les. et les mieux informés entre eux, sur les devoirs de la | e ton | vie et les principes de la moralité. Quant aux cou- (| najes- ches inférieures de la population, elles descendent |‘ iques encore plus bas et trouvent un substitut tout pré- |}
es est paré pour parer aux inconvénients de toute res- \} treinte morale dans la ferveur de leur foi en (| | s sont Vishknu et dans la persévérance infatigable avec \| ncipe laquelle ils dressent un perroquet ou un sansonnet \ } érite à répéter ses noms, à articuler Krishna-Râdhà ou NE s pan- Sita-Râm. Sir Monier Williams croit que «le culte | | ui esl de Vishnu constitue jusqu'à nos jours le grand [l hoses principe conservateur de l’Hindouisme », mais il | diffé- ajoute : «Je crois en vérité que la religion du | | plus grand nombre des Hindous est simplement | mme de la démonolâtrie. Hommes et femmes de toutes À outes | les classes, excepté peut-être ceux que nous avons 1h oi en instruits nous-mêmes, sont sans cesse hantés de |
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suivis et persécutés non seulement par des démons destructeurs, mais par de méchants drôles et des lutins haineux. Telle est, dans mon opinion, la véritable explication du culte universel de Ganesa, chef des armées des démons ».
J'ai esquissé le développement de la religion des Indes et des livres dans lesquels sa vie religieuse a trouvé si rapidement son expression. Une telle esquisse, cependant, ne peut donner qu’une vue superficielle. Si nous pouvions regarder sous la surface nous trouverions tout le long du cours de l’histoire aux Indes, des sages, des saints et des hommes aux idées élevées, des poètes, des philosophes, des prêtres, des réformateurs et des dévots, mais, il faut aussi l’admettre, nous ne trouverions aucun être qu’on puisse présenter au monde entier comme le maitre du monde pour tous les temps, son modèle, son sauveur, comme médiateur auprès de Dieu et le représentant de la vraie vie de l’homme; pas un qui crie avec autorité à toutes les races : «Suivez-moi ». Pas un seul que nous puissions suivre! Nous trouvons des écrits qui prétendent à l’inspiration et la déclarent d’un ton plus absolu que ne le firent, pour la Bible, les théologiens ou les scholastiques suisses du XVITIne siècle. Ils dépassent en volume de beaucoup nos saints livres mais ils ne sont pas d’accord dans leur enseignement, au lieu de converger vers une vérité centrale rendant témoignage à quelqu'un qui réunit en lui-même toutes les or-
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donnances, toutes les prophéties. Nous y trouvons des miracles, mais séparés de l’ordre moral et de l’histoire du monde. Ni la pureté d’une noble personnalité, ni les grands faits de l’histoire ne leur sont garantis. Aujourd'hui point d’Hindou instruit qui ne se rie de ces miracles.
L’Hindouisme peut être considéré comme le vaste lit d’un fleuve dans lequel se seraient déversées toutes les différentes idées religieuses que l'esprit de l’homme peut élaborer. Nous ne saisirons bien cette vérité qu'après notre esquisse du Bouddhisme, lui aussi c5t un produit de l'Inde, quoique probablement étranger à l’esprit aryen. Mais, en attendant, rendons justice à l’Hindouisme. Il exprime de belles pensées sur la suprématie de l'intelligence, la nature immortelle de l’âme, l'attitude qui convient à l’homme en face de l’Etre suprême, l'importance de la méditation, de la prière et du sacrifice, la nécessité de l’incarnation et de la propitiation, de l’immolation du moi, de la foi et des bonnes œuvres. Dans presque chaque époque de son histoire il a enseigné des choses profondes sur l’état de péché et de faiblesse naturel à l’homme, sur la petitesse de la terre, la brièveté du temps et la grandeur de la perfection spirituelle. Il prononça des paroles consolantes sur la bonté de l’Etre suprême, sa sympathie à notre égard et son intervention en notre faveur. Il offrit des promesses d’un avenir meilleur qui, sans doute, réjouirent plus d’un cœur écrasé sous le poids de
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la vie ou par les contradictions de l’existence. Le peuple de l’Inde, néanmoins, ne trouva pas le vrai Dieu et, tandis que la promesse, pleine d’espérance que faisait naître sa religion au début, finit dans une idolâtrie avilissante, son histoire nationale postérieure présente le tableau d’une dégradation correspondante. Quand les envahisseurs mahométans fondirent sur l’Inde, l’Hindouisme ne put résister au choc, mais bien que le Mahométisme triomphe, il ne répondit pas aux besoins spirituels qui avaient essayé de se faire jour dans la religion des Indes. Le Christianisme peut-il répondre à ces aspirations ? Cela dépend de ses interprêtes, s'ils sont capables de donner au peuple ce qu’il cherche à travers les ténèbres et en tâtonnant depuis des siècles.
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