GRANDES RELIGIONS DU MONDE
Les autorités les plus reconnues s’accordent à déclarer « qu’il est légitime d’appeler religion dans le sens le plus général un phénomène universel de l’humanité » (Tiele). La religion est une spécialité de la race. Elle ne peut jaillir de sources extérieures pas plus que la pensée ou l’amour. Il existe des hommes destitués de religion comme il en est destitués d'intelligence et d’affection — tous ont droit à notre pitié comme y ont droit des sourds, des muets ou des aveugles — mais l'être humain à l’état normal est religieux. « L’athéisme n’est que l'effort de n’être pas athée » (Nitzsch).
La religion indique aussi ce qu’il y a de plus grand dans l’homme. Elle l’élève au-dessus des sens et le met en rapport d’une certaine manière avec l’univers ou avec l'infini et l'éternel dont il
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fait partie. « Tous les peuples savent. dit Hégel, que la conscience religieuse est le sanctuaire où ils possèdent la vérité et ils ont toujours considéré la religion comme le titre par excellence de leur dignité et le repos de leur vie.
Les religions du monde peuvent être classées en religions systématisées et en religions irrégulières. Celles-ci renferment toutes ces notions iaformes et incohérentes qui servent à expl'quer aux tribus sauvages les problèmes de la vie. Quelque étranges et horribles que soient souvent ces religions, elles indiquent la noblesse de l’homme, car elles trahissent ses efforts pour trouver Dieu. Comme l'écrit Vinet : « Chacun de ces cultes trompeurs est un cri douloureux de l’âme arrachée de son centre et séparée de son objet. » Mais quelque intéressants que soient ces tätonnements pour celui qui étudie l’humanité, ils ne seront bientôt plus que des défroques pour l’antiquaire, car aussi certainement que les premières lueurs de l’aube se dissipent aux clartés du soleil levant. ces rudiments disparaissent au contact d’une religion où tout se tient. Leurs fidèles jettent au loin les notions et les idoles difformes de leurs pères pour accepter d’autres croyances plus élevées de la vie, et alors même que la foi nouvelle ne serait qu’imparfaitement connue, l’ancienne, en tous cas, est écartée.
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fessées par des sociétés compactes d'hommes industrieux et intelligents. Elles sont identifiées dans l’affection de leurs fidèles à des noms vénérés, et toute insulte à ces noms ils la ressentent au même degré que nous quand on s’attaque à un prophète, à un apôtre des Hébreux et au Fondateur lui-même de notre foi.
Les plus grandes de ces religions existantes sont : le Mahométisme, l’Hindouisme, le Bouddhisme et le Confucianisme. Il est donc de la plus grande importance de traiter de ces religions. De fait elles se disputent le terrain avec le Christianisme. Elles ont tenu si longtemps la campagne et se sont si bien adaptées aux besoins de l’homme sur une vaste échelle, que si le Christianisme arrivait à absorber l’une d’elles et à en prendre la place. ce serait une preuve plus éclatante de sa supériorité que ne le fut son triomphe sur les religions de la Grèce et de Rome.
Comprenons clairement que toutes ces religions ont été des bénédictions pour les peuples au milieu desquels elles prirent naissance. Elles marquèrent un progrès dans leur histoire. Chacune possède un calendrier débordant de noms de saints et de martyrs. Cependant, en dépit de cette profusion, «il n’y a pas de juge, dit Max Müller (1), eût-il à sa barre le plus grand des criminels, qui le traitàt comme la plupart des historiens et des théo-
(1) Introduction Lo the Science of Religion, pp. 229, 258, 263.
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logiens ont traité les religions du monde. Point de religion (ou si elle existe je ne la connais pas), qui ne répèle : « Fais le bien, évite le mal ». Aucune qui ne contienne ce que le rabbin Hillel appelait « le quintessence de toutes les religions », ce simple mot: «sois bon, mon garçon ». Ajoutez-y la formule « pour l’amour de Dieu », dans laquelle nous avons presque « toute la loi et les prophètes. » Juger une religion par ses excroissances inévitables, c’est juger de la santé d'un peuple d’après le nombre de ses hôpitaux ou de sa moralité d’après celui de ses prisons. Voulonsnous bien juger d’une religion, essayons de l’étudier, autant que possible, dans l'esprit de son fondateur. Est-ce impossible, comme c’est trop souvent le cas, allons la trouver dans la solitude, près du lit d’un malade plutôt que dans les collèges des augures et dans les conciles des prétres. »
Assurément, c’est de ce point de vue légitime et même nécessaire que l’on doit considérer les religions. Ilest pourtant bien différent de celui qui prévalait eu Grande-Bretagne, par exemple, il y a plus d’un siècle. Alors un déisme creux considérait toutes les religions comme le produit de la politique des hommes d’état ou de la ruse des prêtres, opérant sur l’ignorance et la crédulité des masses, dans le but d’agir effectivement sur les mœurs ou d'acquérir des richesses et «d'arriver au pouvoir. Quand toutes les religions tombaient
ainsi, dans l’hypothèse, sous le mépris général, le seul objet de l’apologiste était de défendre le Christianisme et il était très disposé à jeter toutes les autres par dessus bord. On mit en relief des différences entre le Christianisme et les autres religions, et l’on pensa qu'il était aussi nécessaire de croire que les autres religions venaient du diable, que de croire que la nôtre est venue de Dieu. Carlyle n’exagéraiten rien quand il disait que « l'opinion générale, même en son temps, était que Mahomet, par exemple, était simplement un imposteur avec un plan, et sa religion un misérable tour de prestidigitation spirituelle ». Mais il existe aujourd’hui une philosopuie plus vraie, et lon comprend mieux les relations de l’homme avec un ordre moral universel. On admet que la religion ait à sa base la vérité des choses.
L'homme étant formé à l’inage de Dieu, la foi doit être le point culminant de son énergie spirituelle, la main dont il se sert pour saisir Dieu et s'élever au-dessus des limites du temps, des sens et de son propre égoïsme. L’apologiste remplit donc une fonction plus noble que celle de démontrer, comme le fit, en son temps, l’évêque Butler avec succès, que les mêmes difficultés existent dans le système de la nature que dans la religion. Il cherche plutôt à montrer que la religion offre une solution aux problèmes et aux difficultés de la nature. Son objet n’est pas de ravaler une religion quelconque ou de faire saillir les divergences en-
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tre les religions, mais de trouver les points de contact, de découvrir un besoin spirituel commun qu’un élément commun ne demande qu’à satisfaire.
Quand on se place à ce point de vue et que l’on considère toutes les religions comme des produits légitimes de cette foi à l’invisible reconnue comme partie essentielle de la constitution de l’homme, la tendance des généralisateurs empressés, est de prétendre que le Christianisme ne peut avoir de droit spécial et que les différences entre lui et d’autres religions sont purement accidentelles. C’est même, pense-t-on, un signe d’étroitesse et d’intolérance d’affirmer que le Christianisme est une religion distincte ayant sa racine non seulement dans la nature spirituelle de l’homme, mais aussi dans une révélation spéciale de Dieu, qui, lors de la chute de l’homme, se manifesta comme un Dieu de grâce. Le vrai moyen, cependant, de faire justice d’une critique de ce genre, n’est pas d’assumer une attitude pharisaïque vis-à-vis des autres religions, mais de se livrer à un examen approfondi ei impartial et de tout comparer. Nous croyons à la supériorité du Christianisme sur les autres religions, mais nous ne pouvons y croire avec intelligence qu'après comparaison. Ajoutons que c’est la première fois dans l’histoire du monde que nous pouvons entreprendre avec succès un tel examen. Aujourd’hui, il n’est point de grande religion dont nous ne puissions étudier le fond et la
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forme. La raison universelle et la science doivent servir de pierre de touche quant au contenu ou quant aux idées essentielles. Ici, la voie la plus sûre est la via media, la voie entre les deux extrêmes de ce qu’on peut appeler l’ultramontanisme et le rationalisme. Selon les ultramontains, la révélation est en opposition avec la raison et la raison doit se courber humblement et à toujours devant les divins oracles, sans avoir la prétention de les comprendre. D’après le rationalisme, la révélation n’est qu’une évolution naturelle de la raison, et Dieu n’a jamais donné une révélation spéciale. D’après la religion chrétienne, la révéiation est le complément de la raison. L'identité essentielle de la raison humaine, aussi loin que s’étend son empire, avec la raison divine est impliquée à toutes les pages de la Bible, et nous pouvons tracer dans une histoire (clef de l’histoire universelle), une révélation spéciale ou le dévoilement des profondeurs de la nature divine dans le but de venir en aide aux besoins les plus grands. Il faut que cette révélation ait pris les devants sur l’homme pour qu’ii soit capable d’en comprendre la raison d’être et quelles aptitudes elle possède pour devenir la religion du monde. Elle devient alors la pierre de touche sur laquelle nous pouvons éprouver d’autres religions. Voulonsnous savoir ce que d’elle-même la raison peut découvrir et ce qu’elle peut faire, en dehors de celte révélation spéciale, nous n’avons qu’à re-
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INTRODUCTION 19 monter jusqu'aux siècles qui ont précédé le Christianisme, jusqu’aux peuples en dehors de linfluence chrétienne et étudier leurs religions et leurs annales. 11 faut néanmoins apporter à cette étude un esprit simple, naturel et non hostile. On verra alors que la religion de l'Evangile est l’ami suprême de toutes les autres religions, qu’elle revendique le bien en elles et leurs aspirations après la lumière, qu’elle leur offre un élément de réconciliation, apportant à chacune ce qui lui manque et l’harmonie entre toutes. Telle sera sa plus noble apologie.
Le contenant aussi bien que le contenu des religions doit être soumis à une étude comparative ; leurs livres sacrés seront jugés d’après les lois de la science critique et leurs institutions, ainsi que les sociétés qui en sont l’incarnation, devront l’être aussi d’après des règles acceptées universellement. Dans cette étude de la forme nous devons accepter l’application des règles et des principes avec le même empressement, quand il s’agit du Christianisme, que dans le cas de toute autre religion. Les Saintes Ecritures, comme œuvre littéraire, ne peuvent échapper aux règles que nous appliquons au Koran, aux Védas, à la Tripitaka, au Shou ou au Shih-King. Du reste, le bien seul résultera d’une telle étude. L'objet de la critique c’est de conserver, non de détruire. Elle s’efforce de placer chaque livre devant nous dans la lumière qu'éclairait ceux pour lesquels il était écrit à l’o-
rigine. Elle cherche à distinguer entre les paroles originales des hommes inspirés et «les arrièrespensées, en général, les falsifications des âges suivants, » entre les paroles vivantes des prophètes et l’œuvre du compilateur et du scribe. De même le sens réel et la valeur des institutions ne peuvent être connus qu’en remontant à leur origine ; en effet, une civilisation ne peut être justement appréciée qu’en la comparant à d’autres, en reconnaissant franchement le milieu où elle existait et ses défauts, et en découvrant la loi qui a présidé à son développement.
A quel point de vue se sont placés les prophètes de l’Ancien Testament et Jésus auquel ces prophètes ont rendu témoignage, quand ils ont parlé des religions du monde? Point de question plus importante. En y répondant, gardons-nous de prononcer dans l'esprit des Juifs à l’égard des Gentils au temps de Jésus, car cet esprit était en npposition flagrante avec celui des prophètes dont les Ecritures renfermaient les paroles. Les Juifs euxmêmes n’auraient admis aucune opposition de ce genre. Naturellement, de savants rabbins pensaient qu'ils comprenaient leurs propres écritures, et l’idée que tel paysan ou tel charpentier de la Galilée les comprit mieux qu’eux ne servait qu’à exciter leurs moqueries. Ils connaissaient et aimaient la Loi et les Prophètes. Ils se glorifiaient de leur fidélité envers Moïse et de leur attachement à l’Ecriture et ils croyaient que c'était
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la position qu’avaient prise Jésus et Paul que l'Ecriture condamnait. Malheureusement, des chrétiens ont prétendu que cette interprétation de l’Ancien Testament était correcte et l’ont acceptée, ou bien ils ont condamné les Juifs et surtout les Scribes avec une sévérité excessive. Rappelonsnous que leur conduite était le résultat de conditions historiques qui remontaient à l’exil de Babylone et qu’en face de telles circonstances il faut user d’une grande indulgence.
Efforçons-nous de comprendre les conditions où était Israël, car comprendre c’est pardonner. Au cinquième siècle avant Christ des hommes d’un esprit prophétique virent qu’Israël était tombé pour n'avoir pas saisi la différence entre le caractère de Jéhovah et la nature des dieux des nations environnantes. Jéhovah était essentiellement la justice et la vérité. Les dieux des anciens étaient la reproduction ni plus ni moins sur une grande échelle des mauvaises passions de leurs adorateurs. Placer les deux, Jéhovah et les dieux, sur la même ligne et les adorer également, c'était méêler le vrai au faux. Grâce surlout à ce syncrétisme religieux, les Israélites étaient tombés moralement aussi bas que leurs voisins et même plus bas encore, car la forme la plus détestabie de la corruption, c’est la corruption du bien. Les prophètes de l’exil le virent et Esdras, le Scribe, aussi bien que son compagnon d'œuvre, Néhémie, le gouverneur civil comprit que le seul espoir de
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salut était d’isoler complétement Israël à son retour, au nom de la Loi, des peuples souillés qui l’entouraient. La conscience des tribus répondit à cet appel, et la Loi telle que nous l'avons dans la Pentateuque devint depuis ce moment-là la loi effective de l’église et l’étendard de la justice. Le temps exigeait cette politique, bien qu’il ne manquât pas d'hommes pour s’y opposer, comme contraire à l’esprit de l’alliance fondamentale conclue entre Jéhovah et Israël et à l’enseignement des saints prophètes. Chaque âge a pourtant son œuvre propre à faire et l’homme d’état est bien obligé d’accepter la position que réclame le temps où il vit.
Les événements tendaient à renforcer et à affiler la politique d’Esdras et de Néhémie de même au à accentuer l’opinion élevée qu’avaient conçue les Juifs de leur propre supériorité et de leurs privilèges comme le peuple élu de Jéhovah. La vérité de cette élection divine en vue du salut du monde, se pervertit et devint un mensonge, une élection de favoritisme qui se bornait aux Juifs seuls. L’espérance messianique fut avilie de la même manière. La terrible lutte machabéenne, au second siècle avant Christ, imprima le plus grand élan à cette mauvaise tendance. Il en résulta qu’une haine amère ou un mépris orgueilleux et outrecuidant des nations et de leurs religions, prit la place de l’esprit qui avait animé Abraham, Moïse et Esaïe. « Chiens d’incirconcis! Pécheurs
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L'enseignement et la conduite de Jésus furent une protestation énergique contre cet espritessentiellement irréligieux. Lui, le Messie, était le vrai successeur des anciens prophètes, celui qui accomplissait bien réellement leurs paroles, tout en s’élevant au-dessus du nationalisme dans lequel les meilleurs d’entre eux devaient nécessairement se mouvoir et qui leur coupait leurs ailes d’aigles. Jésus avait, mais dans une plus grande mesure, l'esprit d’Amos qui dit à Israël que Jehovah avait amené d’autres nations dans leur pays de la même manière qu'Il l’avait conduit lui-même hors d’Egypte ; qu’Il avait appelé les Philistins de Caphtor et les Syriens de Kir, et qu’Il jugerait Israël et Juda à cause de leurs péchés, d’après la même loi morale par laquelle Il jugeait les autres nations, avec celte différence que leur châtiment serait plus grand vu que leurs lumières avaient été plus grandes. Amos IX, 7.
Jésus avait, mais dans un sens plus élevé, l’esprit de Malachie, qui affirma l'égalité aux yeux de Dieu de tous les adorateurs sincères, et qui, voulant exprimer son mépris pour les offrandes souillées que lui marchandaiïient les Juifs, leur rappela que l’encens et une offrande pure étaient présentés à l’Eternel en dehors de l’enceinte juive,
« depuis le soleil levant jusqu’au soleil couchant, mon nom est grand parmi les Gentils, dit l'Eternel des armées.» Maiach. I, 11-14, Le langage de Jésus est péremptoire à l’endroit de tout culte honnête, plein d'une crainte révérentielle et d’une vraie moralité, offert à l'Eternel: «Je vous déclare, s'écrie-t-il, que plusieurs viendront de l’orient et de l'occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des Cieux. Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors. » Matt. VIII, 11, 12. Sa conduite à l'égard des Samaritains et des Gentils avec lesquels il vint en contact ainsi que la réception qu'il fit au centenier romain et à la femme païenne qu'il soumit à une si dure épreuve, doivent avoir blessé tous ceux qui croyaient que la vraie religion n'était que chez les Juifs. L’entendre dire qu'il avait trouvé une plus grande foi chez les paiens qu’en Israël doit avoir retenti comme un blasphème à des oreilles juives! Simple conséquence pourtant du principe fondamental que Dieu est un « esprit » d’où il suit que tous ceux qui adorent « en esprit et en vérité » adorent Dieu.
Les apôtres en vinrent à saisir graduellement leur position vis-à-vis d’autres races et d’autres religions, en se plaçant au point de vue de leur Maitre.
Quand Pierre entendit de la bouche de Corneille le récit candide de sa vision et qu’il regarda la face de cet homme de bien, soudain la lumière
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La conviction de cette même vérité fit de Paul le messager des païens et le modèle du missionnaire de tous les temps. Paul se fit Juif avec les Juifs, Grec avec les Grecs et barbare avec les barbares. Nous n’avons qu’à écouter ses paroles aux Lystriens et aux Athéniens, puis à comparer ses allocutions dans les synagogues, pour comprendre comme il s’adaptait pleinement aux besoins, à l’histoire et aux conditions religieuses du moment chez ceux auxquels il s'adressait ! Quelle attitude il prenait, comme il cherchait à gagner les âmes en suivant la ligne où la résistance était la moins grande, et en s’efforçant à amener les hommes au Sauveur! Il vit que l'Evangile avait renversé « le mur mitoyen » entre Israël et les païens et ouvert un temple universel ; et, tandis que d’autres, même d’entre les apôtres, auraient réduit l’église à n’être qu’une simpie secte juive, lui, dans l'esprit de Jésus, en fit la religion de l'humanité.