‹ Les grands architectes français de la RenaissanceChapitre 19 sur 25 · AU MOIS DE SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

AU MOIS DE SEPTEMBRE

marchés avaient été conclus en 1539, quant aux travaux de Saint-Germain, et le Si septembre 1541, quant à ceux du château de la Muette.

« ■ A Pierre Chambiges, maistre maçon pour tous les ouvrages de maçonnerie par luy faits et qu'il continue Taire ausdits bastimens et édifflees de Fontainebleau , Saint-Germain-en-Laye , par l'ordonnance de messieurs Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy, et Pbilbert Babou, seigneur de la Bourdaizièrc, donnée soubs leurs signets le dernier apvril 1541. • Comptes des bâtiment royaux, p. 154 et*».

* Il y avait, dans les charniers de l'église Saint-Paul , l'épi taphe d'une

Les armes des Chambiges , jointes aux inscriptions, étaient, suivant l'épitaphier de la Bibliothèque Impériale : d'azur, à un compas dor et deux croissants d'argent; une chèvre accroupie, d'or, mise en pointe '.

Mais, d'après l'épitaphier de l'Arsenal , peut-être plus exact, ces armes auraient été : d'azur, au compas d'argent, accompagné en chef, à dextre, d'une étoile d'or, à senestre, d'un croissant d'argent; et en pointe , d'un cerf d'or, couché sur une terrasse de sinople.

Catherine Cbambiche, morte le 9 juin 1567, et veuvo de sire Louis de Brûlé, bourgeois de Paris. En 1612, une Anne Sambiche était femme de Paul le Maire, contrôleur d'une des fermes du roi.

t Nous devons à l'obligeance de M. Jules Quicherat, le savant et judicieux éditeur du procès de Jeanne Darc , la première indication de ces épitaphes, qui ont été, depuis, publiées, avec quantité d'autres, par M. Paul I-acroix, dans la Revue universelle des Arts. (Année 1855, p. 201.) — Les armes des Chambiges ne prouvent point qu'ils fussent nobles. Au xvi- siècle, les bourgeois avaient pour la plupart un blason, et, même à la fin du règne de Louis XIV, chacun était libre d'adopter unécu.

Le troisième Chambiges, en comptant d'après les dates, est « Robert Sambiche ». II figure comme expert, «vec divers autres, dans un accord du 6 décembre 1564 , où il est simplement dit bourgeois de Paris 1 ; mais il est probable que, puisqu'on rappelait dans une réunion d'experts, il s'occupait également de construction.

Le quatrième Chambiges avait pour prénom Pierre comme le second , dont il était apparemment le fils. Sa femme s'appelait Marguerite do Saint-Quentin, et il possédait, provenant d'elle, deux propriétés rue Penescher (Saint-Pierre-Montmartre), comme il résulte du censier de l'Évôché pour l'année 1575 *, où sont deux articles ainsi conçus : « Pierre Sambiche , charpentier, pour une place et granche après ensuivant, tenant d'une part, etc. » — « Sur ledict chemyn Herbu, allant vers les ramparts neufs... Pierre Sambiche, à cause de Marguerite de Sainct-Quentin , sa femme, pour leur jardin ensuivant, qui fut M* Pierre de Sainct-Quentin"; tenant, etc.» Le Pierre Chambiges dont il est ici parlé, quoiqu'il soit énoncé charpentier, était infailliblement familier avec la construction en pierre, puisqu'il est dit «juré du

* Arcb. de l'Emp., carton S 61.

s Pierre de Saint-Quentin était un des entrepreneurs de la maçonnerie du Louvre, sous Henri II. Il y avait de fréquentes alliances entre les familles des artistes de ce temps.

Roy en l'office de maçonnerie » sur un registre de la Ville, aux dates du 25 février 1602 1 et du mois de mai 1599. A cette dernière époque, il fut chargé, avec son collègue François Petit, de visiter les travaux de restauration récemment faits à la porte Saint-Germain. Dans d'autres registres de la Ville, nous le retrouvons, avec la môme qualification de juré du roi en l'office de maçonnerie 4 , visitant les maisons du Petit-Pont en décembre 1602; choisi comme arbitre par les maîtres de l'Hôpital du Saint-Esprit, en juillet 1607; et nommé, une fois de plus, en mars 1608*. Le censier de l'Évêché pour 1613, dans sa première rédaction, mentionne encore Pierre Chambiges; mais son nom y a été raturé avant 1620, d'où il est à conclure qu'il mourut vers 1615. En 1615, Pierre Chambiges était indubitablement très-vieux, car il est le seul auquel on puisse attribuer la petite galerie du Louvre 4 , commencée en 1566 ou 1567. Le 27 mai 1568, il avait été parrain, à Écouen,

* Il fut convoqué ce jour-la à une réunion de jurés en l'office de maçonnerie, parmi lesquels se trouvait Robert Marquelct, qui, d'après une des épitaphes publiées par M. Paul Lacroix, mourut le 10 avril 1625, étant concierge et garde-meuble des Tuileries, comme Louis Métezeau.

t On la lui donne aussi dans le censier de 1603 (f° 113 v°).

3 Arch. de l'Emp., Reg. H 1791, I* 148 v et 794 i-.-H 1793, f- 75 r». — H 1794, f- 839 r° et 817 v°. — H 1795 t f° 11 r».

4 Dans la Description historique du Louvre, ouvrage qui, bien que consulté sans cesse, est de la plus insigne faiblesse, M de Clarac donne (p. 550) à l'architecte de la petile galerie le prénom de Jean; mais c'est & tout hasard, car il déclare lui-même ne connaître Chambiges que par le témoignage de Sauvai, et celui-ci n'indique aucun prénom.

d'un enfant de Jean Bullant, auquel il donna son prénom de Pierre 1 . Sa signature, dont voici le fac-similé y se trouve sur cette soumission de travaux pour le tombeau des Valois, à laquelle il prit part le 14 mars 1582.

Le dernier desChambiges, suivant Tordre chronologique , est aussi le dernier dont nous avons appris l'existence. Dans un registre des archives de l'église Saint-Pierre-des-Arcis, en la Cité, nous lisons, à la date du 23 février 1615 : « Messieurs Sambiche et Desnots, ou deux autres jurés-maçons, seront priés eux transporter en l'église, pour veoir et visiter le cintre de la voûte qui est sur les fonds , ensemble le pignon qui est sur la ruelle Sainct-Barthélemy, et donner advis de Testât de ladicte maçonnerie , et combien elle peut subsister sans péril'. » On voit de plus, dans le registre, que le même Ghambiges assistait d'habitude aux

i Conf. l'article de M. de Montaiglon , auquel nous renvoyons dans la notice suivante.

t Arch. de l'Emp., Rcg. LL 912, p. 3.

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