GRANDS
assemblées du conseil de la fabrique, et en signait les résolutions. Enfin , au commencement du volume, est une liste des marguilliers et anciens paroissiens de l'église, qui comprend cette note : «Lois 1 Chambige, défunct 1619 ».
» Dans sa signature, qui ne nous a pas paru mériter d'être reproduite, le C initial est en effet lie avec un L.
couen est probablement la patrie de Jean Bullant, qui naquit on ne sait au juste à quelle date, mais, suivant toutes les présomptions, vers 1515. De même que De L'Orme, et aussi d'après son propre témoignage , il alla en Italie étudier les monuments antiques 1 . 11 ne dit point, du reste, le temps où il s'y rendit; on peut croire qu'il y fut envoyé dans sa jeunesse" par le connétable Anne de Montmo-
i II dit dans sa Règle d'architecture : cinq manières do colonnes. . . . que j'ay mesurées a l'antique, dedans Rome. »
* M. A. de Montaiglon , dans un article que nous citerons de nouveau plus loin, fait, au sujet du voyage de Bullant, les observations que voici : « .... Une question intéressante serait de savoir précisément s'il (le
rency, dont il demeura toujours l'architecte ordinaire*. C'est à son service qu'il débuta, ou du moins qu'il nous parait avoir débuté dans la carrière où il a laissé un nom célèbre. Retiré à Écouen pendant sa disgrâce, de 1541 à 1547, Montmorency eut l'idée de faire rebâtir son château», et en confia la reconstruction à Bullant, dont cette circonstance commença la réputation. Redevenu
voyage) est antérieur ou postérieur à la construction d'Écouen. A voir la simplicité et la qualité française de calme et de sobriété qui caractérisent l'inspiration d'Écouen, Ton croirait d'abord que Bullant n'a fait son voyage qu'après avoir terminé son œuvre. . . . Mais un détail s'y oppose, c'est, dans les chapiteaux du grand portique d'un des cotés intérieurs, l'imitation flagrante de ceux des colonnes du temple de Jupiter Stator, à Rome. H. Baltard père , dans son bel ouvrage , Paris et ses environs, l'a reconnu à juste titre, sans remarquer ce fait que c'est un des chapiteaux antiques dont il donne la mesure (dans son principal ouvrage) comme prise par lui-même. Cette coïncidence, qui, dans le xvn* siècle, n'aurait aucune portée , est bien autrement frappante quand il s'agit de la première moitié du xvi*, époque à laquelle les livres d'architecture sur Rome no donnaient, comme gravure, rien d'assez précis pour pouvoir servir à la construction , et à laquelle aussi il y avait encore trop peu d'artistes ayant fait le voyage d'Italie pour que des dessins semblables, avec les détails et les mesures, fussent communs. Ce doit donc être à ses propres renseignements que Bullant dut de pouvoir imiter ce beau chapiteau. Par suite, il a été en Italie avant de construire Écouen. »
* Dans la dédicace de son second ouvrage, Bullant dit à François de Montmorency : « Monseigneur le Connestable , vostre très-cher et très- ' honoré père, décoré de toute vertu ; lequel m'a tousjours occupé et entre-
tenu aux œuvres do son chasteau d'Escouen , afin de ne me consommer en oysiveté, d'autant que la pluspart du temps me restoit sans autre occupation. • C'est à Écouen que Bullant résidait d'habitude.
t Des vitraux et des carreaux ématllés du château portaient la date do 1549. — L'édifice sert actuellement de maison d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'honneur ; il est dans un bon état de conservation, et, malgré quelques mutilations, c'est un des manoirs les plus complets, de l'époque, qu'on puisse voir en France.
influent sous Henri H, le connétable put recommander son protégé à la bienveillance royale j aussi retrouve-t-on , quelques années plus tard , Bullant revêtu des fonctions importantes de contrôleur des bâtiments de la couronne, qui lui furent données par lettres patentes délivrées à Saint-Germain, le 25 octobre 1557. Le 8 juin 1559, il reçut la mission de visiter ces bâtiments; mais, dès le mois de janvier suivant , il était remplacé dans sa charge par le nommé François Sannat 1 . Il avait donc été atteint d'une disgrâce analogue à celle qui frappa De l'Orme immédiatement après la mort de Henri II , et forcé pareillement de se retirer devant une des créatures de Catherine de Médicis, dont il était destiné à être, un jour, l'architecte officiel.
Ce que Bullant Gt en matière de construction de 1559 à 1570, on ne le voit guère. Le passage d'un de ses livres , que nous venons de citer en renvoi, laisse supposer qu'il n'eut alors que fort peu d'occupation, et que le désœuvrement lui inspira le projet des deux ouvrages qu'il a publiés. Le plus ancien , de format in-4° et illustré de nom-
* Comptes des bâtiment royaux, pp. 330, 331 et 340. — La charge de contrôleur des bâtiments royaux , dans laquelle Bullant avait succédé au vieux Pierre des Hostels , rapportait 1,200 livres par an ; mais Bullant ne touchait qu'une moitié de cette somme , l'autre moitié ayant été allouée à Jean de l'Orme, ainsi que nous avons eu l'occasion de le dire.
breuses gravures sur bois , se compose de deux parties ; la première a paru sous ce titre :