PRÉFACE. IX
la Révolution a causé la perte des comptes des communautés religieuses de Paris, et ceux des constructions privées ne se conservaient point, de sorte que les sources vives sont taries, et qu'il est devenu impossible d'y puiser abondamment. D'autres subsistent, sans doute, qu'on aurait tort de dédaigner : les registres des paroisses , les titres de propriété , les actes de procédure et les pièces innumérables qui, réunies sous des rubriques le plus souvent insignifiantes, gisent dans la poussière des bibliothèques publiques, contiennent infailliblement plus d'un renseignement curieux, destiné à être exhumé tôt ou tard; mais il n'y a là qu'à glaner, et, à moins que la fortune, qui domine tout dans le monde, ne vous favorise d'une façon exceptionnelle, le fruit de vos recherches sera, dans f immense majorité des cas, absolument hors de proportion avec le temps qu'elles vous auront coûté. En province, où les archives n'ont point été partout ravagées comme dans la capitale, il y a lieu de compter sur des découvertes plus imprévues; en revanche, elles ne concerneront que des hommes dont la notoriété ne sera jamais populaire, alors même qu'elle mériterait de l'être autant qu'aucune : Martin Chambiges, l'architecte de la cathédrale de Beauvais , et Pierre Trinqueau, l'architecte de Chambord, n'étaient, certes, pas inférieurs en génie à P. Lescot et à Ph. de l'Orme; on a élevé des statues à ceux-ci; combien de gens connaissent le nom des premiers?
Pour cette histoire du vieux Paris, qui a déjà absorbé plus du quart de notre existence, ayant été