‹ Les grands architectes français de la Renaissance: P. Lescot, Ph. de l'OrmeChapitre 15 sur 25 · AVEC PRIVILEGE DV BOT · texte numérisé non relu

AVEC PRIVILEGE DV BOT

En 1626, il en a été fait chez Régnault Chaudières , rue Saint-Jacques , à l'Escu de Florence %

i « Ainsi que nous le voyons en ceste présente année 1565. » Arch., f°27.

* Quelques exemplaires portent la date de 1568.

8 Cette maison était la deuxième avant celle qui faisait le coin septentrional de la rue Saint-Jean-de-Latran. Elle avait pour enseigne l'Escu de Florence, en 4585, et nous lui avons trouvé celle de l'Escu de Bretaigne dès 4301. Elle tenait, à droite, à la maison du Moulinet (1314), depuis de la Belle Image ou de l'Image Notre-Dame (4450) ; et, a gauche , à la maison des Quatre Elément (4572), dont elle était séparée, à l'étage inférieur, par une petite nielle. Elle a été récemment démolie. (Voir la XIV* feuille de notre plan restitué du vieux Paris, auquel nous avons précédemment renvoyé.) Quant à la maison du Franc Meurier, où fut imprimé le premier ouvrage de De l'Orme , elle avait pour enseigne,

une seconde édition, à laquelle onl été ajoutés les deux livres des Nouvelles Inventions. Une autre, absolument semblable, a encore été publiée à Rouen, en 1648, par le libraire David Ferrand « tenant sa boutique au bout de la rue du Bec , près le palais ».

Le premier volume de l'Architecture, qui commence par une épître dédicatoire à la reine mère, et par une épître aux lecteurs, renferme un grand nombre de gravures sur bois très-curieuses, parmi lesquelles un bon portrait de Fauteur, et se divise en neuf livres. Dans le premier, après quelques généralités, il est parlé des matériaux ; dans le second, il est question des fondations ; le troisième et le quatrième sont consacrés à la coupe des pierres ; les cinquième, sixième, septième et huitième > aux ordres et à leur agencement ; et le neuvième , à la construction des cheminées. Des détails sur les ordres se trouvant dans plusieurs ouvrages contemporains , par exemple dans ceux de Bullant et de Jean Martin , ce qui offre le plus d'intérêt dans celui de De l'Orme , et vraisemblablement ce qui fut le plus utile lors de son apparition, ce sont les deux livres où il est traité de la coupe des pierres. A la fin du moyen âge on avait

eu l&il, les Ciseaulx d'Or, et, un peu auparavant, c'étaient les Petites Escoles de Décret; elle tenait, à droite, à la maison de VYmage Saint Michel (153Q), à gauche, à celle du Cadran (1541), et se trouvait en face de cette grange de Saint-Jean-de-Latran, qu'on a démolie récemment. Elle porte aujourd'hui le n° 25.

poussé fort loin l'entente de la stéréotomie ; mais la connaissance de ses principes, loin d'être l'objet d'un enseignement public, restait le privilège d'un ! petit nombre de constructeurs qui n'y voulaient ini- I tier que leurs apprentis.il est aussi à supposer qu'à cette époque les procédés en usage gardaient/ dans leur allure , quelque chose du mystère dont on les avait longtemps entourés. De l'Orme, adaptant ses épures aux besoins de l'architecture antique renouvelée, s'efforça de communiquer à ses tracés une forme en même temps scientifique et simple, qui garantît l'exactitude du résultat et permit à sa méthode de se répandre 1 . Si, malgré l'étude approfondie qu'il fit des mathématiques et les leçons du fameux Oronce Finée, il n'a pu échapper à quelques erreurs de détails , que ses successeurs ont relevées , il a atteint parfaitement son but principal ; et à lui exclusivement revient < la gloire d'avoir, le premier, popularisé la stéréotomie, dont son livre a été, pendant près d'un siècle, le meilleur et presque l'unique traité. Nous le répétons , les progrès que De l'Orme a fait faire

i On doit aussi à De l'Orme la découverte du procédé au moyen duquel les anciens traçaient les volutes. « H me souvient, dit-il, d'avoir veu un d'iceux (chapiteaux ioniques de l'église de Sainte-Marie-de- Transtévère, à Rome) qui n'avoit esté achevé, une face qui n'est que équarrie, ayant audessus des volutes (au droit de l'œil) les centres à mettre le compas pour faire la circonférence de la volute. . . Du temps que j'étois à Rome (il y a trente ans) je monstray ladicte façon à plusieurs qui pour lors l'ignoroient, et les adverty où je Pavois trouvée et mesurée. Si depuis quelques uns Pont faicte imprimer et s'en attribuent l'invention ils y peuvent. » Arch, % f° 162 v°.

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dans l'art de bâtir, dont il ne dédaignait aucune > branche , sont, mieux encore que son talent artistique, la véritable base de son immense renommée.

La grande œuvre didactique de De l'Orme, œuvre qu'il ne convient déjuger qu'en se reportant au temps où elle fut entreprise, lui tenait si évidemment au cœur que la mort seule a pu en empêcher l'entier achèvement. L'époque à laquelle le grand architecte mourut est mal connue. Plusieurs biographes, entre autres le plus récent de tous, M. Passeron, assurent que cet événement eut lieu en 1577, et Callet va môme jusqu'à désigner le jour, qui serait le 30 mai. Pour avoir la certitude que De l'Orme n'a point vécu si tard, il suffisait d'être familier avec le grand ouvrage de Du Cerceau, dont le premier volume, paru en 1576, contient une notice sur le château de la Muette, où il est question de « feu Philibert De l'Orme , architecte ». Il était moins aisé de préciser la vérité. Dans ses excellentes études sur la Renaissance des arts à la cour de France^ M. de Laborde, citant un compte de 1568, où il est fait mention de « deffunct messire Philbert de Lorme » en a tiré cette conséquence que l'année 1568 était celle de sa mort 1 . Rien ne semble plus rigoureusement logique qu'une pareille, déduction , et elle nous inspi-

i T. !•*, & part., p. 1072.

rait autant de confiance qu'à personne , lorsque nous avons lu, en deux passages du Gallia 1 , que De l'Orme n'était mort qu'en 1570. Cette contradiction entre des autorités également recommandâmes nous a poussé à de nouvelles recherches dont le résultat a été la preuve que le compte de 1568 fut, contrairement aux probabilités, rédigé postérieurement à 1569, et que de là est venue l'épithète de « deffunct » appliquée à De l'Orme, et qui devait infailliblement amener une méprise. Un des registres capitulaires de Notre-Dame nous a effectivement appris que De l'Orme mourut à Paris , dans sa maison du cloître*, le dimanche 8 janvier 1570, vers sept heures du soir ; puis que, en conformité avec le désir manifesté dans son testament, le chapitre décida qu'on procéderait à ses funérailles avec les cérémonies usitées aux obsèques d'un chanoine, et qu'il serait inhumé dans la nef ou dans toute autre partie de la cathédrale que ses exécuteurs testamentaires jugeraient convenable 3 . A la suite de cette résolution, nous avons

i Vol. VIT, col. 1119, et vol. IX, col. 1073.

s Nous n'avons point essayé de déterminer quelle était celle des maisons du cloître Notre-Dame qu'occupait De l'Orme , parce que, les anciennes maisons du cloître n'ayant point eu d'enseigne , il est devenu impossible pour nous d'appliquer les titres qui s'y rapportent.

s « Lune, nona Januarii 4570. . . Viso Codicillo testamenti defuncti Domini Reverendi Philiberti de Lorme dum viveret, canonici parisiensis, abbatis sancti Eligii Novionis et sancti Eligii Ândegavensis, heri, hora septima, sero, aut eo circa, in sua domo claustrait, proutper hodie Dominis relatum decessi } cujus anima requiescat in pace , amen;

trouvé, dans le registre, la recommandation adressée au chanoine DeBréda, un des exécuteurs testamentaires, de veiller, suivant la requête du procureur de la reine mère, à la conservation de certains plans et modèles qui étaient restés en les mains de De l'Orme. Les plans dont on redoutait la perte étaient apparemment ceux des Tuileries ou du château de Saint-Maur. Dans ce dernier édifice De l'Orme avait des meubles à l'inventaire desquels assista un représentant du chapitre, afin de sauvegarder les intérêts des héritiers Du Bellay.

Philibert de l'Orme avait un frère dont le prénom était Jean, qui, comme lui, s'occupait de construction, mais sur lequel on a fort peu de renseignements. Le 24 février 1552, étant alors maître général des œuvres de maçonnerie du roi, par lettres patentes données a Saint-Germain en Laye, il fut remplacé dans cette charge, à laquelle il avait été nommé « naguères » , en succédant à Gilles le Breton. Pour le moment, il se trouvait en Italie , où il avait été envoyé avec le seigneur de Termes , lieutenant général en ce pays , afin d'y « faire le service du fait des fortiflîcations des

ordinatum est juxta dictum testamentum, corpus dicti defuncti inhumari in Ecclesia parisiensi, cum solemnitatibus assuetis pro canonico parisiensi decesso, loco ab eiecutoribus dicti testamenti eligendo in navi aut alio commodiori, prout viderint, ac die crastina dici Vigilias; die veto Mercurii proxima, présente corpore, missam et funeralia celebrari y ac propter recipi centum scuta ab colegata. » Arch. de l'Erap., Reg.'LL 260, p. 378.

places fortes ». Les comptes de 1558 énoncent « Maistre Jean de l'Orme, escuyer, sieur de Saint- Germain, commissaire député par le roy sur le fait de ses édiffices et bastimens », et lui attribuent 600 livres de gages par an. Ces 600 livres avaient été « éclipsez de 1,200 livres de gages appartenais à Jean Bullant », d'après les termes de lettres patentes données à Blois, le 16 janvier 1559 (1560), où il est exprimé de plus que « en faveur de Maistre Philbert de Lorme, abbé dTvry, ayant lors la charge de superintendant sur tous et chascuns lesdits bastimens » (royaux) , le roi Henri II avait donné les 600 livres d'honoraires « à Jean de Lorme, frère dudit abbé d'Ivry, pour ordonner, en son absence , desdits bastimens ». Dans les lettres patentes de février 1564 (n. s.), relatives à la démolition de l'hôtel des Tournelles, il figure aussj avec son ancien titre de mattre général des œuvres de maçonnerie du roi, et comme commis à la mission de mesurer les terrains à vendre. En 1565 c'était , au contraire , l'abbé de Saint-Sçrge à qui était dévolue la tâche de contrôler les adjudications, suivant des lettres patentes du 15 mai citées par Félibien dans son Histoire de Paris. Quant aux cinq neveux de De l'Orme, nous ignorons quelle fut leur destinée : mais aucun d'eux ne semble s'être élevé au-dessus de la médiocrité.

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