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CHŒUR
Quid sum miser tunc dicturus ?
Marguerite tombe évanouie.
Cette scène est d’un immense effet dans l’opéra de Gounod, mais je la trouve également belle dans le drame.
La scène qui suit est un hors-d'œuvre plus énigmatique encore que les autres, et dans lequel les enthousiastes de Gœthe cherchent en vain un sens sublime. C'est la nuif du sabbat.
Entre autres idées originales et plus ou moins
justes, j'y relève ces chœurs de sorcières :
Vrais escargots nous marchons mal ; Les femmes ont sur nous l’avance ; Car s'agit-il de tendre au mal,
La femme a mille pas d'avance,
Oui, votre calcul est bon ;
Femme, il est vrai, le fait en mille ; Mais en quoi l’homme est plus agile, C'est qu'il le fait, lui, d’un seul bond.
La seule raison plausible de ce sabbat, est de distraire Faust, de l'éloigner du théâtre des
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crimes qu'il vient de commettre et de l’empêcher d'avoir des remords.
Mais le remords le poursuit tout de même, et sa conscience bourrelée le ramène aux lieux qu'habite Marguerite, et jusqu'à la prison où l'infortunée victime est devenue folle de douleur.
C'est elle surtout que le remords agite et torture. Elle a constamment sous les yeux les effroyables malheurs que sa coupable faiblesse a causés, Ses angoisses ont égaré sa raison, et son esprit halluciné voit surgir partout les fantômes de ses victimes, sa mère, son frère, son enfant !
Cette dernière scène de la prison est une des plus dramatiques qui existent au théâtre.
Dans le drame elle est poignante ; dans l'opéra elle est sublime.
Je ne sais rien de plus élevé et de plus touchant à la fois que l’admirable trio qui termine l’œuvre du grand compositeur français. Pendant que Faust, en proie à sa terrible destinée, essaie en vain d'entraîner encore une fois à sa suite, sa
ï | malheureuse victime, pendant que Méphisto- | phélès les presse tous deux de le suivre, avec | M des accents qui révèlent sa puissance terrifiante, Marguerite ne songe qu’à obtenir son pardon de Dieu.
Sa voix pure, limpide, forte et perçante, domine la voix de Faust, celle de Méphistophélès et le bruit infernal des instruments. Son appel | Le suprême :
Anges purs, anges radieux, Portez mon âme au sein des cieux,
ù est entendu des Chérubins. C'est le cri le plus déchirant qu’une voix humaine puisse jeter vers “e le ciel pour implorer sa miséricorde.
Les anges reconnaissent cette voix que la douleur a purifiée, et descendant au-devant de ji l'âme de Marguerite, ils l’emportent vers Dieu. dE Mais que devient Faust? Quel est finalement FE son sort ?
4 Il semble que ce soit le nœud du drame, et: d. cependant ce nœud n'est pas, dénoué par le poète. Etrange lacune ! Gœthe ne répond pas
pas
à cette question capitale. Il pose le problème, et il n’en donne pas la solution. Il propose l'énigme à l’auditoire, et :! le congédie sans lui en donner le mot, .
Je parle ici du pre. .er Faust. ie seul que l’on joue, et le seul qui puisse tre joué. Car le second Faust est pas un drame, ni un poème épique, ni une comédie, mn un poème lyrique, Il n'appartient à aucun genre littéraire connu. D'ailleurs les trois quarts en sont inintelligibles, et semblent être le produit d’un cerveau en délire.
Donc, on peut dire que le drame fameux dont on a fait tant d'éloges n’a pas de dénouement, et c’est la plus grande faute, au point de vue de l’art, qu’un poète puisse commettre.
On l’a si bien compris en Italie que le grand compositeur Boïîto n’a pas voulu terminer à la mort de Marguerite son magnifique opéra, Wé- Phistophélès. IL y a ajouté un épilogue, intitulé da mort de Faust, dans lequel l'artiste italien place l'Evangile daris la main de Faust et lui
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