‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 39 sur 96 · HER · texte numérisé non relu

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être soumis ont aussi ce double caractère de chaleur et de froideur. Elles assaillent l’homme de deux manières diamétralement opposées : par la jouissance, qui produit l'effet du feu, et par la souffrance, qui éprouve comme le froid. Dans le plaisir l’homme s’amollit et perd toute force de résistance ; dans le malheur il se raidit contre son sort et se brise contre la justice divine.

L'auteur de l’Zmifation veut sans doute exprimer la même idée quand il dit qu'il J'œut passer par le feu et par l'eau, c'est-à-dire par les extrêmes opposés, la joie et la douleur.

Ces deux genres opposés de tentations sont terribles.

Mais il me semble que le plaisir est bien plus dangereux que la douleur, et je ne comprends pas que Faust puisse être sauvé par les procédés du poète allemand pour le faire arriver au ciel, et par les chemins qu’il lui fait suivre; il faut que le poète méconnaisse absolument la nature de l'homme et celle de Dieu.

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En Angleterre et en Espagne, on a mieux compris les principes de la morale éternelle, et l’on n’est pas tombé dans l'erreur capitale du poète allemand.

Voyez comment finit le Faust de Marlowe.

Lui aussi il a fait le rêve éclatant d'un bonheur complet, d’un bonheur qui'soit la résultante de tous les éléments de jouissance en ce monde, et Méphistophélès s'est mis à sa disposition pour satisfaire tous ses désirs, en même temps que Faust lui abandonne son âme en s’écriant : ‘Si j'avais autant d’âmes qu'il y a d'étoiles, je les donnerais toutes | ”

Alers il se donne libre carrière; par la puissance cle Satan, il se promène invisible à travers le mozrie ; il veut tout connaître et tout posséder, tous les plaisirs sont mis à sa portée, et, comme un enfant gâté, il n'a. qu’à étendre les mains pour les saisir. Il sait les secrets de la science, et il lui suffit de vouloir pour se procurer de l'or et des voluptés.

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Un jour sa fantaisie va jusqu'à lui inspirer un vou qu'il formule ainsi : ‘“ Oh ! si je pouvais voir l'enfer et revenir, comme je serais heureux |!”

Mais il prétend qu'il n'y pas d'enfer, que ce sont là des contes de vieilles femmes.

Cependant cette idée l’obsède, elle le tourmente, et finit par éveiller le remords. Alors il songe à se repentir, mais il sent en même temps qu’il en est incapable.

L'épouvante le saisit, quand il voit approcher l'heure où Méphistophélès va prendre possession de son âme, et dans une exaltation tumultueuse, pendant laquelle les sentiments les plus contradicioires s’entrechoquent dans son esprit, il dit :

‘ Je renoncerai à cette magie, je me repentirai. —Mon cœur est trop endurci, je ne peux

pas me repentir.—A peine puis-je nommer le

salut, la foi ou le ciel, que des échos terribles

tonnent à mon oreille :—‘* Faust, tu es damné !”

—Puis, des épées, du poison, des fusils, des

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