GŒTHE 229 ÉRTEORE PAR UP NE
-Oh ! profondeurs de la forêt. “ Signez ce contrat, dit mon le démon, je vous la donnerai.” d’eau Cypriano (c'est le nom du Faust espagnol) la re-
accepte et signe.
Alors le démon va planer sur la maison et les jardins habités par Justina, et il évoque les esprits infernaux qui doivent l'aider dans son œuvre: ‘ Abîme infernal, abîime de désespoir qui
ndoewt désespères de toi-même, que les esprits de t plus volupté s’éveillent et s'élancent pour assaillir et à abattre la vertu virginale de Justina............….. ns avide Que dans une harmonie entrainante tout l'in- à ou de vite à l'amour, et les oiseaux, et les cieux, et les 4 fleurs. Que ses yeux ne voient rien qui ne soit al femme douce amorce de volupté, que ses oreilles n’en- a un S 4 tendent rien qui ne soit gémissement d'amour.” f n A ce moment, la clarté du ciel devient plus ie
noble ÿ pure, les fleurs s’épanouissent sur leurs tiges,
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un souffle suave et brûlant parcourt les bocages, et parmi les roses et les bosquets de lauriers, un concert de théorbes et de flûtes se fait enten- si dre. Justina est à son balcon, et elle écoute, .
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surprise et rav'e, une voix qui chante : ‘“ Où la flamme de l’amour ne pénètre-t-elle pas ? où est la vie, si ce n’est dans l’amour ? il circule dans le rameau ; il vit dans l'oiseau et dans la fleur, il est la seule gloire et la seule vie.”
La périlleuse rêverie se prolonge, et finalement Justina se demande, en soupirant, ce qu'est devenu et comment elle pourrait revoir ce Cypriano qu’elle n’a fait qu'entrevoir, et qu'elle a repoussé.
Un vieillard se présente immédiatement à elle, et lui offre de la conduire vers Cypriano. C'est le démon. Mais, malgré tous les efforts de Satan, elle le repousse. Ce premier échec ne le décourage pas, et le jour vient où Justina consent à suivre Cypriano dans une solitude champêtre. Mais au moment où Cypriano va l’étreindre dans
.ses bras, sa mantille tombe, et c’est un squelette qui paraît à la place de la jeune fille. En même temps des voix lointaines murmurent dans les feuillages : ‘Ainsi s’en vont les voluptés terrestres.”?
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Le démon vient alors réclamer de Cypriano le prix du pacte conclu. Mais Cypriano lui résiste, et après l'avoir forcé à confesser la souveraineté divine, il invoque Dieu, lui demande pardon de ses fautes, et Satan est mis en fuite.
On reconnaît dans ce drame la filiation qui le rattache aux wystères du moyen âge. La donnée en est symbolique, théologique, et répond aux croyances éminemment catholiques de l’époque de Calderon.
Revenons maintenant, pour finir, au Faust de Gœæthe, qui offre de si grands contrastes avec ceux de Marlowe et de Calderon ; et résumons notre étude sur le grand poète allemand, au point de vue de ses croyances.
Gœthe a-t-il jamais cru à quelque chose ? C’est difficile à dire après l'avoir lu. Peut-être n’a-t-il cruà rien. Peut-être a-t-il eu autant de croyances que de jours dans sa vie. Il a remué beaucoup d'idées, exposé beaucoup de doctrines: il ne s'est arrêté à aucune.
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232 LES GRANDS DRAMES Toutes les croyances peuvent invoquer son autorité, soit pour confirmer leurs prosélytes, soit pour combattre leurs adversaires ; et ses contradictions se retrouvent dans toutes ses œuvres,
Tantôt il écrit comme un catholique, tantôt comme un protestant, plus loin comme un incrédule. Ici c’est le déiste qui parle, là c’est le panthéiste, à la page suivante c’est le libre penseur, ailleurs c’est un spirite.
Quand vous vous arrêtez devant un grand homme, et que vous avez soigneusement étudié sa vie et ses œuvres (car la vie explique les œuvres), il est bien rare que vous ne puissiez pas embrasser tout l’homme et résumer la somme de ses idées,
Mais Gœthe échappe à cette synthèse, parce que son œuvre collective manque absolument d'unité.
Ses admirateurs veulent qu'il ait élevé un monument étonnant et admirable. Un monument, oui ; étonnant, je le veux bien; mais admirable, non.
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Sans doute il entre dans ce monument des pierres de grand prix, des ma‘bres bien taillés, des statues qui rappellent l’art antique ; mais tout l'édifice a été construit sans plan général, sans vue d'ensemble, sans harmonie, sans unité, avec des matériaux disparates, entassés dans la plus étrange confusion. C’est la tour de Babel.
Cela s'explique quand on se rappelle que Gœthe n’a eu que des passions au lieu de croyances.
‘ Je me suis fait une religion à mon usage,” dit Gœthe dans ses Mémoires.
Ce mot révèle l’homme. Aucune religion existante ne lui convenait. Il en fait une nouvelle, mais avec cet égoïsme qui a été le caractère dominant de sa vie, il ne la fait pas pour l’humanité, mais pour lui seul.
Sa religion, d’ailleurs, n’était pas compliquée : il adorait Jupiter, dont le buste se dressait près de son lit, et. l'Æfernel féminin !
Les sauvages se font aussi des religions à leur usage, et l’Iroquois vénérant son manitou me
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