‹ Les grands drames [microforme]Chapitre 43 sur 96 · A AMIS ER ARE ; PARA AT · texte numérisé non relu

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semble moins ridicule que Gœthe faisant sa

. prière du matin devant la statue de Jupiter.

En réalité, il s’adorait lui-même, et il regardait défiler devant lui les hommes et les choses avec une indifférence feinte qu’il s’efforçait de rendre absolue, mais qui ne devint absolue qu'en matière de morale.

Au reste il a confessé lui-même son colossal orgueil: “ Je voudrais ne rester inférieur en rien aux plus grands hommes,” a-t-il écrit.

Cette ambition exagérée n’a été justifiée ni par son génie, ni par ses œuvres. La lumière de la foi a manqué à son génie, et ses œuvres prêchent l'erreur avec autant de soin que la vérité. L'une et l’autre n’ont excité que son indifférence, et même son mépris. Il est d’une incrédulité froide, et la passion même de l'Art, telle que la sentaient en eux Byron et Musset, n’a pas trouvé place en lui.

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En commençant ces esquisses dramatiques, nous n’avions pas l'intention de nous arrêter aux deux grands classiques du dix-septième siècle, Corneille et Racine, et c’est pourquoi nous avons passé de Shakespeare à Gœthe.

Mais nous nous sommes ravisé depuis, et, ù toutes réflexions faites, nous revenons sur nos pas dans l’ordre chronologique. Dir:

Nous nous disions : Corneille et Racine sont 1 entre les mains de tout le monde, et tout le monde les a lus.

Mais, d’abord, est-il bien vrai que tout le 28

monde les a lus? Et parmi ceux qui les ont plus ou moins bien lus au collège, en est-il beaucoup qui les ont relus? Nous ne le croyons pas.

Bien plus, nous croyons que parmi le public nombreux qui est si affamé de théâtre aujour-

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d’hui, il est très peu d'hommes qui soient disposés à relire les œuvres adinirables des grands poètes classiques.

Ce n’est pas à ces rares fidèles, raréi nantes, que nous nous adressons; c'est à la foule, et nous lui disons : Ces grands et beaux drames que vous n'avez pas le temps, ni peut-être le goût de relire, nous allons les analyser brièvement et vous en citer les plus belles pages.

Cette nourriture saine et forte qui semble répugner à vos estomacs légers et délicats, nous allons vous la servir à petites doses ; nous allons en extraire les sucs les plus exquis, et vous en faire goûter les essences.

Telle est la pensée qui nous a déterminé à ce travail, et qui nous a fait croire à son utilité.

Notre but sera atteint, si nous réussissons à faire goûter par un plus grand nombre de nos compatriotes les œuvres des maîtres du XVIIe siècle ; et nous croirons avoir accompli une œuvre nationale. Car notre race ne trouvera nulle part dans la littérature contemporaine de

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plus admirables leçons d'honneur, de patrio-

dispogrands tisme, de courage et de foi.

A tout seigneur tout honneur : nous commenadutes. çons par Corneille.

ie di Les pièces de Gœthe et de Shakespeare que LRERTR nous avons étudiées sont à proprement parler gi té des drames, tandis que les principales œuvres bidvé. du théâtre de Corneille sont de véritables tragépages. dies classiques.

e répu- Dans la langue des écoles ces deux genres ne s, nous doivent pas être confondus. à atnue La tragédie met surtout en scène des princes, ï MAROTE des rois et des dieux, tandis que le drame prend souvent ses personnages parmi les hommes du ice peuple.

lité. La tragédie est plus noble, plus solennelle, Mis à plus savante, plus lyrique, plus fidèle aux règles FSU de l'antiquité classique et à la convention. Le XVIIe drame est plus libre, plus populaire, ‘us vivant, FES plus humain, plus nature.

Mais, malgré ces distinctions importantes,

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ed quand on veut étudier les différents genres de

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poèmes dramatiques, il est permis de désigner sous le nom générique de drames, les tragédies classiques aussi bien que les drames proprement dits.

Parmi tous les poètes dramatiques des temps modernes, Corneille est celui qui représente le mieux la grande tragédie classique. Il en a été le père en France, comme Eschyle en Grèce ; quand Racine vint, le genre était ,etil ne fit, comme Sophocle, que perfectio....r la création du génie.

Rien n’indiquait pourtant, dans les commencements de Corneille, les glorieuses destinées auxquelles il devait atteindre. Ses débuts furent modestes, et ses premières œuvres ne révélèrent ni le caractère ni la grandeur de son génie, Quand on les rapproche de ses immortels chefs-d'œuvre, on reste étonné.

Mais ce qui étonne encore d:vantage, c'est qu'après être monté si haut, il soit redescendu au niveau com#hun d’où il était parti. Triste sort pour un grand homme que de survivre à son génie !

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CORNEILLE 239 signer Né à Rouen, en 1606, i! s'était d’abord desgédies tiné au barreau, qui était la carrière de son ement père. Il ne paraît pas qu'il songeât alors au théâtre, et il ne suivait que de loin le mouvetemps ment littéraire dont Paris était le centre. nte le On raconte que ce fut l'amour qui lui révéla n a été à lui-même son talent poétique, C’est une aven- Grèce ; ture assez commune dans la vie des poètes, et til ne il est même assez rare qu'un amoureux ne fasse a créa- pas de vers. C’est ce qui faisait dire à Lope de Vega: ‘ Aimer et faire des vers, c’est tout un; )MmMEN- et les meilleurs poètes qu'ait eus le monde, on stinées les doit à l'amour.” s furent S'il faut en croire les biographes de Corneille, ? vélèrent sa première comédie, Wélite, serait née de son | génie. premier amour. Quand il vint à Paris pour la mortels faire jouer, en même temps que pour se consoler de l'abandon de la femme aimée, il avait 23 ans. ge, c'est Une fois dans la grande ville, il se lia avec escendu les gens de lettres du temps, Rotrou, Scudéry, Triste Mairet, et c’est alors qu’il apprit que l’art drarvivre à

matique avait des lois et des règles fort gênantes.

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