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du théâtre antique de la Grèce étaient avant ; tout des fêtes religieuses. La Dans ses trilogies étonnantes, Eschyle met Ê constamment les dieux en scène—comme on è ï mettait en scène au moyen âge Jésus-Christ, la 4 sainte Vierge et les saints—et jamais il ne lui vint à l'esprit de prendre, pour sujet de ses dra- ë mes immortels, ce sentiment qui est le sujet î unique et exclusif du théâtre contemporain, Ë l'amour de la femme, ; 1 Il eût sans doute pensé qu’un tel sujet n’était à s
pas digne de son génie, et quand on étudie ses œuvres, il faut bien reconnaître que le géant du théâtre antique plane à des hauteurs telles qu'il se fût abaissé, en décrivant les misérables jeux de l'amour humain, |
Non, il fallait à son’ œil d’aigle de Dius grandioses spectacles, et à l’essor de sa pensée de plus vastes horizons. Aussi son œuvre drama-
tique est-elle d’une grandeur et d’une sublimité qui étonnent. Elle se composait de quatre-vingtdix tragédies, dont sept seulement sont arrivées jusqu’à nous. Quelle perte irréparable pour l'art et pour la philosophie métaphysique et morale !
Tous ses héros dépassent la stature humaine.
On éprouve, en les étudiant, la même impression qu'en examinant les grands. fossiles antédiluviens, dans un musée d'histoire naturelle.
Eschyle a été le véritable créateur du drame, et son œuvre a gardé la rudesse d’une ébauche. Le fini, le poli de la statue manque à ce colosse. Mais la grandeur en est incomparable.
Entre Sophocle et lui, il y a la même difiérence qu'entre les versants ombragés des Alpes du midi et les âpres sommets du mont Blanc.
“ Son style, dit Paul de Saint-Victor, est extraordinaire comme son génie ; il fait le bruit d’un orage, il a le cours d’un torrent... Comme tous les poètes de sa taille, Eschyle est audessus du goût et des règles. Ses difformités