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Mais le pauvre malheureux repousse cet éloge, si
et il confesse qu’en trahissant ses amis il n'a pas je
eu pour motif l'intérêt de l'Etat, mais la satis-
faction d’une basse jalousie. 4
L'empereur est accablé de toutes ces révé- À
lations. Que fera-t-il en face de toutes ces vile- x
nies? Pourra-t-il triompher de la colère qui à gronde au fond de son cœur? Sera-t-il plus fort js | : que la nature qui le pousse à la vengeance ? ÿ ÿ | suivie C'est ici que le grand homme va se révéler : “ |
comme we Je suis maître de moi, comme de l’univers, FN Je le suis, je veux l’être. O siècles ! Ô mémoire,
Oh je éd
pereur. Conservez à jamais ma dernière victoire.
na : Je triomphe aujourd’hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu’à vous.
re, Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t’en convie :
Comme à mon ennemi je t’ai donné la vie ;
Et, malgré la fureur de ton lâche dessein, milie et Je te la donne encor comme à mon assassin, Commençons un combat qui montre par l’issue
omplice Qui l'aura mieux de nous ou donnée ou reçue. ne. ; Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler ; tout à Je t'en avais comblé, je t’en veux accabler :
; Avec cette beauté que je t’avais donnée, epentir. | Reçois le consulat pour la prochaine année,
Cnantememe tenais ms attrnmnenamane -ee-emqnis
Et s'adressant à Emilie :
Aime Cinna, ma fille, en cet illustre rang ; Préfères-en la pourpre à celle de mon sang ; Apprends sur mon exemple à vaincre ta colère : Te rendant un époux, je te rends plus qu’un père.
Quant à Maxime, son châtiment consistera à voir l’hymen couronner l'amour de Cinna pour Emilie.
Et le rideau tombe sur ce vers de l'empereur :
Auguste a tout appris et veut tout oublier.
Je ne connais rien de plus beau au théâtre que ce cinquième acte de Cinna, et l’on trouvera difficilement un plus bel exemple de force morale intérieure et d’empire sur soi-même.
+ Auguste avait vaincu le monde. Mais, ce jour-là, il fut plus fort et plus grand: il se vainquit lui-même.
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POLY EUCTE
La vie de l’homme est un combat, dit le Livre
de la Sagesse ; c'est ce sombat perpétuel que le tera à théâtre de Corncille représente.
pour Les plus grandes luttes de la vie y sont mises en scène, les plus fortes passions y sont placées | 4 ereur : en conflit, les sentiments les plus.puissants s’y i: heurtent dans un antagonisme constant, et il en # résulte des effets tragiques merveilleux. pa théâtre Mais le grand poète ne se contente pas d'é- k OUVera mouvoir et d'intéresser ; il instruit, il moralise, ; ét il édifie. ‘à nids | On sait qu'il n’y a pas de grande vertu sans 4 ais, ce sacrifice ; aussi le sacrifice est-il l’âme des tra- Fi
dit gédies de Corneille, et c’est toujours le moins ps
noble sentiment qui est sacrifié. : Î Dans le Ci, l'amour de la femme est immolé 14 au sentiment filial et à l'honneur. ‘À Dans Æorace, la famille est sacrifiée à la #4
patrie.
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Dans Cinna, la clémence royale étouffe un légitime désir de vengeance.
Dans Polyeucte, c'est la foi qui triomphe de tous les amours.
Quelle différence entre la morale austère de ces tragédies, et celle dusthéâtre contempu ain ! Aujourd'hui la passion maîtresse qui règne au théâtre, et à laquelle tout est sacrifié, foi, patrie, famille, honneur, c'est l'amour illicite.
Polyeucte est considéré par la plupart des critiques comme le chef-d'œuvre de Corneille. C'est la plus parfaite de ses tragédies ; le style en est plus châtié, le vers plus harmonieux, l'in-
trigue mieux conduite et l’action plus une.
Sans doute on n’y trouve pas encore cette élégance et cette harmonie qui distinguent les vers de Racine ; mais enfin la langue est plus souple, la diction plus pure, le tour plus poétique ; et quant aux pensées et aux sentiments, la même élévation et la même grandeur les distinguent.
Are CM LS ÿ | CORNEILLE 305 iffe un Voici ce que disait Corneille lui-même de Polveucte :
phe de ‘“ A mon gré, je n'ai point fait de pièce où l'ordre du théâtre soit plus beau, et l'enchaîneère de ment des scènes mieux ménagé. L'unité d'action, ù an | et celles de jour et de lieu y ont leur justesse’, gne hs Et parlant du style de Polyeucte il l'apprépatrie, ciait ainsi :
‘“ Le style n’en est pas si fort ni si majesrt des tueux que celui de Cinna et de Pompée, mais il | rneille. a quelque chose de plus touchant, et les ten- ji . ny dresses de l'amour humain y font un si agréable x, l'in- mélange avec la fermeté du divin, que sa repré- - ” sentation a satisfait tout ensemble les dévots et cette les gens du monde.” ent les La scène se passe à Mitylène, capitale de se pris l'Arménie, dont Félix, sénateur romain, est gou- ApUe* verneur.
Ra Nous sommes au troisième siècle de l'ère c es dis-
chrétienne. Avant que Félix eût quitté Rome pour venir gouverner l'Arménie, sa fille Pauline avait été courtisée par un chevalier romain,
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306 LES: CRANDS DRAMES nommé Sévère. Quoiqu'elle l'aimât beaucoup, Félix n'avait pas voulu consentir au mariage de sa fille, parce que Sévère était pauvre, et n'était pas encore arrivé à la haute position qu'il devait conquérir plus tard dans l’armée,
Pendant son séjour dans l'Arménie, Pauline avait fait la connaissance de Polyeucte, seigneur arménien, aussi recommandable par sa vertu que par sa noblesse et sa fortune, et elle l'avait épousé.
A cette époque, le christianisme commençait à pénétrer jusqu’en Arménie, et la nouvelle religion faisait tous les jours de nouveaux prosélytes. Néarque, seigneur arménien, et ami de Polyeucte, est déjà chrétien, et il a décidé son ami à abandonner le culte des faux dieux.
Cependant Polyeucte hésite à faire le dernier pas ; il est surtout troublé par un songe que Pauline a fait, et qu'elle lui a raconté. Mais Néarque le presse, et lui représente. que c’est le démon qui lui suscite ces obstacles, et qui est la cause de ces illusions,
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Puis il ajoute :
KRompez ses premiers coups ; laissez pleurer Pauline.
Dieu ne veut point d’un cœur où le monde domine,
Qui regarde en arrière, et, douteux en son choix,
Lorsque sa voix l’appelle, écoute une autre voix. POLYEUCTE.
our se donner à lui faut-il n’aimer personne ? P don lui faut-il n'aime 0 ?