‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 103 sur 559 · Ce qui. 9ne *e roi est Poar ^ui · texte numérisé non relu

Ce qui. 9ne *e roi est Poar ^ui

a. Amiral,motd'origine arabe (émir); 5 g/flf|, g6 te à VamiraL

SI date des croisades.

t. 11 change de gamme, parce qu'il 9. Revient a la charge*

WONTLUC 85

vous estes à demy guaïgnê, et que vous panchez plus du costé du combat qu'au contraire ; faictes vostre requeste à Dieu, et le priez que à ce coup vous vueilie ayder et conseiller ce que vous devez faire. » Alors le roy leva les yeux au ciel, et joignant les mains, jèttant le bonnet sur la table, dict : « Mon Dieu, je te supplie qu'il te plaise aujourd'huy me donner le conseil de ce que je dois faire pour la conservation de mon royaume, et que le tout soit à ton honneur et à ta gloire. » Surquoy monsieur l'admirai luy demanda : c Sire , quelle opinion vous prend-il à présent? » Le roy, après avoir demeuré quelque peu , se tourna vers moy, disant comme en s'escriant : « Qu'ilz combattent t Qu'ilz combattent ! * » (Commentaires, livre IL)

Or après que le marquis ' eust perdu toute son escrime4 et toutes ses ruses, il nous laissa en paix, ne s'attendant nous avoir, qu'au dernier morceau de pain : et commençasmes à entrer au mois de mars, nous ayant tout failly » : car de vin, il n'y en avoit une seulle goutte en toute la ville, dés la demy febvrier. Nous avions mangé tous les chevaux, asnes, mulets, chats et rats, qui estoient dans la ville. Les chats se vend oient trois ou quatre escus, et le rat un escu. Et en toute la cité n'estoit demeuré que quatre vieilles jumens si maigres que rien plus 6, qui faisoient tourner les moulins7, deux que j'avois, le controlleur la Molière le sien, et l'Espine thresorier le sien, le sieur Gornelio une petite haquenée8 baye qui avoit perdu la veuô de vieillesse, Messer Hieronyme Espanos un cheval turc, qui avoit plus

i. En sortant de la chambra du Vieilles richesses, qui seraient clas-

eooseil, Montlue se voit entouré des siques si on les avait rencontrées chex

meilleurs de la jeune noblesse, et les un ancien.

convie de « se dépêcher, s'ils veulent 3# j^ ^^fe de mtigauï ^ ^

M manger, et être de la fête. » Il mande Ies assjégeants. «otite ; « Un petit souris du maître , - . . 4 . 1MJ. ,, .

échauffe les pluîTrefroidis ; sans crainte 4' Escrmer v,ent de l ltalien 8eher'

de changer prés, vignes et moulins en maret

ehevaux et armes, on va mourir an lit 5. Tont nous faisant défont, que nous appelons lit d'honneur. » 6 Qne rien ne MUraU ntn plog-

î. Ce siège dura six mois, à partir , wAnlîn M ,, mMllA* d'octobre 1554. Nous ne pouvons dé- 7* Monhn (de **» mêT,le)' tacher qu'âne page de ce chapitre hé* 8. Haquenée, de l'espagnol hacanea. roiqne 13« livre des Commentaires), Baie, dul. badins > châtain , dans Varia France n'est pas assez flère de ces ion.

de vingt ans. Voylàtous les chevaux etjumens, qui estoient demourez dans la ville, en ces extrémitez plus grandes que je ne sçaurois représenter. Car je croy, qu'il n'y a rien de si horrible, que la famine. De Rome on nous donna quelque espérance de secours, et que le roy envoyoit monsieur le mareschal de Brissac nous secourir. Qui * fut cause que nousaccourcismes* nostre pain à douze onces, les soldats et les gens de la ville à neuf; cependant peu à peu nous perdions plusieurs habitants et soldats, qui tomboient morts sur la place en cheminant, de sorte qu'on mouroit sans maladie* A la fin les médecins cogneurent que* c*estoit les mauves qu'on mangeoit : pour ce que c'est une herbe qui lasche l'estomac, et garde de faire digestion *. Or n'avions nous autres herbes au long des murailles de la ville ; car tout estoit mangé ; encores n'en pouvoit on avoir? sans sortir à l'escarmouche • : et alors tous les enfants et femmes de la ville sortoient au long des murailles. Mais je vis que j'y perdois force gens, et ne voulus plus laisser sortir personne. Or d'ouyr plus nouvelles de monsieur le mareschal n'y avoit plus remède* ; car les tranchées venoient jusques auprès des portes, Lesquelles tranchées le marquis avoit fait redoubler pour crainte que nous sortissions à la desesperade '' sur luy, et lui donnassions • la bataille, comme autrefois avoient fait les Siennois es guerres qu'ils avoient eues, comme eux-mesmes racontaient,

En cest estât nous traisnasmes jusques su huîctiegme d'avril, que nous eusmes perdu toute espérance. Alors la seigneurie» me pria ne trouver mauvais, s'ilz çommençoient à penser à leur salut. Et voyant qu'il n'y avoit plus remède, si ce n'est de nous manger nous mesmes10, je ne ' leur peus dénier*1, chargeant de malédictions ceux qui engagent les gens de bien19, et puis les laissent là. Je n'en-

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