‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 102 sur 559 · Bicoque, village du royaume lom · texte numérisé non relu

Bicoque, village du royaume lom

3. Mouline avait alors quarante ans. i>;ll(j, à 7 kil. de Milan. Lautrec y fut

4. Qui fait le bravé (de bravo, cou- battu par les impériaux en 15*2. lageai). 7. D'Enghien.

vieux capitaines pour faire une telle erreur, et ne sera question, sinon de chercher le moyen de les trouver en campagne rase, où il n'y ait ny haye ni fossé qui nous puisse garder1 de venir aux mains; et alors, Sire, vous entendrez des plus furieux combats qui jamais ayent esté. Et vous supplie très humblement ne vous attendre à autre chose, sinon d'avoir nouvelles de la victoire ; et si Dieu nous faict la grâce de la guaigner, (comme je me tiens asseuré que nous ferons), vous arresterez l'empereur et le roy d'Angleterre. »

Monsieur le Dauphin continuoit plus fort en riant à me faire signe, qui8 me donnoit encore une grande hardiesse de parler. Tous les autres parloient, et disoient que le roy ne se devoit aucunement arrester à mes paroles. Monsieur l'admirai s ne dit jamais mot, mais se sourioit*, et croy qu'il s'estoit aperçu des signes que monsieur le Dauphin me faisoit, étant * presque vis avis i'ung de l'aure. Monsieur de Sainct Pol recharge 6 encore disant au roy : « Quoy, Monsieur, il semble que vous voulez changer d'opinion, et vous attendre aux paroles de ce fol enragé?» Auquel le roy respondit, disant : « Foy de gentil-homme, mon cousin, il m'a dict de si grandes raisons, et m'a représenté si bien le bon cœur de mes gens, que je ne sçay que faire» » Lors ledict seigneur de Sainct Pol luy dit : <c Je voy bien que vous estes desjà tourné. » (Il ne pouvoit voir les signes que monsieur le Dauphin me faisoit, car il avoit le dos tourné à luy, comme faisoit monsieur l'admirai.) Surquoy le roy, addressant sa parole audict sieur admirai, luy dict, qu'est-ce que luy en sembloit ? Monsieur l'admirai se print encore à sourire, et luy respondit : « Sire, voulez-vous dire la vérité? Vous avez belle envie de leur donner congé de combattre. Je ne vous asseureray pas, s'iiz combattent, du guaing ny de la perte ; car il n'y a que Dieu qui le puisse sçavoir; mais je vous obligeray bien ma vie et mon honneur que tous ceux-là qu'il vous a nommés combattront, et en gens de bien; car je sçay ce qu'ilz vallent, pour les avoir commandés. Faictes une chose; nous cognoissons bien que

1. Empêcher par prndence. voit que Montlnc a gagné sa cause, et

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