‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 108 sur 559 · Allèrent là comme à la parade. 6 Ne manquâu · texte numérisé non relu

Allèrent là comme à la parade. 6 Ne manquâu

4 Or, sachez qne ce meilleur cheval Tî

de Montluc était un cheval turc dont 7' un cas(*ue il a dit « qu'il «l'aimait, après ses en* 8. Du verbe poindre.

BON VISAGE BT DOW CflBV»

Gouverneurs et cappitaines, vous devez prendre quelque exemple icy, parce qu'il y en a qui disent, quand ils ont rendu une place , que les soldats n'ont point voulu combattre; d'aultros, que les gens de la ville les vouloient trahir, et les ont forcés d'entrer en capitulation et composition ; ce ne sont qu'excuses, croyez-moy : ce qui vous force, c'est vostre peu d'expérience. Messieurs mes compaignons, quand vous vous trouverez en telles nopces1 prenez vos beaux accoustrements, parez-vous, lavez-vous la face de vin grec, et la faites devenir rouge; et marchez ainsi bravement parmy la ville et parffly les soldats, la care levée2, ne tenant jamais aultre propos, sinon que bientost, avec l'aide de Dieu et la force de vos bras et de vos armes, vous aurez en dépit d'eux la vie de vos ennemis, et non eux la vostre; qu'ils ne sont pour vous venir attaquer dans vostre fort; que c'est ce que vous désirez le plus, car de là dépend leur ruyne et vostre délivrance : et, de ceste sorte, jusqu'aux femmes prendront couraîge et les soldats pareillement *. Mais si vous allez avec un visaige pâle, ne parlant à personne, triste, mélancholique et pensif, quand toute la ville et tous les soldats auroient cœur de lyons, vous le leur ferez venir de moutons *. Parlez souvent avec ceux de la ville en quatre ou cinq paroles *, et pareillement aux soldats, leur disant : « Eh bien ! mes amis, n'avez-vous pas couraige? Je tiens la victoire nostre, et la mort de nos ennemis desjà pour asseurée: car j'ay je ne scays quel présaige*en moy que, quand il me vient, je suis tout asseuré de vaincre, lequel je tiens de Dieu et non des hommes; par quoy reposez-vous sur moy, et résolvez-vous tous de combattre, et sortir d'ioy avec honneur et réputation. Vous ne pouvez mourir qu'une foys, c'est chose qui est destinée : si Dieu l'a ordonné, vous avez beau fuir; mourons donc avec hon-

I. Le péril est pour lai une fête. 4. Ces façons de parler tontes popn-

,A , A laires sont fréquentes sous sa pluma.

î. La tète hante. De cara, visage nnn J Droûlamat:ûna * • ,

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S. C'est le commentaire dn vers de 6. Montluc avait la prétention d'être

Virgile, disant du pienx Énée : un pen prophète, on du moins d'être

Spem Taltu *lm»Un., prenMt «Hum corde averti par des presieniiments imtine-

[dolortm. tifs des périls qui le menaçaient.

neur. Maïs il n'y a nulle apparence de danger, mai* plutost i pour nosennemis, sur lesquels nous avons toutadvai taigo.» I Et que voulez-vous, gouverneurs et cappitaines, qui *se di ro qu'il a peur, vous voyant résolus en cesto sorte? Je vous dis que quand ils .en trembleraient, ils la perdirent; et deviendra le. plus peureux aussi hardy que le plus» cou raigeux de la troupe. Jamais les soldats ne s'estonnero at, tant qu'ils verront la hardiesse de leur chef durer. Je ae vous conseille rien que je ne Paye éprouvé moy-mesme «.

Le samedi, j'avais envoyé prier le marquis* qu'il voulût user d'honnêteté envers les femmes anciennes4 et les enfants qui sortaient avec nous, de nous prêter quarante ou cinquante mulets de ceux de sa munition, ce qu'il fit, et avant de sortir je les fis distribuer aux Siennois, lesquels chargèrent les anciennes femmes et quelques enfants sur leurs genoux. Tout le reste était à pied, où il y avait plus de cent filles suivant leurs pères et mères, et des femmes qui portaient des berceaux où étaient leurs enfants sur leurs tûtes; et eussiez vu beaucoup d'hommes qui tenaient

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