‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 109 sur 559 · Ses actes ne donnèrent jamais démenti à ses paroles · texte numérisé non relu

Ses actes ne donnèrent jamais démenti à ses paroles

2. Il y avait pins de six mois qne la ville de Sienne , privée de tont secours, était serrée de p:ès et affamée par le marquis de Marignan. Après une admirable résistance, il fallut bien songer à se rendre. Au premier mot de capitulation, Montlnc avait paru se révolter. Mais il ne pouvait laisser mourir de faim toute ime population civile qui avait souffert avec tant de courage les dernières eitrémitôs. Il se résigna donc à l'inévitable. On verra dans ce récit l'estime où le tenait le vainqueur. C'est le cas de dire qu'il y a des défaites triomphantes à l'envi des victoires. Gomme nous avons donné dans plusieurs morceaux précédents l'orthographe même du texte authentique, nous citerons ces pages, telles que nous les empruntons à l'édition popnlaire de Montluc, afin d'en rendre la lecture plus courante, et de ne pas trop

multiplier lesnotes philologiques. Les récits suivants étant assez longs, nous ne voulons pas en rendre l'intelligence épineuse. Du reste, en reproduisant ces beaux souvenirs, nous tenons plus au fond des choses, et à la fierté d'un noble exemple qu'aux minuties grammaticales. IL faut que ces tableaux puissent être compris tout d'abord et d'une seule venue.

3. Le marquis de Mnrignan, qui ne ressemblait guère aux généraux allemands. Durant tout le siège , il avait été fort courtois pour Montlnc.

Par exemple, la veille de Noël il envoya au gouverneur de Sienne la moitié d'un cerf, six chapons, six perdrix, six flacons de vin excellent et six pains blancs, pour faire le lendemain la fête. Voilà comment se conduisait un ennemi qui comptait l'honneur pour quelque chose.

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