‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 120 sur 559 · De expavaUêrt (jMnur, effroi). 9, Diminutif · texte numérisé non relu

De expavaUêrt (jMnur, effroi). 9, Diminutif

». De pensare, veiller fo?« pester à. 10. Le calvinisme ; ironie.

f MONTLUO

Demi*, il vit que, comme je fus blessé, tou9 les soldats s'effrayèrent, et dit à ceux qu'il avait près de lui : « Voilà quelque grand personnage mort. Voyez-vous comme lèi soldats se sont effrayés? Je me doute que ce soit < monsieur de Montluc. s Et dit à un sien gentilhomme, nommé monsieur de Sart : « Gourez voir si c'est lui, et s'il l'est, et qu'il ne soit mort, dites-lui que je le prie qu'il permette que je raille voir. » Ledit sieur de Sart °st cathotholiqtie, il y vint. A l'entrée de la ville on lui dit ^e c'était moi. 11 vint à mon logis , et trouva que Ton mt pieu* rait, et que j'étais à la renverse sur un lit en terre, et me dit que monsieur de Gramond me priait qu'il me vit, et si je prendrais plaisir qu'il y' vînt. Je lui dis que je n'avais point d'inimitié avec monsieur de Gramond, et que quand il viendrait, qu'il connaîtrait qu'il avait autant d'amis en notre camp *, et par aventure d'avantage, qu'à, celui de leur religion» Il se fut sitôt parti de moi, que voici monsieur de Madaillan, mon lieutenant, lequel était à mon côté, quand j'allai à Passant, et monsieur de Goas à l'autre» qui venait voir si j'étais mort, et me dit : « Monsieur, réjouissez-vous, prenez courage, nous sommes dedans*. Voilà les soldats aux mains, qui tuent tout ! et assures-vous que nous vengerons votre blessure. » Alors je lui dis e • le loue Dieu de ee que je vois la victoire nôtre * avant mourir, A présent je ne me soucie point de la mort, le vous prie vous en retourner, et montres-mol tous l'amitié que vous m'eve* portée, et gardes » qu'il n'en échappe un seul, qui ne soit tué1. » Et s'en retourna; et tous mes serviteurs mêmes f allèrent, de sorte qu'il ne demeura auprès de moi que deux pages, l'avocat de Las, et le chirurgien. L'on voulut sauver Il Ministre, et le Capitaine de la dedans nommé Ladont pour le faire pendre7 devant mon logis; mais les soldats lesôtèrent à ceux qui les tenaient, et les mirent en mille pièces. Les soldats en firent sauter cinquante ou soixante du haut de la grande tour, qui s'étaient retirés là dedans, àans le fossé, lesquels se noyèrent. Il ne se trouve que l'on n'en sauva que deux, qui s'étaient cachés. Il y avait tel

1. Il n'est pas sûr : de là le suh» 4. C'est sublime comme les beau jonetif. traits de Plutarqne,

1 La réponse est fftre et courtoise. 5. Il commande encore.

3. Toili le pins sûr remède pour *• Mal» ™ilà *tt «*• b,en *™L un Montluc, 1. Voici le fanatique qui reparaît.

prisonnier, qui voulait donner quatre mille écus ; mais jamais homme ne voulut entendre * à aucune rançon, et la plupart des femmes furent tuées % lesquelles aussi faisaient de grands maux avec les pierres. Il s'y trouva un Espagnol marchand , qu'ils tenaient prisonnier là dedans , et un autre marchand catholique aussi, qui furent sauvés. Voilà tout ce qui demeura en vie des hommes qui se trouvaient là dedans, qui furent les deux, que quelqu'un déroba, et ces deux marchands, qui étaient catholiques. Ne pensez pas, vous qui lirez ce livre, que je fisse faire cette exécution, tant pour venger ma blessure que pour donner épouvante à tout le pays, afin qu'on n'eût le cœur de faire tête à notre armée. Et me semble que tout homme de guerre au commencement d'une conquête en doit faire ainsi contre celui qui oserait attendre son canon8. Il faut qu'il ferme l'oreille à toute composition et capitulation, s'il ne voit de grandes difficultés à son entreprise, et si son ennemi ne l'a mis en peine * de faire brèche. Et comme il faut de la rigueur, (appelez-la cruauté si vous voulez) *, aussi faut-il de l'autre côté de la douceur •, si vous voyez qu'on se rende de bonne heure à votre merci.

Monsieur de Gramond arriva à moi, et me trouva en fort mauvais état ; car je ne lui pouvais à grand'peine répondre, à cause du grand sang que je jetais par la bouche. Monsieur de Goas revint du combat pour me voir, et trouva monsieur de Gramond auprès de moi, et me dit : « Réconfortez-vous7, Monsieur, et prenez courage, car assurez-vous que nous vous avons bien vengé. Car il n'est demeuré une seule personne en vie. » Alors il reconnut monsieur de Gramond et s'embrassèrent. Monsieur de Gramond le pria de l'amener au château, ce qu'il fit. Et trouva bien étrange la prise, et dit qu'il n'avait jamais cru que cette place fût si forte. Il voulut voir tout le remuement de l'artillerie que j'avais fait. Il retourna une heure après, et m'offrit une maison qu'il avait près de là, et tout ce qui était en sa

t. L'expression est encore Iran- 4. Ne lai a rendu la brèche pénible,

çaise; on dit : // ne veut entendre à impossible..

rien' 5. Il en prend ion parti.

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