MICHEL DE L'HOSPITAL
BBTAA1TB DO CHANCELIB1» '
Voyant que mon labeur n'estoit * agréable au Roy et à la Royne, et que le Roy estoit tellement pressé • qu'il n'avoit plus de puissance, voirs qu'il n'osoit dire ce qu'il pensoit, j'advisay qu'il me seroit plus expédient* de céder volontairement à la nécessité et aux nouveaulx gouverneurs*, que de débattre avec eulx, avecque lesquels je ne pou vois plus demeurer.
Je fis place aux armes6... et me reiiray aus cbamps avecque ma femme, famille et petits enfans, priant le Roy et la Royne, à mon partement7, de ceste seule chose, que, puisqu'ils avoient arresté de rompre la paix et de poursuyvre par guerre ceulx avec lesquels peu auparavant ils avoient traicté8 la paix, et qu'ils me reculoient de la cour parce qu'ils avoient entendu que j'estois contraire et mal sentant9 de leur entreprise, je les priay, dis je, s'ils n'acquiesçoient à mon conseil, à tout le moins, après qu'ils auroient saoulé 10 et rassasié leur cœur et leur soif du sang de leurs subjects, qu'ils embrassassent la première occasion de paix qui s'offriroit, devant11 que la chose fustréduicte à une extrême ruyne.
Ayant f aict ceste remontrance en vain, je m'en allay avec une grandissime tristesse, de quoy n le jeune Roy m'avoit esté ravy, et ses frères , en tel âge et temps auquel ils avoient plus affaire de nostre gouvernement et ayde; auaquels18 si je n'ay pu ayder si longtemps que j'eusse bien voulu, j'en appelle Dieu à témoin , et tous les anges 14 et les hommes, que ce n'a pas esté ma faulte, et que je n'ay
1. Ce fat après huit ans de lutte 6. Ce trait est 4'une sobre éloquence, courageuse contre les partis qu'il se ? DéDart
retira dans sa campagne de Vignay, et p *
rendit les sceaux à la reine , en 1568. . 8. Le mot est tout latin.