Choix rtériye de choisir, qui si- broyer
gnifla d'abord apercevoir, et se disait 8. tes résolutions prise!.
deux (qui1 est la plus commune façon), nous gastent* tdUt; ils veulent nous mascher» les morceaux; ils se donnent loy 4 de juger; et par conséquent d'incliner l'histoire à leur fantaisie ; car, depuis que le jugement pend d'un costé5,on ne se peult garder de contourner et tordre la narration à ce biais6: ils entreprennent de choisir les choses dignes d'estre sceues, et nous cachent souvent telle parole, telle action privée, qui nous instruiroit mieulx; obmettent7 pour choses incroyables, celles qu'ils n'entendent pas, et peut estre encores telle chose, pour ne la sçavoir dire en bon latin ou françois. Qu'ils estaient hardiment leur éloquence et leur discours, qu'ils jugent à leur poste8 : mais qu'ils nous laissent aussi de quoy juger eprès eulx ; et qu'ils n'altèrent ny dispensent, par leurs raccourciments9et par leur choix, rien sur le corps de la matière, ains10 qu'ils nous la renvoyent pure et entière en toutes ses dimensions.
Le plus souvent on trie, pour ceste charge11, et notamment en ces siècles icy, des personnes d'entre le vulgaire, pour ceste seule considération âî de sçavoir bien parler; eomme si nous cherchions d'y apprendre la grammaire : et eulx ont raison, n'ayants esté gagez que pour cela, et n'ayants mis en vente i% que le babil, de ne se soulcier aussi principalement que de ceste partie; ainsin14, à force beaux mots, ils nous vont bastissant une belle contexture des bruits qu'ils r'amassent ez carrefours des villes. Les seules bonnes histoires sont celles qui ont esté escriptes par ceulx mesmes qui commandoient aux affaires, ou qui estoient participants à les conduire, bu au moins qui ont eu la fortune d'en conduire d'aultres de mesme sorte : telles sont quasi toutes les grecques et romaines; car plusieurs témoings oculaires ayants escript l§ de mesme