‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 239 sur 559 · t Un fi saint (Barre. » On faisait 4. Un peu plus · texte numérisé non relu

t Un fi saint (Barre. » On faisait 4. Un peu plus

lion œuvre du masculin. Œuvre ne n . ,. „ .. .

prend ce genre aujourd'hui que dan. 5- « *«**»»- » <*ttt 4e nuOile.

un sens restreint t le premier œuvre e. Sergent de bande, officier qm or-

d'un musicien. donne les rangs.

S. « Le cardinal; de Gaétan. » Légat m „ . ■, ... , ,,

du pape. Les ligueurs l'araient reçu Z7' ***** ™nM de ttte. P»« lé"

avec de grands honneurs. gère que le casque.

3. Tient de tettel ♦ héraolt , mot 8. Il faut ne voir ici que la raillerie

germanique. du faux zèle égaré par l'esprit de parti.

tons avoyent des piques qu'ils bransloyent souvent, par faute de meilleur passe-temps, horsmis un feuillant boiteux qui, armé tout à crud se faisoit faire place avec une espée à deux mains, et une hache d'armes à sa ceinture, son bréviaire pendu par derrière, et le faisoit bon veoir1 sur un pied faisant le moulinet devant les dames.

A la queue, il y avoit trois minimes, tous d'une parure, sçavoir est, ayants sur leurs habits chacun un plastron à corroyés et le derrière descouvert, la salade * en teste, l'espée et pistolet* à la ceinture, et chacun une harquebuse à croc sans fourchette. Derrière estoit le prieur des jacobins en fort bon poinct, traînant une halebarde gauchère', et armé à la légère en morte-paye»; je n'y veys ni chartreux ni célèstins, qui s'estoyent excuses sur le commerce. Mais tout celamarchoit en moult belle ordonnance, et sembloyent les anciens cranequiniers • de France. Ils voulurent en passant faire une salve, ou escoupèterie7; mais le légat leur défendit, de peur qu'il ne luy mésadvint, ou à quelqu'un des siens, comme au cardinal Cayetan8.

Après ces beats pères marchoyent les quatre mendiants, qui avoyent multiplié en plusieurs ordres tant ecclésiastiques que séculiers; puis les paroisses; puis les Seize, quatre à quatre, réduits au nombre des apostres9 et habillés de mesme, comme on les joue à la Feste-Dieu. Après eux marchoyent les prévost des marchands et eschevins 10, bigarrez de diverses couleurs, puis la cour de parlement telle quelle ; les gardes italiennes, espagnoles et wallonnes de monsieur le lieutenant, puis les cent gentilshommes de fraiz graduez par la saincte union, et après eux quelques vétérinaires11 de la confrérie de Saint-Éloy. Suivoyent après monsieur de Lyon tout doucement ; le cardinal de Pellevé tout bassement; et après eux monsieur le légat, vray mi-

1. « Et le faisait bon voir. » II fal- 7. De sciopetto (escopette).

tait bon le voir» 8# € Gomme au cardinal Gajetan » (ou

2. Salade, sorte de casque à l'usage Gaétan). Il y avait eu un homme tué des cavaliers. a la portière de sou carrosse.

3. De pistola, italien. Pistolet, 9. « Réduits au nombre des apôtres. »

4. € Gauchère. » On ne portait pas Le duc de Mayônne en avait **»* penles hallebardes de la main gauche. dre quatre.

5. « Morte-paie. > Soldat entretenu 10. Magistrat municipal {àescabinus, dans une garnison. juge)-

6. a Cranequiniers. • Arbalétrier. il. « Vétérinaires, • Maréchaux fcr- Grauequi*, bandage de 1er. ranta,

roir de par f aicte beauté1 , et devant luy marchoit le doyen de Sorbonne, avec la croix où pendoyent les bulles du pouvoir.

Item venoit madame.de Nemours représentant la roynemère ou grande-mère du roy futur, et luy portoit la. queue mademoiselle de la Rue, fille de noble et discrète personne monsieur de la Rue, ci-devant tailleur d'habits sur le pont Sainct-Micbel, et maintenant un des cent gentilshommes et conseillers d'Éstat de l'union, et la suivoyent madame la douairière de Montpensier, avec son escharpe verte fort sale d'usage, et madame la lieutenante de l'Estat et couronne de France, suy vie de mesdames de Belin et de Bussy le Clerc.

. Alors s'avançoit et faisoit veoir monsieur le lieutenant et devant luy deux massiers fourrez d'hermines, et à ses flancs deux Wallons portants hoquetons* noirs, tout parsemez de croix de Lorraine rouges3, ayants devant et derrière une devise en broderie, dont le corps représentoit l'histoire de Phaëton, et estoit le mot : in maonis vomjisse sat est*.

Arrivez qu'ils furent tous en ceste équipage en la chapelle de Bourbon, monsieur le recteur Roze, quittant son hausse-col, son espée et pertuisane, monta en chaire, où ayant prouvé par bons et authentiques passages, que o'es* toit à ce coup que tout iroit bien* proposa un bel expédient pour mettre fin à la guerre dans six mois pour le plue tard, ratiocinant5 ainsi : En France, il y a dix-»s*pt cents mille clochers, dont Paris n'est compté que pour un „• qu'on prenne de chacun clocher un homme catholique, soldoye aux despens de la paroisse, et que les deniers soyent maniez par des docteurs en théologie* ou pour le moins graduez nommez ; nous ferons douze cent mille combattants, et cinq cent mille pionniers*. Alors tous les assistants furent veuz tressaillir de joye, et s'escrier : « 0 coup du ciel!... »

Après que l'assemblée fut entrée bien avant dedans la . grande sale, tous les députés ayants pris place, monsieur

i. îl était fort laid. i. m In magnis voluisse sot est. a

i. Hoqueton, casaque brodée. Dans ies grades entreprise» il suffit

« . * * • « Ai de vouloir. 3. < Croix de Lorraine. » Ce sont les

intérêts de la maison de Lorraine qne 5- « Ratiocinant. » Rais$nnanL

serraient ou croyaient servir les li- 6. Pionnier, fantassin. De pedonem,

gneurs. piéton.

LA SÀTIRR MÉNIPPÉE 255

le lieutenant commença à parler en ceste façon, avec un grand silence et attention de messieurs des Estats f.

■ABAttttlJB DB IMlfflnm MB LIEUTENANT

Messieurs, vous serez tous témoins que, depuis que .j'ai pris les armes pour la sainte Ligue, j'ai toujours eu ma conservation en telle recommandation, que j'ai préféré de très-bon cœur mon intérêt particulier à la cause de Dieu, qui saura bien se garder sans moi, et se venger de tous ses ennemis. Môme je puis dire avec vérité que la mort de mes frères ne m'a point tant outré, quelque bonne mine que j'aie fait, que le désir de marcher sur les erres2 que mon père et mon bon oncle le cardinal m'avaient tracées, et dedans lesquelles mon frère le Balafré* était heureusement entré.

Vous savez qu'à mon retour de mon expédition de Guyenne (que les politiques* appellent incagade5), je n'effectuai pas en cette ville ce que je pensais, à cause des traîtres qui avertissaient le tyran leur maître ; et ne tirai autre fruit de mon voyage, que la prise de l'héritière de Caumont, que je destinais pour femme à mon fils : mais le changement de mes affaires m'en fait à présent disposer autrement. Davantage6, vous n'ignorez pas que je ne voulus point engager mon armée à aucun grand exploit, ni siège difficile (en quoi toutefois Castillon 7 me trompa, que je pensais emporter en trois jours), afin de me réserver plus entier pour exécuter mes desseins. Quant à mon armée de Dauphiné, je lui lis toujours faire halte, et me tins aux écoutes pour attendre, si, aux États de Blois, vous auriez affaire* de moi. Mais les choses y ayant pris le con- . tre-pied de nos souhaits et attentes, vous vîtes en quelle diligence je vins vous trouver en cette ville, et avec quelle dextérité mon cousin le connétable d'Aumale ci- présent fit préalablement descendre le Saint-Esprit en hâte sur une partie de messieurs de Sorbonne. Car, aussitôt dit, aussitôt fait; et de là sont procédés tous nos beaux exploits dé

1. Dans les pages qoi suivent, nous 4. On appelait ainsi les partisans rétablissons l'orthographe .modèle de la paii. pour rendre la lecture moins ardue, 5.« Incagade.» Escapade.— Mot vieilli.

î. . Erres. » Errements. Traces. . •• * »av™taSe- ' DeJlu>' .„

1 7. •Castillon. » Castillon, ville sur

lé Henri de Lorraine, duc de Guise, la Dordogne.

assassiné aux Etats de Blois en 1588. 8. Besoin,

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| Vous êtes quatre ou cinq bri gants ' au royaume, tous I grands princes, et qui n'avez pas faute d'appétit; je suis • d'avis que pas un de vous ne soit roi; je donne donc ma voix à Guiîlot Fagottin, margu illier de Gentilly, bon vigneron , et prudhomme, qui chante bien au lutrin , et sait tout son office par cœur. Gela ne sera pas sans exemple en tel temps que celui-ci; témoin la Harelle1 de Rouen, où l'on fit roi un nommé le Gras, plus mal avisé que Guillot.

Et voici où je fonde mon avis : j'ai lu quelquefois ce grand et divin philosophe Platon, qui dit que les royaumes sont heureux où les philosophes sont rois, et où les rois sont philosophes. Or sais-je qu'il y a tantôt trois ans que ce bon marguillier * et sa famille avec ses vaches médite jour et nuit la philosophie en une salle de notre collège4 en laquelle il y a plus de deux cents bonnes années qu'on y a lu et traité et disputé publiquement la philosophie, et tout l'Aristote, et toutes sortes de bons livres moraux. Il n'est pas possible qu'ayant ce bon homme rêvé, sommeillé et dormi tant de jours et de nuits, entre ces murailles philosophiques, où tant de savantes leçons et disputes ont été faites, et tant de belles paroles proférées, il n'en ait demeuré quelque chose qui ait entré et pénétré dedans son cerveau , comme au poète Hésiode, quand il eut dormi sur le mont Parnasse. C'est pourquoi je persiste et entends qu'il soit roi comme un autre.

■AftAircro* »■ MOifMSom ivacbuat, vous» b*b tieb*-btat

Par Notre-Dame, messieurs, vous nous l'avez baillé belle ! Il n'était jà besoin que nos curés nous prêchassent qu'il fallait nous débourber et débourbonner*. A ce que je vois par vos discours, les pauvres Parisiens en ont dans les bottes bien avant, et ce sera prou* difficile de les débourber. Il est désormais temps de nous apercevoir que

i. • Brigants. » Aspirant»* Il y a là 4. « En une salle de notre collège. »

on jeu de mots, Les collèges de Paris étaient déserts

î.« La Harelle.» Sédition qui éclata et leurs classes dépeuplées servaient

sons le roi Charles VI, et fut dirigée d'étables.

contre les collecteurs d'impôts. t. • Débourber et dèbourbonner. •

3. Marguillier Tient de mairie**- Henri de Bourbon, depuis Hsnbi IV,

rius, celui qui tient le malrieuk de «tait en butte aux injures des ligueurs,

l'église. «. Très-difficile.

te taux catholicon d'Espagne * est une drogue qui prend tes pauvres gens par le nez; et n'est pas sans cause que les autres nations nous appellent caillettes, puisque, comme pauvres cailles coiffées et trop crédules, les prédicateurs et sorbonnistes, par leurs caillets * enchanteurs, nous ont fait donner dans les rets des tyrans, et nous ont par après mis en cage , renfermés dedans nos murailles pour apprendre à chanter. Il faut confesser que nous sommes pris à ce coup, plus serfs et plus esclaves que les chrétiens en Turquie, et les juifs en Avignon8. Nous n'avons plus de volonté ni de voix au chapitre; nous n'avons plus rien de propre que nous puissions dire: Gelaestmien ; tout est à vous, messieurs, qui nous tenez le pied sur la gorge, et qui remplissez nos maisons de garnisons. Nos privilèges et franchises anciennes sont à vau-l'eau *, notre hôtel-de-ville, que j'ai vu être. l'assuré refuge du secours des rois en leurs urgentes affaires, est à la boucherie 5 et notre cour de parlement est nulle...,, et l'Université devenue sauvage.

Mais l'extrémité de nos misères est qu'entra tant de malheurs et de nécessités, il ne nous est pas permis de nous plaindre ni demander secours; et faut qu'ayant la mort entre les dents, nous disions que nous nous portons bien, et que sommes trop heureux d'être malheureux pour si bonne cause. 0 Paris, qui n'es plus Paris, mais une spélunque 6 de bêtes farouches, une citadelle d'Espagnols, de Wallons et Napolitains ; un asile et sûre retraite de voleurs, meurtriers et assassinateurs! ne veux-tu jamais te ressentir de ta dignité, et te souvenir qui tu as été, au prix de. ce que tu es? Ne veux-tu jamais té guérir de cette frénésie qui, pour un légitime et gracieux roi, t'a engendré cinquante roitelets et cinquante tyrans? Te voilà aux fers: te voilà en l'inquisition d'Espagne, plus intolérable mille fois, et plus dure à supporter aux esprits nés libres et francs, comme sont les Français,, que les plus cruelles morts, dont les Espagnols se sauraient avi-

1. Le prétexte de la foi catholique, 3. Avignon- faisait partie des États entendue au profit de l'ambition espa- de l'Église.

gnole. Le Catholicon, terme de phar- i. A veu Veau , c'est-à-dire aval

macie, était un électuaire purgeant l'eau, en suivant le fil de l'eau. * tcutet les humeurs. 5, Le prévôt des marchands se nôra-

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