Non halaverunt, n'ont plus soufflé
Feuilles et fruictz des arbres abbatirent â? Le cler soleil chaleur plus ne rendit; Du manteau vert les prez se devestirent; Le ciel obscur larmes en respendit1.
Le grand pasteur 8 sa musette fondit, Ne voulant plus que de pleurs se mesler, Dont* son trouppeau, qui plaindre l'entendit, Laissa le paistre, et se print à beslcr \
Biches et cerfs estonnez s'arrestôrent ; Bestes de proye et béates de pasture, Tous animaulz Loyse regrettèrent, Excepté loups de maulvaise nature»
Tant en effet griofve fut la poincture9, Et de malheur Tadventure si pleine Que le beau lys en print noire taincture, Et les trouppeaulx en portent noire laine7.
Sur l'arbre sec s'en complainct Philomène1, L'aronde§ en faict criz piteux et tranchans, La tourterelle en gémit, et en meine Semblable deuil; et j'accorde i0 à leurs chants.
0 francs bergers, sur franche herbe marchans, Qu'en dictes- vous? Quel dueil, quel ennuy est-ce De veoir sécher la fleur de tous nos champs? Chantez, mes vers, chantez; adieu, liesse11 !
Tant eust au chef n de sagesses encloses, Tknt bien sçavoit le clos de France aynaer, Tant bien y sceut au lys joindre les roses, Tant bien y sceut bonnes herbes semer !
D'où vient oela qu'on voit l'herbe seichantè M
1. Les vents ont abattu feuilles et 6. Si grave, si aiguë fat la biesmi*. fruits. 7. Ici, le deuil est trop spirituel
2. En répandit des larmes. Cette s< Philomèle. complainte est une élégie pastorale. T<ll1.rn ,„,,„ #Lfrtf.Jn% Ce soot des bergers qui chantent. 9' ^rondelle (htomio).
3. Marot met ici en scè..e denx J*r- 10' Je 8Uis d'accord «*■■• gers, Colin d' Anjou et Thenot de 11. Joie (Imiitia).
Voïton. { r . En sa tête. Il s'agit de la ffio*