‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 310 sur 559 · Cherche deux fois à · texte numérisé non relu

Cherche deux fois à

7. La mélancolie de nos anciens était légère et discrète. Compares cet accent furtif de tristesse i ces dernières paroles {novissima ver^\ de Lamartine:

Oui, de mon impuissante à la Un coovaînto, Me voilà! demandant si jamais j'ai vécu, Touchant au terme obscur de mes contes

[aanfe,

Comptant mes pas perdus et mes heurts

[aoasèes,

Aussi surpris de vivre, aussi vide, as» os,

Que le jour oà l'on dit : « Un enfant ntoi

[»sdoI • Prêt à rentrer sons l'herbe, a tarir, à ni

[Uilf, Comme le filet d'eau qui, surgi de la terre, Y rentre de nouveau par la terre englouti, A quelques pas du sol dont il était sorti 1 Seulement, cette eau fait sans savoir qu'elle

[coule, Ce sable ne sait pas ou la vagut le reala,

MORALITÉS ET SOTIES M

MORALITES ET SOTIES

Tandis qu'une pensée pieuse avait donné naissance à la Confrérie de la Passion, instituée définitivement en 1402, par lettres patentes de Charles VI, qui lui concédait le privilège exclusif de jouer à Paris, Dieu, la Yierge et les Saints, d'autres sociétés s'organisèrent en vue d'nn divertissement tout profane.

Déjà, sens le titre d'Enfants sont souci, des fis de. famille, dissipés et spir-îuels, avaient conçu l'idée peu édifiante de s'amuser aux dépens des défauts et des ridicules humains. Réunis en une corporation, dont le chef s'appelait Prince des sots*, ils furent, eux aussi, autorisés par Chartes VI à représenter leurs Sottes en place publique, sons les piliers de la Halle, où se dressaient leurs tréteaux.

Dans leur voisinage, les clercs des Procureurs, autrement dits la Basoche, formèrent aussi un pet il royaume de Cocagne ayant sa juridic- ■ tion, sa hiérarchie, ses coutumes et ses fîtes. A certains jours solennels, ils jouaient des moralités et des farces. Comme ce répertoire avait des affinités avec celui des Enfants sans souci, les deux compagnies négocièrent de puissance à puissance, et s'accordèrent mutuellement la liberté de franchir les frontières de leurs provinces, de sorte que leurs spécialités primitives se confondirent plus d'une fois.

Si ces concessions réciproques les mirent à l'abri de conflits provoqués par la concurrence, des périls d'un autre genre menacèrent souvent ces acteurs satiriques dont la malice était surveillée de près par un pouvoir ombrageux.

Pendant les troubles et les misères qui désolèrent la France tons Charles VI, tout le monde, princes et peuple, semblant avoir perdu la tête, le roi fut encore le moins coupable de ces fous qui prenaient toute licence. Aussi la raillerie eut-elle ses coudées franches sur le théâtre. Les clercs ne furent guère plus sages que les autres et ne se firent pas faute d'être factieux, à l'ooeasion. Il en résulta qu après la restauration de Charles Vil, un des premiers actes du Parlement fut de punir leurs anciens méfaits, et d'assujettir les troupes comiques aux décisions d'une censure préalable. Mais cette servitude fut bientôt éludée, si Ton en juge par les arrêts nombreux et contradictoires qui se succèdent coup sur coup. D'ailleurs, on en était quitte alors pour quelques jours de prison, au pain et à l'eau.

Il n'en devait plus être ainsi sous le règne de Louis XL Le grand acteur de Plessis-les-Tours ne plaisantait pas, et s'il permit la farce

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