‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 380 sur 559 · Véridiqm · texte numérisé non relu

Véridiqm

6. Qui a de la pudeur» de la honte {verecuHdus), qui a de la vergogne, vcrecuHdio. Dévergondé est le contraire.

7* Faisant l'an m due.

8. Ronsard se laisse inspirer ici par l'esptit de parti. Il fut par instinct poète sacerdotal et monarchique. Le libertinage d'opinion répugnait i son goût de discipline. Un sentiment de patriotisme sincère lui dicta les vers que voici :

Voyant le laboureur tout pensif et (ont morne, L'un traîner en ploorant sa tache par la corne. L'autre porter an col ses enfans et son lit, Je m'enfermai trois joors, renfrogné de dépit; Et prenant te papier et l'entre de colère. De ee temps malheureux j'écrivis la misère.

Malherbe disait avec le même accent;

Un malheur Inconnu glisse parmi lee nommât, Qui les rend ennemis da repos on nous [sommes; La plupart de leurs *o»x tendent an changement; Et eomme alla Tiraient des mieèros publifeees, Pour les renouveler, il* font tant do prati- [qnes, Que qui u'a point de peur n'a point de juge- [ment.

Ronsard aspirait, aussi lni, à la restauration de la paix publique, an temps ou

Le terreur d'en grand nom rendra nos vtlta Portes; On n'en gardera plnt ni les murs ni les (portes, Les veilles cesseront an sommet de noa tour.*; Le fer, mieux employé, cultivera la terre; Et le peuple, qui tremble aux frayeurs de la [guerre, SI ee n'est pour danser, n'erra pins les ta» [bours.

Un des disciples de Ronsard, Joachim de Baïf, s déploré les querelles religieuses en ces vers :

Vraye fey de terre est bannie, Ifentorge les esprits manie.

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A la reine Elisabeth '

N'offensez point par armes ny par noise \ Sy m'en croyez, la province françoise ; Car, bien qu'il fust destiné ' par les cieux Qu'un temps* seriez d'elle victorieux; Le mesme ciel pour elle a voulu faire Autre destin, au vostre tout contraire.

Le François semble 8 au saule verdissant : Plus on le coupe, et plus il est naissant, Et rejetonne en branches davantaige •, Prenant vigueur de son propre dommaigc. Pour ce, vivez comme amiables sœurs.

Quand vous serez ensemble bien unies, L'Amour, la Foi, deux belles compagnies7, Viendront ça bas8 le cœur nous eschauffer; Puys sans harnois, sans armes et sans fer, Et sans le dos d'un corselet • vous ceindre, Ferez vos noms par toute Europe craindre; Et l'Âge d'or verra de toutes parts Fleurir les lys entre les léopards 10.

Tool «bot régne autorisé; Débord* le monde à tml 'aire

Sans balance va la justice : Religion sainte, eu ss-lu ?

Pour bon., lo, pas» le tie.; , UAngleterre était récemment en

Humeur et droit est mesprisé. ^ ^c £ ^^ ^ ^ ^.^

C'est estre fol que d'e*tre sage, Ronsard introduit le dieu Protée, qui

S« ^.r^r^ieudronu J!* * *«-** «*"»» ï ff

O Fil. de Die.. ! Vérité me«me, ï^iqne dont 1 accent n'eût pu été dé-

Mamts ie Tentent de ton Saint Cresme; MTOné par Malherbe.

Qui loin ny pris ne s'en oindront 1# par méchante qnerelle.

Nous pointillons sur br doctrine, , j. , . j & rf

Cbaena à sa posto en dsrino, "' " *M *"" *" u c* cu* *»»"«•

Barbouillant la religion. 4. Qne momentanément*.»

Non conten* nos songes en dire, - »-.m«.m- .«

Le* publier et le. ««rire, *• BMIMAlt an...

Kn armons la sédition. • e. Dnrls nt il» tonsa b1penalbnsf

O religion mal menée ! P«r damna, per eades, ab ipto,

Las mondains qui t'ont profanée Migra) feraei frondis in Algido,

Te tiraillent à leurs plaisirs, DocH »P~ animnmque ferre. (Honici.

t* ^Kr1 T1 * n,Ml° 7- Compagnes.

En esublit sa tyrannie, r °

Le people ses trompeurs désirs. 8. Ici-bas.

Poneques tu n'es plu. qoMne fable 9 Jymte coîragge#

O religion vénérable ;

Va nom feint, masque de vertu ; io. Allusion aux armes de la Grand e-

8eas ltquel le viee ordinaire Bretagne et de la France.

426 CLASSIQUES FRANÇAI*

m* m* Tfctttri** cm ta»

A âatnôrine de Médicis

C'est vous, Roine sy sage, en voyant ce discord », Qui pouvez, d'un seul mot, les mettre tous d'accord J Imitez le pasteur qui, voyant les armées De ses mouches k miel, fièrement animées, Pour soutenir leurs roys, au Combat se ruer, Se percer, se piquer, se navrer s, se tuer, Et parmy les assaults forcenant4 pesle-mesle, Tomber mortes du ciel aussy menu que gresle, Portant un gentil cœur dedans un petit corps*, Verse parmy les airs un peu de pouldre1; et lora Retenant des dedi camps la fureur à son ayse, Pour un peu de sablon leurs querelles apaise.

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Quand le jeune Phénix sur son espaule tendre

Porte le lit funèbre et Podoreuse * cendre,

Reliques de son père, et plante8 en appareil

Le tombeau paternel au coucher du soleil,

Les oiseaux ébahis, en quelque part qu'il nagé *.

De ses ailes ramant, admirent son image,

Non pour lui voit* le corps de mille couleurs peint,

Non pour le voir si beau, mais parce qu'il est saint.

Oiseau religieux " aux mânes de son père ;

Tant de la piété Nature bonne mère

I. Cette pièce, intitulée Misères de Ingénia «nftncw angntto 6» pettêrê ttr-

ce temps, est écrite à l'occasion des . lsanU

premiers massacres de religion, dont «• Suspension imitoUre et pittores.

le signal fat donné en MO. 4ae-

i. Mot tombé en désuétude, et n- Himom «*»"** dl«* *** •rg*J

grettable, puisqu'on dit bien accord. Pwit)m-, «rfcui joctu eompHm^ktesetmu

8. Se blesser (du norois nofr, nbfar, 7. Mot forgé par Ronsard, pour odo-

Instrument tranchant), rante.

4. Ce verbe n'est plus employé «. Planter est deven* familier dans

qu'au participe passe forcené [forsen- le sens d'établir, de arêtier,

nato , fou furieux, hors de sens, foris 9. Dans les aire ; Ronsard se soo-

tensu). yient ici de rmigto alarum , eipres-

». Tout ce passage sent son Virgile. sion de Virgile.

W Arw <t*n$a magie piuit oere granio% — 10. Pieux envers les minet.

Prodigua, dès le naistre *, en l'air et dans les eaux, La semence vivace* au cœur des animaux* !

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Toujours Thumilité gagne lé cœur de tous :

Au contraire l'orgueil attire le courroux.

Ne vois-tu s ces rochers, remparts de la marine* ?

Grondant contre leurs pieds, toujours le flot les mine,

Et d'un bruit escumeux à l'entour aboyant, "

Frémissant de colère, en vagues tournoyant,

Ne cesse de les battre, et d'obstinés murmures 8

S'opposer à Teffect de leurs plantes e si dures,

S'irritant de les voir ne céder à son eau 7.

Mais quand un mol sablon par un petit monceau

Se couche entre les deux*, il fléchit la rudesse

De la mer, et l'invite, ainsi que son hôtesse,

A loger en son sein : alors le flot qui voit

Que le bord lui fait place, en glissant le reçoit 9,

Au giron lè de la terre apaise son courage,

Et, la léchant, se joue aux grèves du rivage.

La vigne lentement de ses tendres rameaux Serpente, s'insinue aux faîtes des ormeaux, Et se plie à Tentour de l'estrangère écorce, Par amour seulement, et non pas par la force ; Puis, mariés11 ensemble, et les deux n'étant qu'un,' Font à l'herbe voisine un ombrage commun.

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A Henri III

A Vous, race de rois, prince de tant de princes,

Qui tenez dessoubs Vous deux si grandes provinces '*,

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