NT0INE DE BAIF
Né à Venise, fils de l'alhoassadêur LftZ&re de Baïf, Antoine pour maîtres des savants renommés, Charles Es tien ne, Nicolas Yei gèce et Jean Daurat, près duquel il fut condisciple de Ronsard, treize ans, il parlait toutes les langues de l'Europe, et s'était déjà ÙA connaître par des poésies latines et. françaises. Devenu secrétaire <i Charles IX, après la mort de son père, qui le laissa pauvre, cet en fa; prodige tourna de plus en plus au curieux et à l'érudit. Non contei de faire imprimer un volume de vers qu'il nommait-jtoiflna. et où i! 1 prétendait appliquer les règles de la prosodie antique, il introduisit dans riotre alphabet la double lettre ou des Grecs, inventa des triphthonguea, et tenta de change rnos comparatifs et superlatifs1. Ne s'avisa-t-il pas de forcer ses contemporains à dire savantieur au lieu de plus savant, et savantime au lieu de très-savant ?
Estimons pourtant ses traductions du théâtre ancien. Son ÀrUigone a de l'ampleur et du mouvement. Son Miles Gloriosus (Le Brave), représenté devant la cour, à l'Hôtel de Guise, en 1567, est d'une exactitude élégante. Moins heureux avec Thé oc rite et Térence, il s'est bien tiré d'affaire, en face de Bion et d'Anacréon. Quand il rima pour son propre compte, il eut le sentiment du comique, et s'éleva parfois au ton de l'ode. Il conçut le premier l'idée d'une Académie, à laquelle Charles IX donna des lettres patentes en 1570, mais qui périt en 1591 *•