Faire t 'impossible pour fêter les
Fait un mort estre vif, et un vif trespassé.
On reconnoist les dieux, ainsi que dit Homère ,
Au mouvement des pieds, qu'ils tournent en arrière t
Mon procès prend plaisir à toujours reculer*
Les dieux sont reconnus souvent à leur parler,
Car tout autre est leur voix que n'est nostre langage s
Les procès, vrais Bretons ', ont à part 2 un ramage.
Aux dieux, francs de la mort, on dresse des autels :
Qu'on en dresse aux procès, puisqu'ils sont immortels ;
Mon procureur Guillon en saurait bien que dire,
Qui, mon procès jugé, tire encoro et retire »,
Et depuis seize mois m'a tant villonisé *
Que je le tiens déjà pour immortalisé.
La main de Jupiter par un horrible foudre ,
Porte des tourbillons, met en cendre et en poudre
Les orgueilleuses tours et les hautes forests :
Aussi font bien souvent les foudres des arrests ;
Les plus grosses maisons, à plaider obstinées,
Par l'effort des procès se trouvent ruinées.
Jupiter courroucé d'un don va s'apaisant :
Un vigoureux procès s'adoucit d'un présent.
L'ambrosie et nectar font des dieux les délices,
Et le procès friand aime fort les épices * ;
Apollon est à craindre , avec son arc d'argent ,
Comme avec un exploit* est à craindre un sergents
D'Apollon et Bacchus on vante la jeunesse :
Un procès rajeunit souvent en sa vieillesse.
Si les dieux déguisés, changeant leur majesté,
En bestes et oiseaux par la terre ont esté ,
Kt ont fait de bons tours dessous forme empruntée.
Le procès ne doit rien aux changes de Protée8 ;
Vous le pensez civil, il devient criminel ;
Vous l'estimez fini, lorsqu'il est éternel.
I. 06 l'on baragouine. teur de quelques dragées on confitures,
t. Un jargon à part. Ce qui était d'abord volontaire de-
8. Tire des écus de ma bourse. Tint u*e «°rtê de teM imposée.
4. Frlponner; ce mot a le même 6- Acte <Ine l'huissier dresse et siorigine que villain ; on disait la t //te- S1»86 Pour assigner, notifier et saisir. nailte,youT la canaille. L'esprit de 7. Officier de justice chargé des easle a laissé là sa trace. poursuites judiciaires, l'ktUuiet.
5. Celui qui avait gagné son proees 8. Est aussi sujet que Protée an* faisait çi-ésent au juge ou au rappor- métiffiorphoae*.
Du monde la grandeur de ta grandeur est pleine , Procès, fils du chaos : mais j'ai trop courte haleine Pour un si long discours : finis doncque mes vers, Toi qui dois mettre fin à ce triste univers *.
0AVTBCARDB POtJIt LA HAI0OX »B BAICiKOLET CONTM LEfl HB1*THB«
Empistolés * au visage noirci,
Diables du Rhin, n'approchez point d'ici :
C'est le séjour des filles de Mémoire 3.
Je vous conjure* en lisant le grimoire 5,
De par Bacchus, dont suivez les guidons °,
Qu'alliez ailleurs combatre les pardons 7.
Volez ailleurs, messieurs les hérétiques :
Icy n'y a ni chappes ni reliques.
Les oiseaux peints8 vous disent en leurs chants :
Retirez-vous, ne touchez à ces champs :
A Mars n'est point ceste terre sacrée ,
f. Comparez l'allégorie de la chicane dans Boileau.
Les geos de palais ont toujours été tés-impopulaires auprès de nos poètes* Voici une épitaphe destinée i an pro tureur :
Ci-gît qal toujours griffonna, Beaucoop de papier barbouilla, Dana l'encre la raison noya, Comme un Ostrogoth s'exprima.
Contre ses clercs toujours pesta.
An petit grenier les logea , An chant du coq les éveilla, Maigre repas leur reprocha, Aux jours de fête et île gala Dîner dehors les envoja ; La veuve et l'orphelin pilla, De leur sang se rassasia, Tant qu'à la fin il en creva, Clercs et plaideurs, qu'il est bien là !
Passerat avait dit ailleurs dans un sonnet :
La femme et les procès sont deux choses [semblab es :
L'une parle toujours, l'antre n'est sans pro- [pos ; L'an» aime à tracasser, l'autre hait le repos; Tous dent sont déguisés, tous deux impitoyables...
Tons deux, sans rien donner, prennent à [toutes mains,
Tous de», en peu de tempi, ruinent les ha-
[mains ;
L'un attise le feu, l'antre allume les flammes;
L'un aime le débat, et l'autre las discorda.
Si Dieu doneques tooloit faire de beaux ae-
[ccrds,
Il faudrait qu'aux procès il mariast lea
[femmes.
2* Armés de pistolets.