E.B CRÉATEUR
Ouï, Ton connoît un Dieu très-manifestement, Voyant de l'univers l'admirable ornement , Le ciel toujours tournant d'une égale mesure, Qui d'estoiles sans nombre embellit sa voulture *, Des planètes » le cours justement compassé , Sans que jamais il ait sa borne outrepassé, Et des quatre élômeng la force modérée , Et des quatre saisons la vertu tempérée Pour nourrir et meurir et les corps et les fruicts, Que libôralemsnt la nature a produicts.
Mon fils, les centimens des rois 1. Ce mot voulait d'ije le ëtt», l*
Ne sont pas toujours iïg linu-s; poitrine.
Les vertus leur sont quelquefois
Moins supportables qUu les crimes. 2. Forme latine, pour j'apprends à
Heureux qui vit obscurément l'homme»
Dans quelque petit coin de terre 1
Et qui s'approehe rarement 3. En lui inspirant la douce crainte
De ceux qui portent Je tonnerre! d'offenser Dieu.
Puisses-tu connaître le prix
Des paroles que te débite 4. Le mot est tombé ÇO (ttUtitofc
Un courtisan à rfce»enx grfs
Oue la raison a fuit licrmitvl 0. Do «tatf|TqCy «mill.
DRSPORTES 40o
DESPÛRTES
Né à Chartres, d'abord olero de procureur, puis secrétaire d'un évêque, favori de Charles IX et d'Henri III, conseiller d'État, chanoine de la Sainte-Chapelle, abbé de Tiron, de Josaphat, de Bonport, d'Aurillac et autres lieux, rimeur et diplomate, à la fois Ariste et Philinte, Philippe Desportes fut un homme heureux dont la vie s'écoula voluptueuse et tranquille comme sa poésie même. Il représente l'école de Ronsard inaugurant sa seconde période dont le principal caractère est l'afféterie et la mignardise»
La fièvre pindarique une fois tombée, l'imitation des Italiens avait de plus en plus prédominé sur le goût des modèles grecs et latins. Sous cette influence s'épanouit une floraison gracieuse , mais trop artificielle, qui nous paraît aujourd'hui bien fanée par le temps. Poète lymphatique dont la pâleur se dérobe sous le fard, Desportes expia ses couplets de jeunesse par la traduction des Psaumes. Nous ne dirons rien de ces vers inspirés par un esprit de pénitence. Malherbe les jugea bien quand il dit un jour : « Votre potage vaut mieux que vos cantiques. » La chanson du moins lui porta parfois bonheur, en dépit d'une gentillesse trop étudiée, qui vise au naturel et joue la simplicité. Desportes fut le premier qui prononça le nom de pudeur. N'oublions pas qu'il fut l'oncle dejkïathurin Régnier, C'est peut-être son meilleur titre.
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