‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 481 sur 559 · Moineau (autrefois moisneh mois · texte numérisé non relu

Moineau (autrefois moisneh mois

jori), vient du latin- muscionem, petit m'

ciseau, qui lui-même procède 4e musèa, 1 2. Les églises réformées g'ap£éfataii

mouche. ta Tdmpte.

Qu'un blanchissant amas d'os de morts massacrez * ?

Les morts te loueront-ils? Tes faicts grands et terribles Sortiront-ils du fond de ces bouches horribles? N'aurons-nous entre nous que visages terreux, |

Murmurant ta louange aux secrets de nos creux * ? '

En ces lieux caverneux tes chères assemblées, |

Des ombres de la mort incessamment troublées, Ne feront-elles plus resonner tes saincts lieux Et ton renom voiler des terres dans les cieux?

Quoi ! serons-nous muets, serons-nous sans oreilles, Sans mouvoir *, sans chanter, sans ouïr tes merveilles? As-tu esteint en nous ton sanctuaire? Non, De nos temples vivans 4 sortira ton renom.

Tel est en cet estât le tableau de l'église ;

Elle a les fers aux pieds, sur la géhenne * assise,

A sa gorge la corde et le fer inhumain,

Un pseaume dans la bouche, et un luth en la main °.

Tu aimes de ces mains la parfaicte harmonie :

Nostre luth chantera le principe de vie ;

Nos doigts ne sont point doigts que pour trouver tes sons,

Nos voix ne sont point voix qu'à tes sainctes chansons 7.

Que ceux qui ont fermé les yeux à nos misères, Que ceux qui n'ont point eu d'oreille à nos prières, De cœur pour secourir, mais bien pour tourmenter, Point de main pour donner, mais bien pour nous oster,

Trouvent tes yeux fermez à juger leurs misères; Ton oreille soit sourde en oyant leurs prières; . Ton sein ferré 8 soit clos aux pitiez, aux pardons ; Ta main sèche, stérile aux bienfaicts et aux dons.

Page 1