‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 51 sur 559 · I. C'était déjà une locution prorer- ê (Mabot · texte numérisé non relu

I. C'était déjà une locution prorer- ê (Mabot

biale Ce refrain revient souvent ches ». La première fois que Pautagruel

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Panurge marchande avecques Dindenault ung de m montons.

Panurge dist secrètement a Epis te mon et a frère Jean ; Retirez vous icy ung peu a Tescart, et joyeusement passez temps a ce que voyrez '. 11 y aura bien beau jeu, si la chorde ne rompt *. Puys s'adressa au marchant, et derechief beut

rencontra Panurge, celui-ci répondit i ses questions daos tontes les langues anciennes et modernes. Il finit par lai parler français. Yoici la dernière partie de cette scène comiqne :

t Dea . mon amy, dist Pantagruel, ne scavez vous parler françoys ? Si fays tresbien , seigneur, respondist le compaignon, Dieu mercy ; c'est ma langue naturelle et maternelle, car je suis né et ay esté noarry jeune au jardin de France, c'est Touraine. Doncqnes, dist Pantagruel, racontes nous quel est vostre nom, et dond von s venez : car, par ma foy, je vous ay ja prins en amour si grand que , si vous condescendes a mon vouloir, vous ne bougerez jamais de ma compaignie, et vous et moy ferons ung nouveau pair d'amitié, telle que feut entre Enee et Achates.

€ Seigneur, dist le compaignon, mon vray et propre nom de baptesme est Panurge» et a présent viens de Turquie , ou je feus mené prisonnier lors qu'on alla a Me tel in en la maie heure. Et vouluntiers vous raconteroys mes fortunes, qui sont plus merveilleuses que celles d'Ulysses ; mais, puis* qu'il vous plaist me retenir avecques vous, et j'accepte vouluntiers l'offre, protestant jamais ne vous laisser, et allissiez vous a tous les diables, nous aurons en aultre temps plus commode assez loisir d'en raconter. Car, pour eeste heure, j'ay nécessité bien argenté de repaistre : dens agues, ventre vuide, gorge seiche, appétit strident, tout y est délibéré. Si me voulez mettre en oeuvre , ce sera basme de me veoir briber : pour Dieu donnez y ordre. Lors commanda Pantagruel qu'on le menast en son logys, et qu'on luy

apportast force vivres. Ce que feut faict, et mangea tresbien a ce soir, et s'en alla coucher en ebappon, et dormit jusqnes au lendemain heure de disner, en sorte qu'il ne feit que troys pas et un sault du lict a table. •

Rabelais a une vive sympathie pour Panurge, Voici comment Pantagruel e»

parle au début de ce chapitre :

« Ung jour Pantagruel, se^ponrmenant hors la ville, vers l'abbaye Saioct Antoine , devisant et philosophant avecques ses gens et aulcuns escholiers, rencontra ung homme beau de stature et élégant en tous lineanaens du corps; mais pitoyablement navré en divers lieux, et tant mal en ordre qu'il sembloytestre esebappé es chiens, ou mieulx ressembloit un cueilleur de pommes du pays du Perche. De tant loing que le veit Pantagruel, il dist es assistans : Yoyez vous cest homme qui vient par le chemin du pont Charenton ? Par ma foy , il n'est paovre que par fortune : car je vous asseure que, a sa physiognomie, nature l'ha produict de riche et noble lignée ; mais les adventures des gens curieux l'ont reduict en telle pénurie et indigence. Et ainsi qu'il feut au droict d'entre eulx, il luy demanda : Mon amy, je vous prie qu'ung peu voeiHex icy arrester et me respondre a ce que vous demanderoy.

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