‹ Les grands écrivains du seizième siècleChapitre 52 sur 559 · A ce que vous ferrez · texte numérisé non relu

A ce que vous ferrez

t. Métaphore empruntée au jeu de la balançoire.— L'histoire des moutons de Panurge se trouvait déjà dans la xi* Macaronée de Merlin Goccaie. Mais le plaisant dialogue qui suit est parement rabelaisien.

* luy plein hanap ' de bon vin lanternois 2. Le marchant le pleigea* guaillard, en toute courtoysie et bonnes te té. Gela faict, Panurge dévotement le prioyt luy vouloyr de grâce vendre ung de ses moutons *. Le marchant luy respondit : Helas, helas, mon amy, nostre voisin, comment vous sçavez men trupher5 des paovres gens! Vrayement vous estes ung gentil chalant •• 0 le vaillant achapteur7 de moutons! Vray bis, vous portez le minois non mie d'ung achapteur de moutons, mais bien d'ung coupeur de bourses. Deu Colas, m'faillon *, qu'il feroyt bon • porter bourse pleine auprès de vous ! Han, han, qui ne vous congnoistroyt, vous feriez bien des vostres10.— Patience, dist Panurge. Mais a propous, de grâce spéciale, vendez moy ung de vos moutons. Combien? — Comment, respondit le marchant, l'entendez vous, nostre amy, mon voisin? Ce sont moutons a la grande laine11. Jason y print la toison d'or. L'ordre " de la maison de Bourguoigne en feut extraict. Moutons de levant, moutons de haulte fustaye *" ; moutons de haulte gresse. — Soit, dist Panurge : mais de grâce vendez m'en ung, et pour cause; bien et promptement vous payant en monnoye de ponant, de tailliz, de basse gresse "• Combien?— Nostre voisin, mon amy, respondit le marchant, escoutez ça ung peu de l'aultre aureille. — Pan. A vostre commandement. Le march. Vous allez en Lanternois? Pan. Voyre 1S. Le march. Veoir le monde? Pan. Voyre. Le march. Joyeusement? Pan. Voyre. Le March. Vpus avez, ce croy je, nom

1. ffon«p,d«rall.ÂJWjî,YU«àboire. fillot Nicolas, qui serait un terme de

9. C'est un pays de pure fantaisie. calinerie railleuse. Deu ou deuh I est

. . . , , . ... , une interjection usitée dans la Moselle

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