Nous avons cru devoir reproduira lecture pi os courante
ici cette préface, qni nous donne, en î. Il faut qu'on s'accoutume ici h
un langage excellent, une haute idée prendre ce nom de Gascon au sérienx
des Commentaires. On y leconoait la et en éloge. U ne s'usa et ne se gâta
plume d'un lettré. Elle figura en tète que deux siècles plus tard. Sans faire
de l'édition publiée quinze ans après tort aux antres provinces et accepter
sa mort, en 1592. Elle est de Flori- des préférences injurieuses de Tune à
mond de Remond, conseiller au par- l'autre, rappelons que cette généreuse
lement de Bordeaux, un des meilleurs contrée fut la patrie de Montesquieu
écrivains de la Gascogne. Nous avons et de Montaigne, de Lannes et de
rajeuni l'orthographe pour rendre la MuraU
<i(i CLASSIQUES FRANÇAIS
et Je choix de la plus belliqueuse noblesse de la terre, et l'essaim ' de tant de braves guerriers, qui peuvent contester * l'honneur de la vaillance avec les plus fameux capitaines * grecs et romains qui furent oncques.
Mais entre tout ceux qui, extraits de votre noblesse, ont jamais porté épée, nul n'a devancé la prouesse, P expérience et la résolution de cet invincible chevalier Blaise de Montluc, maréchal 4 de France. Cette prérogative d'honneur ne lui peut être disputée, non plus que celle que le ciel lui avait donnée d'une prompte et merveilleuse vivacité d'entendement; d'une souple et néanmoins très-retenue prudence, qu'il découvrait sur-le-champ au maniement des affaires ; d'une mémoire admirable et si riche, qu'il ne s'en voit presque point de semblable ; d'une parole aisée, forte et courageuse, et pleine d'aiguillons d'honneur parmi l'ardeur des combats et aux affaires d'État1; d'un langage rassis, rehaussé de pointes de raisons et d'arguments s le tout accompagné d'un jugement si clair et si vil, qu'encore qu'il fût destitué de la faveur des lettres, toutefois la lumière de son esprit offusquait la clarté de ceux qui avaient joint à une longue expérience une parfaite et recherchée connaissance d'icelles.
I.a plupart de vous, qui l'avez connu, et qui avez combattu sous son enseigne, n'en flésirez point de témoignage; mais la jeunesse qui n'a point vu ce grand homme, outre ce qu'elle en peut avoir appris, l'entendra au vrai par ces siens Commentaires, qu'il vous avait de son vivant voués, qu'il dicta étant malade et languissant de cette grande arquebusade • qui lui froissa le visage au siège de Rabastens, où, pour sa dernière main T, il servit son roi de pionnier, de soldat, de capitaine et de général tout ensemble, ne pou-
i . Essaim vient de examen. mnrahscalc, valet qui soigne les che-