I. Et pourtant. 5. Ce mot n'est plus employé qu'au
». Mot très-fort, qui A pour ori- pluriei. Oa lit daai Malherbe : • Quand
gii e (t» odio habere, avoir en haine). raguei d'un pirate arrêta Uur voyage. »
*• Mit de ta poix i ton fil Deiper* s. Voila qui est d'un peintre.
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Fontaine, nom trouvons bien aussi r«W" « **";
l'erpression populaire, mais prise à la 8- Itt continent», sur-le-champ,
wwee commune, sans réalisme vul- 9, frayer est ici pris dans son sens
îl,w- propre ; car ce mot tient de fricote,
ce trait est pittoresque! trotter.
HONTLUC
Né dans l'A génois, aux environs de Condom, fils atné d'une noble maison, Biaise de Montluo était déjà soldat en 1521. Il prit son essor au-delà des Alpes, et les campagnes d'Italie furent, sous Charles VIII et Louis XII, sa première école militaire. En 1523, nous le voyons conduire une périlleuse retraite à Saint-Jean-de-Luz, et y gagner le commandement d'une compagnie. Prisonnier à Pavie, il prendra sa revanche en maint fait d'armes, où il se montra sinon stratégiste de haut vol, du moins officier accompli, plein de ressources, ayant le coup d'œil prompt et la main sûre, alliant l'art à l'audace, et l'adresse à la témérité. Ecuyer, enseigne, capitaine, mestre de camp, lieutenant du roi et enfin maréchal de France, il assista, durant un demi-siècle, à cinq batailles rangées, à dix- sept assauts, à onze défenses de places, et à deux cents escarmouches. Parmi ces glorieux hasards, signalons son rôle à Cérizolles, et son intrépide défense de Sienne qui fit bruit dans toute l'Europe.
Il est regrettable qu'il y ait aussi d'autres pages dans sa vie. Lorsqu'on 1362, Catherine de Médicis l'envoya pacifier la Guienne, il le fit si bien, qu'à son départ les villages ressemblaient à des cimetières : sur les routes, les branches des arbres devinrent des gibets, odieux trophées dont la seule excuse , s'il en est une , fut sa triste obéissance à des ordres fanatiques. Sa vieillesse expia le sang versé. Il vit périr ses quatre fils, et mourut à soixante-dix ans, mécontent, isolé, effrayé de l'avenir.
Montluc « haïssait les écritures, » et pourtant il doit un long souvenir à ces Commentaires, qui consolèrent sa retraite morose et impatiente d'action. Il en est le héros, et nul ne s'en plaindra. Car sa vanité même n'a rien qui choque : elle a grand air, et justifie cette fière devise : « Nos vies et nos biens sont au roi, l'âme est à Dieu, l'honneur est à nous; non, sur mon honneur mon roi ne peut rien. » Il fut de ces gentilshommes pour qui toute chaude affaire était une fête. Lui aussi, sous le regard du prince, il eût « changé prés et vignes en chevaux et armes pour aller mourir au lit d? honneur. » S'il a trop manqué de ces vertus civilisées qui décorent la bravoure dans un Catinat, il sut se faire aimer du soldat, et lui « mettre des ailes au talon, du cœur au ventre. » Il est déjà homme de guerre dans le sens moderne du mot. Il sentit l'importance de l'infanterie, et accomplit ses plus belles prouesses à la tête « des gens de pied, » qu'il entraînait par son exemple.
Dans son livre, pratique avant tout, mais brillant de verve gaseonne, il a voulu se proposer pour modèle à la jeune noblesse, et a
fait profession d'être docteur ès-armes. « Je veux, dit-il, instruire ceux qui viendront après moi. Car n'être rien que pour soi, c'est en bon français, être né une bête. » Ses harangues et ses récits, qui ne sentent jamais le clerc, étiocellent de belle humeur, et sont nourris de bon sens. U a une brusquerie pittoresque, des images parlantes, des boutades spirituelles, un style énergique et allègre qui a le goût du terroir ; par ses pétulances d'imagination, il trahit le compatriote de Montaigne et d'Henri IV.
Messieurs, Gomme il se voit de certaines contrées qui produisent aucuns fruits en abondance, lesquels viennent rarement ailleurs, il semble. aussi que votre Gascogne porte ordinairement un nombre infini de grands et valeureux capitaines», comme un fruit qui lui est propre et naturel, et que les autres provinces, en comparaison d'elle, en demeurent comme stériles. C'est celle-là qui a fait naître avec tant de réputation ces redoutables et illustres princes de la maison de Foix, d'Albret, d'Armagnac, de Gomminge, de Candale, etCaptaux de Buch. C'est elle qui a élevé Poton et la Hire, deux fatales et bienheureuses colonnes, et singuliers ornements des armes de la Franee. C'est elle qui en nos jours a fait connaître à toutes les nations étrangères le nom des seigneurs de Termes, de Bellegarde, de la Valette, d'Ossun, de Gondrin, Terride, Romegas, Cosseins, Gohas, Tilladet, Sarlabous, et autres gentilshommes du pur et vrai terroir de la Gascogne ; sans mettre en compte ceux qui vivent aujourd'hui, lesquels, ardemment incités des trophées et beaux gestes de leurs prédécesseurs, s'évertuent, comme ils survivent à leur belle mémoire, d'en rapporter aussi une gloire pareille. C'est votre Gascogne, Messieurs, qui est un magasin de soldats, la pépinière des armées, la fleur