Ibid., p
5. La vie de l’ Illustrissime et Révérendissime François de Sales, par le R. P. Louys de la Rivière, de l’Ordre des Minimes; p. 91 (Lyon, 1625). Sur l’agrément physique de saint François de Sales, Sainte-Beuve écrit dans Port-Royal (I, 228-229) :
« Dès son enfance, nous dit son digne biographe, le Père de La Rivière, il estoit incomparablement beau : il avoit le visage gracieux à merveille, les yeux colombins, le regard amoureux; son petit maintien estoit si modeste que rien plus : il sembloit un petit Ange... Ce qui est plus admirable c’est que, petit à petit, par une spéciale faveur de la divine Bonté, les dons naturels qui estoient en luy se convertissaient en vertus. » (Op. cit., p. 14.) A la p. 302 du même volume, il fait allusion à « la figure longue, lisse, bénigne, fine, blanche et adoucie de lumière de saint François de Sales ».
6. Dans Port-Royal (I, 259-263), Sainte-Beuve parle aussi de cette vie active et prosélytique de saint François de Sales. La mission de conversion dont il se trouvait chargé, le duc Charles-Emmanuel de Savoie, lui donnait « un sens et un
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but d’utilité tout politique. » Sainte-Beuve ajoute : « Pour saint François, c’était tout autre chose; elle avait un sens purement religieux. Mais il est curieux d apercevoir combien il sut intéresser le zèle tout politique de ce prince à son but tout religieux à lui. Après les premiers actes de courage, de dévouement, de charité comme il l’entendait, et pour lesquels il refusa la force armée que tenait à sa disposition le baron d’Hermance, il trouva pourtant que le duc n’aidait pas assez, et que, distrait par d’autres intérêts, il négligeait de consolider l’affaire déjà entamée par la grâce. Une lettre que le duc lui adressa pour le féliciter et le mander à Turin, survint fort à souhait; il y courut, traversa les Alpes par le Saint-Bernard à l’entrée de l’hiver. Arrivé à la cour, par ses conversations, par ses mémoires écrits et discutés au Conseil, il donna une haute idée de ses lumières en d’autres matières encore qu en théologie. Il sut faire ressortir le penchant des Réformés à la république et l’inconvénient de les garder au sein d une principauté; il indiqua les moyens réguliers, non violents, mais dirigés de la part de l’autorité vers l’intérêt personnel, qui ne résiste jamais longtemps dans le gros du peuple quand les chefs et meneurs sont à bas; ainsi : « Priver les hérétiques de toutes les fonctions publiques et y favoriser les catholiques. User de quelque libéralité à l’endroit de sept ou huit personnes vieilles et de bonne réputation qui ont vécu fort catholiques et fort longuement parmi les hérétiques, avec une constance admirable et en grande pauvreté. » ( Lettres inédites publiées par M. Datta, Paris, 1835, t. I., 128 et suiv., et Marsollier, Vie de saint François de Sales, liv. III [Besançon, 1827, t. I).]
« Dans une lettre au duc, une phrase du saint résume tout le système qu’il lui conseille : « Le zèle que j’ay au service de Votre Altesse me faict oser dire qu’il importe, et de beaucoup, que laissant icy la liberté qu’ils appellent de conscience, selon le traité de Nyon, elle préfère néanmoins en tout les catholiques et leur exercice. » (Lettre de Thonon, 21 décembre 1596. Œuv. compl., XI, 226.)
« Le duc tenait à ne point paraître violer le traité de Nyon, conclu avec les Bernois en 1589; se réservant de longs démêlés avec Henri IV pour le marquisat de Saluces, il avait intérêt en ce moment à ne point exaspérer les Suisses. François de Sales entrait dans son biais en demandant tout ce qui éludait ce traité sans avoir l’air de le rompre. Toute charte, tout traité a son article 14 : le saint lui-même le savait.
» On ne s’en tint pas longtemps à ces mesures; le succès fit passer outre. La paix de Vervins était conclue (1598); le légat négociateur revenait de France; le duc<passa les monts pour le recevoir; il l’attendit à Thonon, capitale du Cliablais, et l’hérésie fit les frais du bon accueil. En ces jours de cérémonie solennelle, la conversion définitive se consomma. Le légat, hâté dans sa marche, n’y put assister jusqu’au bout; ses conseils en partant, le besoin aussi de son influence près du Pape, nommé arbitre pour le marquisat de Saluces, opérèrent. Le duc de Savoie frappa un grand coup : après une audience ou débat contradictoire, dans lequel les ambassadeurs suisses et François
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de Sales furent entendus, il signifia son ultimatum qui résumait tous les conseils du saint : « Que les ministres seroient chassés des Etats de Savoie; que les Calvinistes seroient privés des charges et des dignités qu’ils possédoient, et qu’elles seroient données aux Catholiques; qu’on feroit une recherche exacte des revenus de tous les exercices usurpés par les Hérétiques, ou possédés injustement par d’autres personnes sans titre et sans caractère, pour être employés à la réparation dés églises et à la subsistance des pasteurs et des missionnaires catholiques; qu’on fonderoit sans délai un collège de Jésuites à Thonon, et que dans le Chablais et les Bailliages on ne souffriroit point d’autre exercice public que celui de la religion catholique. » [Marsollier, Vie de saint François de Sales, III, (I, 242).]
« Dans l’exécution le duc fut expéditif : il fit convoquer deux jours après tous les Calvinistes de Thonon à l’hôtel de ville; il s’y rendit précédé de ses gardes, suivi de sa Cour; les rues et les places étaient garnies de troupes. Il parla éloquemment, dit-on, ce qui était inutile; il convia tous les héré- * tiques présents à l’obéissance, à la conversion, et conclut en ordonnant que ceux qui voulaient se soumettre passassent à sa droite, et les autres à sa gauche; ceci fait, et quelques-uns étant restés obstinément à sa gauche, il s’emporta et commanda aux gardes de les chasser immédiatement de sa présence et du pays. Mais François de Sales intervint là-dessus, et intercéda pour que l’exécution fût remise au lendemain, promettant de les ramener dans l’intervalle à des sentiments mieux entendus : « Qu’étant tous établis dans le Chablais, pour peu qu’on les aidât, ils ne pourroient se résoudre à quitter leurs biens pour être vagabonds parmi ceux de leur parti, sans feu, sans lieu, exposés à toutes sortes de nécessités; qu’ainsi, s’il l’agréoit, il espéroit avant la fin du jour lui rendre bien compte de la plupart de ces gens qui avoient paru si fermes.» [Op.cit., I, 245-246.] Quelques-uns, cependant, se maintinrent en leur conscience, et passèrent le lac dans la nuit jusqu’à Nyon; mais on voit que saint François de Sales savait à propos toucher la corde de l’intérêt humain, tout comme les adroits politiques. » A cet endroit Sainte-Beuve renvoie à la note que voici : « Il sentait à fond l'importance des avantages’ humains dans les choses spirituelles, et il semblait en prendre son parti : « C’est grand cas combien de pouvoir à la commodité de cette vie sur les hommes, et ne faut pas penser d’apporter aucun remède à cela. » (Lettre du 7 avril 1595; [Lettre datée de Thonon] commencement d’avril 1595 et adressée au P. Passerin de la Compagnie de Jésus; [Œuv. compl., t. XI, 119]). Environ deux ans après le coup d’État de Thonon, on le voit, selon cette même idée, conseiller au duc de chasser tous les hérétiques demeurés ou rentrés dans le pays et qui ne se convertiraient pas en deux mois, avec permission toutefois de vendre leurs biens : il croyait les choses assez mûres pour amener ainsi le reste des consciences : « Plusieurs, par ce moyen, éviteront le bannissement du Paradis pour ne point encourir celui de leur patrie. » (Lettre de Thonon, commencement d’octobre 1601; Œuv.
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complètes, XII, 78). Dans cette même lettre, il va jusqu’à piquer d’honneur le duc pour lui faire rendre l’édit, et jusqu’à intéresser adroitement sa fierté : « Si votre Altesse ne le fait pas, le pouvant si aisément faire, plusieurs croiront que le désir de ne mécontenter pas les Huguenots qui sont en son voisinage en seroit l’occasion ...» En insistant sur ces points, je suis bien loin, on le croira, de faire de saint François de Sales un persécuteur; sa bénignité personnelle était infinie; le reste appartient au siècle. Saint Louis, si bon, fit des choses dures... le loyal et candide Arnauld ne jugeait pas les Dragonnades trop sévèrement. Ce que je tiens, au reste, à faire ressortir en ce moment, ce n’est pas tant le côté de préjugé et de moindre lumière que celui d’habileté et de finesse. »
Revenons au texte principal. Sainte-Beuve écrit encore, à propos de cette « corde de l’intérêt humain », que saint François savait toucher quand il le fallait : « Il la toucha de même dans ses fameuses conférences avec Théodore de Bèze, qu’il alla plusieurs fois visiter à Genève; il avait mission secrète du pape Clément VIII, pour tenter de le ramener à la religion catholique. Théodore de Bèze était vieux alors et ne sortait guère de son logis; François de Sales y vint incognito. Ils se donnèrent, il paraît, des marques d’estime mutuelle et même d'affection. C’étaient deux beaux esprits, deux hommes modérés, d’un cœur fin et tendre. On ne connaît le détail de ces conférences que par le récit des amis de saint François; il serait intéressant de le savoir du côté de Bèze. Mais ce qui ressort inême du récit catholique, c’est, il faut l’avouer, la modération de Bèze, son émotion affectueuse en certains moments, ses larmes même qu’il mêle à celles de François, son mot plusieurs fois répété : qu’on peut se sauver dans l’Eglise catholique; aveu dont François s’emparait et dont il abusait un peu quand il voulait ramener Bèze à dire qu’on ne peut se sauver que là, ce qui est différent. Enfin, il paraît que ces conférences, bien que restées sans résultat et fort grossièrement traduites par tous les biographes de saint François, ne furent pas tout à fait indignes, par le ton et par le cœur, de ce que fut ensuite, par la pensée, la tentative de conciliation entre Leibniz et Bossuet.
« Mais, à un moment de la négociation, à la quatrième visite de saint François chez Théodore de Bèze, on le voit aborder ce coin de l’intérêt personnel, où se glissait, selon moi, un art de politique. D’après les instructions reçues de Rome depuis la première entrevue, il avait à offrir à Bèze, si celui-ci consentait à revenir au giron catholique, une retraite honorable, à son choix, quatre mille écus d’or de pension, etc. ; ce qu’il en vint à lui proposer, en effet, avec tous ménagements, non comme une corruption (chose impossible à tenter avec un tel homme), mais comme une compensation légitime et due. J’avoue toutefois que j’aurais autant aimé que saint François ne touchât pas cette corde-là. »
— A un endroit du long texte que nous venons de citer, Sainte-Beuve nomme saint Louis, à propos de saint François de Sales. Dans une étude sur Joinville (19 septembre 1853),
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il a écrit : « Pour achever de comprendre ce genre de beauté noble et attrayante, d’une douce fierté, cette trempe royale et chrétienne tout ensemble, je crois qu’on y peut introduire quelque chose de l’idée d’un saint François de Sales avec moins de riant, avec plus de gravité de ton et de relief chevaleresque, avec le casque d’or et le glaive nu aux jours de bataille. » (C. L. VIII, 516-517).
,r";, LetH? datée d’Annecy, 27 mai 1610, à M. Deshaves ( Lettres , edit. Garnier frères I, 195.)
8. Dans Port-Royal (1,264-266) Sainte-Beuve, outre le passage que nous avons rapporté à la note 6, écrit encore, des relations de saint François de Sales avec le duc de Savoie : « Ce duc qui s était formé une haute idée des talents et de la capacité politique des Français dans toute cette affaire de Chablais, mais qui ne concevait guère, en ambitieux qu’il était, le désintéressement et le dévouement pur, quand on avait en soi de telles ressources de finesse, le duc avait l’œil sur François, et, comme il le voyait fort choyé de la France, inclinant souvent et voyageant de ce côté, il en prit une méfiance qui se trahit par mille mauvais tours comme les appelait le saint. Ce fut surtout quand François fut devenu évêque de Genève que le duc appréhenda qu’il n’eût l’idée de traiter avec la France de ses droits sur cette ville, droits que revendiquait le duc pour son compte, mais desquels François n’était disposé à traiter avec personne. » (Ici en note : « N’étant encore que coadjuteur pendant la guerre reprise entre le duc de Savoie et Henri IV au sujet du marquisat de Saluces, François s’était jeté à travers l’armée française pour empêcher qu’elle ne détruisît l’œuvre catholique dans le Chablais. A la paix en 1602, il était allé à Pans pour y traiter des intérêts de conscience du bailliage de Gex; il y était devenu l’objet des soins de la Cour, le directeur de plusieurs grandes dames et princesses. Henri IV lui avait offert en France pension et évêché. Le duc de Savoie en sut mauvais gré au sujet fidèle. ») Le texte continue ainsi : « Il lui refuse une fois la permission d’aller prêcher le carême à Dijon, une autre fois que le prélat était allé au pays de Gex pour travailler à la conversion du bailliage sur une invitation du baron de Luz, gouverneur au nom de la France, il apprit que le duc en grande colère avait menacé de séquestrer ses biens. Les visistes que recevait François du côté de la France étaient, pour ce prince vieillissant, des causes perpétuelles de soupçons qui rejaillissaient sur toute la famille de Sales et enveloppaient les frères du saint. On voit par plusieurs lettres de la fin de 1615 et du commencement de 1616, combien ces calomnies s’étendaient autour de lui et lui faisaient amertume, en tombant sur ceux qu’il aimait. Il s’en ouvrit par une lettre très belle et très ferme, » écrite, selon le chevalier Dalta, au duc lui-même et, selon les éditeurs antérieurs, au duc de Nemours, auprès de qui François de Sales avait été calomnié. Sainte-Beuve pense que c’est au duc de Savoie que cette lettre fut écrite, mais il ne saurait dire si elle lui fut ou non remise. « Quoi qu’il en soit, ajoute-t-il, il me suffirait ici pour
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Ja suite de mon induction, que la missive eût été simplement projetée et pensée. Fût-elle même à l’adresse directe du duc de Nemours, il me suffirait que le duc de Savoie eût sa part dans l’intention qui là dicta, comme il en avait dans les persécutions qui la provoquèrent. » Et il en cite un passage. On y lit :
« Les Papes, les Rois et les Princes sont sujets à estre souvent surpris par les accusations et par les rapports; ils donnent quelques fois des escrits qui sont émanés par obreption et subreption; c’est pourquoi ils les renvoient à leurs Sénats et Conseils, afin que, les parties ouïes, ils soient avisés si la vérité y a été vue ou la fausseté proposée par les impétrans; les Princes ne peuvent pas se dispenser de suivre cette méthode, y étant obligés à peine de la damnation éternelle. Vostre Altesse a reçu les accusations contre mes frères; elle a fait justement de les recevoir, si elle ne les a reçues que dans les oreilles : mais si elle les a reçues dans le cœur, elle me pardonnera si, estant non-seulement son très humble et fidèle serviteur, mais encore son très affectionné quoique indigne pasteur » (en note :
« Ce terme de pasteur semblerait pourtant se mieux rapporter aux relations de l’évêque de Genève avec le duc de Nemours qui avait le comté de Genevois dans son apanage, ») « je lui dis qu’elle offense Dieu et est obligée de s’en repentir quand même les accusations seroient véritables, car nulle sorte de paroles qui soient au désavantage du prochain ne doit être crue qu’après un examen parties ouïes. Quiconque vous parle autrement, Monseigneur, trahit votre âme... » Conclusion de Sainte-Beuve : « Certes, il paraît à ce ton que la douceur de saint François de Sales n’était pas mollesse, et qu’elle savait au besoin se dresser et s’armer en vertueuses armes. »
9. « Par V Introduction à la vie dévote... qui eut un succès universel, le saint évêque réveillait le goût de la dévotion intérieure et tendre, principalement parmi les personnes du sexe. » ( Port-Royal , I, 10).
— « C’est le propre et l’effet de ces natures tendres et mélodieuses de plaire singulièrement aux personnes du sexe et d’agir sur elles par leurs écrits... Saint François de Sales a eu une incroyable action sur tout le sexe de son temps par ses ouvrages de dévotion affective. Sa Philothée, sa Théotime, ç’a été comme le Paul et Virginie, le Jocelyn et 1 ’Elvire d’alors . ces livres étaient prodigieusement lus. » Sainte-Beuve, raconte même, d’après les Récréations littéraires de Cizeron-Rival, que François de Sales, Camus, l’évêque de Belley et Honoré d’Urfé étaient « fort amis » et qu’un jour qu’ils se trouvaient réunis Camus dit : « Nous sommes ici trois bons amis qui avons acquis de la réputation par nos ouvrages. M. le marquis en a fait un qui est le Bréviaire des courtisans (le roman de l’Astrée ); M. de Sales en a fait un qui est le Bréviaire des gens de bien (T Introduction à la vie dévoie). .Pour moi, j’en ai fait plusieurs qui sont, si vous voulez, [e Bréviaire des halles mais qui ne laissent pas de plaire au public et qui se vendent bien. » Sainte-Beuve ajoute : « Le bon Camus, par son Bréviaire des halles, entendait sans doute que ses livres, d’une dévotion gaie, familière, et
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assaisonnée de tout sel, allaient au peuple. » Et aussi: « Quant pH J'.aPProcIlement un Peu folâtre il reste juste dans sa drôlerie : r nilothee est assez la sœur de Céladon. » ( Port-Royal , I, 231-232 ) , . , 11 raPPorte, dans le même volume (p. 417-418), d’anrès
î?rptem°agnacge- ? xt .Lancelot, que dans la communauté des pretres de Samt-Nicolas-du-Chardonnet, on considérait que llnfroduehon a la vie dévote était plus utile à beaucoup de gens que 1 Evangile. » — Au t. IV de Post-Royal (p. 412) il écrit que la mere Louise-Eugénie de Fontaine « très renommée aans les cent cinquante communautés de la visitation dont elle était regardee comme l’oracle », et qui « possédait admirablement son saint François, » l’appelait «le cinquième Évangéliste de son ordre ».
Première partie de 1 ’Astrée avait paru en 1607, sans nom d auteur ni la dédicacé au roi qui parut seulement avec la deuxieme partie de l’ouvrage, en 1610.
Il- Telle n est pas l’opinion de M. Henry Bremond qui dans son Histoire du sentiment religieux en France, écrit : « J’ai beaucoup de peine a croire que le roi ait été pour si peu que ce soit 1 inspirateur de V Introduction. » (I, 93 n. 1.)
iî^' Duchastel, la Philothée de Y Introduction, demoi¬
selle d honneur de Catherine de Clèves, la veuve du duc de Guise, assassiné à Blois; Louise Duchastel épousa Claude de Charmoisy, savoisien comme François de Sales et même son parent.
13. Il était recteur du collège de Chambéry, v ™ d’Annecy> commencement avril 1609 (Œuv. compl.,
A.1V, lob.)
15. « Vous êtes chrétien, vous êtes saint, et la charité même, mais cette affabilité riante que vous avez, et qui est un donse remplit des images qu’elle produit. Si vous parlez, si vous écrivez, tout s’anime; vous donnez de graves conseils, et les images gracieuses se pressent, et vous les prodiguez ; elles vous sourient de plus belle et vous les redoublez. Votre plume involontairement s’égaie et s’amuse, et caresse sa fleur • prenez garde, aimable saint, cher saint François de Sales, c’est du Montaigne. » ( Port-Royal IV, 149). — Déjà au t. I (p. 215) de cet ouvrage, Sainte-Beuve avait écrit de saint François de Sales que « il sied de l’approfondir », que « il sied de l’étudier encore comme écrivain de l’aurore du xvne siècle, une espèce de Montaigne et d’Amyot de la spiritualité ». — Aux pages 239-240 du même volume il fait, entre Montaigne et saint François, ce rapprochement précis : « Qu’on relise aussi cette page m connue de Montaigne où il exprime le caractère d’une aimable sagesse : « L’âme qui loge la philosophie..., doibt faire luire jusques au dehors son repos et son aise... La plus expresse marque de la sagesse, c’est une esjouissance constante. Si peult-on y arriver, qui en sçait l’adresse, par des routes ombrageuses gazonnées et doux fleurantes, plaisamment, et d’une pente facile et polie, comme est celle des voultes célestes. Pour
xvir siècle. — Ecrivains et Orateurs religieux.
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n’avoir hanté cette vertu suprême, belle, triomphante, amoureuse, délicieuse pareillement et courageuse, ennemie professe et irréconciliable d’erreur, de desplaisir, de crainte et de contraincte, ayant pour guide nature, fortune et volupté pour compaignes, ils sont allez, selon leur foiblesse, feindre ceite sotte image, triste, querelleuse, despite, menaceuse, mineuse, et la placer sur un rocher à l’escart, emmy des ronces, fantosme à estonner les gens. » [Essais, liv. I, chap. xxv. De l Institution des Enfants (Édit. Garnier frères, I, 170].) Au heu de vertu mettez dévotion, et religion au lieu de sagesse; changez vite nature, fortune, volupté en grâce, dilection et amour, et vous aurez presque un portrait de l’âme heureuse en Dieu, dans le style de saint François de Sales. » A cet endroit Sainte-Beuve a ajouté la note que voici : « Il cite Montaigne à divers endroits dans ses Controverses contre les Protestants (discours XXV et XXVI). Montaigne y a tout l’air, ma foi, d’une très bonne et très loyale autorité catholique. « Je me souviens, dit le saint, d’avoir leu dans les Essays du sieur Montaigne, quovque laïque, qu’il trouvoit ridicule de voir tracasser entre les mains de toutes sortes de gens le sainct livre des sacrez mystères... » Ce quoyque laïque est joli; il oublie vraiment que c’est là son moindre défaut. »
Dans l’édition des Œuvres de saint François de Sales publiées par les religieuses de la Visitation d’Annecy, les Discours XXV et XXVI dont parle Sainte-Beuve forment les articles vn à x du chap. i de la partie II. Le passage cité ici se trouve à l’article VIÏ (t. I, 182). Le texte diffère de celui de Sainte-Beuve; il y manque notamment le « quoyque laïque ». Voir pour les altérations au texte de saint François de Sales par le premier éditeur des Controverses (le P. Harel) les Œuv. complètes, I, CXXIX-CXXX et CXIII.
16. Introduction à la vie dévote ; édit. J. Gabalda et fils, in-18 préface, p. xiii.
Autres allusions à cette expression ; dans Port- Roy al (I, p. 208-209), à propos d’une lettre de la mère Angélique à saint François de Sales où elle « se plaignait de n’avoir point rencontré jusque-là le directeur unique qu’il lui aurait fallu, et d’être obligée d’emprunter çà et là divers conseils, selon qu’elle les croyait plus ou moins conformes au bien désiré, ce. qui était proprement se conduire elle-même », Sainte-Beuve écrit : « 11 lui répondit de ne point s’inquiéter là-dessus, « qu’il n’y avoit point de mal à chercher sur plusieurs fleurs le miel qu’on ne pouvoit trouver sur une seule ». [Œuv. compl., XVIII, 379.] La mère Angélique dit : « J’admirai cette Réponse quoique je trouvasse périlleux d’en user ainsi. » F.t Sainte-Beuve : « Le mot est en effet, plus charmant que sûr, et sentait son Hymette plus que son Calvaire. C’était bien, au reste, « le début de celui qui ouvrait son Introduction à la vie dévote par la bouquetière Glycera ». Mais Sainte-Seuve ajoute : « Le sérieux venait vite dans ce sourire. » — Dans une étude sur Fléchier (1856) ayant dit que, dans ses Mémoires, ce prélat a le ton de la société choisie où il vivait, il fait cette remarque : « On ne saurait,
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a ° E°Int d<r vue de la morale et de la religion, trouver «nîf P ®toî1.nan>t 9ue de voir saint François de Sales ouvrir ?R“ Inlroductw^ a la vie dévote en nous parlant de la bouquetière Glycera. » (C. L. XV, 384.) H
17. Cf. Introduction à la vie dévote , lrc partie, chap. II, p. 7.