‹ Les grands écrivains françaisChapitre 54 sur 84 · Voir la note · texte numérisé non relu

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350. Sainte-Beuve fait encore allusion à cette attaque de Bourdaloue, dans son article de janvier 1835 sur Molière où il mentionne « l’indignation du sage Bourdaloue en chaire après le Tartufe, de Bourdaloue tout ami de Boileau qu’il était »; (Port, litt., II, 10); — puis au t. III de Port-Royal où il rappelle que Bourdaloue « anathémisa » Molière, (p. 267); que « Bourdaloue, du haut de la chaire, cria à la piété outragée » (p. 301), et où il écrit enfin plus longuement (p. 306-307): « Le Jésuite Bourdaloue qui, à cette date de 1669, commençait à s’illustrer dans la chaire et qui y portait, sous le couvert de sa robe quelque chose de cette saine et ferme doctrine, trop aisément suspecte dans la bouche des Des Mares et des Singlin, Bourdaloue, en son sermon sur Y Hypocrisie, a désigné le Tartufe et l’a voulu flétrir. Il y prend à partie le libertin, qui a intérêt, dit-il, à se prévaloir de l’hypocrisie d’autrui pour montrer que les prétendus gens de bien ne sont pas meilleurs que lui-même : sùr moyen de rendre toute piété méprisable en la rendant douteuse : « Et voilà, chrétiens, ce qui est arrivé lorsque des esprits profanes et bien éloignés de vouloir entrer dans les intérêts de Dieu, ont entrepris de censurer l’hypocrisie... Voilà ce qu’ils ont prétendu, exposant sur le théâtre et à la risée publique un hypocrite imaginaire, ou même, si vous voulez, un hypocrite réel, et tournant, dans sa personne, les choses les plus saintes en ridicule, la crainte des jugements de Dieu, l’horreur du péché, les pratiques les plus louables en elles-mêmes et les plus chrétiennes. Voilà ce qu’ils ont affecté, mettant dans la bouche de cet hypocrite des maximes de religion faiblement soutenues, en même temps qu'ils les supposoient fortement attaquées; lui faisant blâmer les scandales du siècle d’une manière extravagante; le représentant consciencieux jusqu’à la délicatesse et au scrupule sur des points moins importants, où toutefois il le faut être, pendant qu’il se portoit d’ailleurs aux crimes les plus énormes; le montrant sous un visage de pénitent, qui ne servoit qu’à couvrir ses infamies, lui donnant, selon leur caprice, un caractère de piété la plus austère, ce semble, et la plus exemplaire, mais, dans le fond, la plus mercenaire et la

NOTES

plus lâche. Damnables inventions pour humilier les gens de bien, pour les rendre tous suspects, pour leur ôter la liberté de se déclarer en faveur de la vertu !... [Chef s-d’ œuvre oratoires , p. 278-279].

351. Bourdaloue : Sermons [choisis] publiés par M. Gonzague Truc, Paris, 1921; p. 75; — et Maucroix : Lettre du 4 février 1682 au chanoine Favart. (Œuv. diverses, publiées par Paulin Paris; Paris, 1854, II, 126.)

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