‹ Les grands écrivains françaisChapitre 72 sur 84 · III, 84-85.) . . J · texte numérisé non relu

III, 84-85.) . . J

— On trouvera à la note 228 (p. 437) une opinion de Thiers.

— Enfin Sainte-Beuve a fait des rapprochements à divers points de vue entre Fénelon et d’autres auteurs.

1° Fénelon et La Rochefoucauld. — « Les chrétiens... en même temps qu’ils élèvent l’homme par 1 idee de sa céleste origine, lui révèlent sa corruption et sa chute, et, dans la pratique, ils se trouvent d’accord, moyennant ce double aspect, avec les observateurs les plus rigoureux. Les Bourdaloue, les Massillon, se rencontrent avec La Rochefoucauld dans la description du mal, et dans la science consommée des motifs. Fénelon lui-même, Fénelon vieillissant, en sait autant que La Rochefoucauld et ne s’exprime pas autrement ; « Vous avez raison de dire et de croire, écrivait-il à un ami un an avant sa mort, que je demande peu de presque tous les hommes; je tâche de leur rendre beaucoup et de n’en attendre rien. Je me trouve fort bien de ce marché; à cette condition je les défie de me tromper. Il n’y a qu’un très petit nombre de vrais amis sur qui je compte, non par intérêt, mais par pure estime, non pour vouloir tirer aucun parti d’eux, mais pour leur faire justice en ne me défiant point de leur coeur. Je voudrais obliger tout le genre humain, et surtout les honnêtes gens; mais il n y a presque personne à qui je voulusse avoir obligation. Est-ce par hauteur et par fierté que je pense ainsi? Rien nc serait plus sot et plus déplacé; mais j’ai appris à connaître les hommes en vieillissant, et je crois que le meilleur est de se passer d eux

NOTES

sans faire l’entendu... [Lettre au chevalier Destouches, 10 janvier 1714 (Œuv. compl.,\lll, 207). [Cette rareté de bonnes gens est la honte du genre humain. » [Lettre au même, 10 mars 1714, Op. cit., p. 299.} Ce témoignage de Fénelon me semble le meilleur commentaire de La Rochefoucauld. » ( Préface pour les « Maximes » de La Rochefoucauld, 1er septembre 1853; C. L. XI, 421.)

2° Fénelon et La Bruyère. — Sur leur venue aux lettres : « Boileau et Racine avaient à peu près terminé leur œuvre à cette date de 1687; ils étaient tout occupés de leurs fonctions d’historiographes. Heureusement Racine allait être tiré de son silence de dix années par Mme de Maintenon. Bossuet régnait pleinement par son génie en ce milieu du grand règne, et sa vieillesse commençante en devait longtemps encore soutenir et rehausser la majesté. C’était donc un admirable moment que cette fin d’été radieuse, pour une production nouvelle de mûrs et brillants esprits. La Bruyère et Fénelon parurent et achevèrent, par des grâces supérieures, la beauté d’un tableau qui se calmait sensiblement et auquel il devenait d’autant plus difficile de rien ajouter. » (Article sur La Bruyère, 1er juillet 1836; Port, litt., I, 389-390.) — Et ceci : « La Bruyère marque décidément l’ère nouvelle, et il inaugure cette espèce de régime tout à fait moderne dans lequel la netteté de l’expression veut se combiner avec l’esprit proprement dit, et ne peut absolument s’en passer pour plaire. Acôté de La Bruyère on trouverait d’autres exemples moins frappants, mais aussi peutêtre plus coulants et plus faciles. Fénelon, dans ses écrits non théologiques, est le plus léger et le plus gracieux modèle de ce que nous cherchons. » (Article sur Hamilton; 2 novembre 1849; C. L. I, 94.) — Sur leur gloire : La Bruyère o a ce singulier bonheur que quand le xvme siècle est passé et qu’on en parle comme d’une ancienne mode, quand le xvne siècle lui-même est exposé de toutes parts aux attaques, aux irrévérences et aux incrédulités des écoles nouvelles, lui, La Bruyère, comme par miracle, y est seul respecté; seul tout entier debout on l’épargne; que dis-je? on le lit, on l’étudie, on l’admire; on le loue précisément à cause de cette manière un peu marquée et appliquée, qui faisait question en son temps, qui semblait trop forte, qui n’est que suffisante aujourd’hui : il en demeure le premier modèle. Fénelon, — tout Fénelon, - — a pâli et s’est effacé : lui, il subsiste et brille comme au premier jour. » (Article sur « la Comédie de La Bruyère » par Edouard Fournier, 27 août 1866; N. L. X, 433.)

3° Fénelon et Pascal. — - « Je me suis donné, pour varier cette lecture de Pascal [la lecture des Pensées] la satisfaction de relire tout à côté quelques pages de Bossuet et de Fénelon. J’ai pris Fénelon dans le Traité de l’Existence de Dieu... et sans chercher à approfondir la différence (s’il en est) de la doctrine, j’ai senti avant tout celle des caractères et des génies. Fénelon, on le sait, commence par demander ses preuves de l’existence de Dieu à l’aspect général de l’univers, au spectacle des merveilles qui éclatent dans tous les ordres; les astres, les éléments divers, Ja structure du corps humain, tout lui est

NOTES

an chemin pour s’élever, de la contemplation de l’œuvre et de i’admiration de l’art, à la connaissance de l’ouvrier. 11 y a un plan et des lois, donc il y a un architecte et un législateur. Il y a des uns marquées, donc il y a une intention suprême. Après avoir accepté avec confiance ce mode d’interprétation par les choses extérieures et la démonstration de Dieu par la nature, Fénelon, dans la seconde partie de son traité, aborde un autre ordre de preuves; il admet le doute philosophique sur les choses du dehors et s’enferme en soi, pour arriver au même but par un autre chemin et pour démontrer Dieu par la seule nature de nos idées. Mais, en admettant ce doute universel des philosophes, il ne s’effraie pas de cet état; il le décrit avec lenteur, presque avec complaisance; il n’est ni pressé, ni impatient, ni souffrant comme Pascal; il n’est pas ce que Pascal, dans sa recherche, nous paraît d’abord, ce voyageur égaré qui aspire au gîte, qui, perdu sans guide dans une forêt obscure, fait maintes fois fausse route, va, revient sur ses pas, se décourage, s’assied au carrefour de la forêt, pousse des cris sans que nul lui réponde, se remet en marche avec frénésie et douleur, s’égare encore, se jette à terre et veut mourir, et n’arrive enfin qu’après avoir passé par toutes les transes et avoir poussé sa sueur de sang.

i Fénelon, dans sa marche facile, graduelle et mesurée, n’a rien de tel. Il est bien vrai qu’au moment où il se demande si la nature entière n’est pas un fantôme, une illusion des sens et où, pour être logique, il se place dans cette supposition d’un doute absolu, il est bien vrai qu’il se dit : « Cet état de suspension m’étonne et m’effraie; il me jette au dedans de moi dans une solitude profonde et pleine d’horreur; il me gêne, il me tient comme en l’air : il ne saurait durer, j’en conviens; mais il est le seul état raisonnable. » Au moment où il dit cela, on sent très bien, à la manière même dont il parle et à la légèreté de l’expression, qu’il n’est pas sérieusement effrayé. Un peu plus loin, s’adressant à la raison et l’apostrophant, il lui demande : a Jusques à quand serai-je dans ce doute, qui est une espèce de tourment, et qui est pourtant le seul usage que je puisse faire de la raison? » [De l’Existence de Dieu, p. 105.] Ce doute, qui est une espèce de tourment pour Fénelon, n’est jamais admis en supposition gratuite par Pascal, et, dans la réalité, il lui paraît la plus cruelle torture, et qui est la plus antipathique, la plus révoltante à la nature même. Fénelon, en se plaçant dans cet état de doute à l’instar de Descartes, s’assure d’abord de sa propre existence et de la certitude de quelques idées premières. Il continue dans cette voie de déduction, large, agréable et facile, mêlée çà et là, de petits élans, mais sans orage. On croit sentir, en le lisant, une nature angélique et légère, qui n’a qu’à se laisser aller pour remonter d’ellemême à son principe céleste. Le tout se couronne par une prière adressée surtout au Dieu infini et bon, auquel il s’abandonne avec confiance, si quelquefois la parole l'a trahi: « Pardonnez ces erreurs, ô Bonté qui n’êtes pas moins infinie que toutes les autres perfections de mon Dieu; pardonnez les bégaiements d’une langue qui ne peut s’abstenir de vous louer, et les défail-

xvn* siècle. — Ecrivains et Orateurs religieux. 31

NOTES

lances d’un esprit que vous n’avez fait que pour admirer votre

PC« Fden ne ressemble moins à la méthode de Pascal que cette voie aplanie et aisée. On n’entend nulle part le en de detresse, et Fénelon, en adorant la Croix, ne s’y attache pas comme Pascal à un mât dans le naufrage. Pascal, tout d abord, commence par rejeter les preuves de 1 existence de Dieu tirées ce la nature : « J’admire, dit-U ironiquement, avec quelle hardiesse, ces personnes entreprennent de parler de Dieu, en adressant leurs discours aux impies. Leur premier chapitre est de prouver la Divinité par les ouvrages de la nature ^ Et, continuant de développer sa pensee, il prétend que ces Discours qui tendent à démontrer Dieii dans ses oeuvres naturelles, n’ont véritablement leur elîet que sur les fidèles et ceux qui adorent déjà. Quant aux autres, aux indifférents, à ceux qui sont destitués de foi vive et de grâce, « dire à ceux-là qu’ils n’ont qu’à voir la moindre des choses qui les environnent, et qu’ils verront Dieu a découvert, et leui donner, pour toute preuve.de ce grand et important sujet, le cours de la lune ou des planètes, et prétendre avoir achevé sa preuve avec un tel discours, c’est leur donner sujet de croire crue les preuves de notre religion sont bien faibles ; et je vois, par raison et par expérience, que rien n’est plus propre a leur en faire naître le mépris. » [Pensées, article IV, 242, edit. Car

nier frères, p. 138.) ,

« On peut juger nettement, par ce passage, a quel point Pascal négligeait et même rejetait avec dédain les demipreuves ; et pourtant il se montrait ici plus difficile que 1 Ecnture elle-même, qui dit dans un psaume célèbre : Cœli enarrant gloriam Dei [le psaume] :

Les cieux instruisent la terre A vénérer leur auteur, etc.

[J.-B. Rousseau, Odes, liv. I, n; ( Œuvres , édition Garnier frères, in-S», p. 17).]

« Il est curieux de remarquer que la phrase un peu méprisante de Pascal : « J’admire avec quelle hardiesse, etc., » avait d’abord été imprimée dans l’édition de ses Pensées, et la Bibliothèque nationale possède depuis peu un exemplaire unique, date de 1669, où on lit textuellement cette phrase (page 150).

« Mais bientôt les amis, ou les examinateurs et approbateurs du livre, s’alarmèrent de voir cette façon exclusive de procéder et qui se trouvait ici en contradiction avec les Livres saints; ils firent faire un carton avant la mise en vente; ils adoucirent la phrase et présentèrent l’idée de Pascal d’un air de précaution que le vigoureux écrivain ne prend jamais même à l’égard de ses amis et de ses auxiliaires. La seule remarque sur laquelle je veuille insister ici, c’est l’opposition ouverte de Pascal avec ce qui sera bientôt la méthode de Fénelon. Fénelon, serein confiant et sans tourment, voit l’admirable ordonnance d une nuit étoilée, et se dit avec le Mage ou le Prophète, avec le pasteur de Chaldée : « Combien doit être puissant et sage celui

NOIES

qui fait des mondes, aussi innombrables que les grains de sable qui couvrent le rivage des mers, et qui conduit sans peine, pendant tant de siècles, tous ees mondes errants comme un berger conduit un troupeau ! » [ Traité de l’Existence de Dieu, p. 18.] Pascal considère cette même nuit brillante, et il sent par delà un vide que le géomètre en lui ne saurait combler; il s ecrie : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. » [Pensées, article III, 206 (p. 128).] Comme un aigle sublime et blesse, iï vole par delà le soleil visible, et, à travers ses rayons palis, il va chercher, sans l’atteindre, une nouvelle et éternelle aurore. Sa plainte et son effroi, c’est de ne rencontrer que silence et nuit. » (Article sur l’édition des Pensées de Pascal, avec notes et commentaires de M. E. Havet ; 29 mars 1852; C. L. V, 527-531); suit le rapprochement entre Pascal et Bossuet transcrit à la note 114, p. 409-41 1.

4° Fénelon et Bernardin de Saint-Pierre. — « La Prière à Dieu qui termine la première Etude de la nature: « Les riches et les puissants croient qu’on est misérable... » [n’est autre chose qu’une copie abrégée, intelligente et pleine de goût, une copie, accommodée au xvme siècle, de la Prière à Dieu, plus mystique, qui termine la première partie du traité de l’Existence de Dieu par Fénelon [p. 99-101]. Rien de plus piquant que les deux morceaux mis en regard avec les suppressions et les arrangements de Bernardin; mais le fond est textuellement le même. L’honneur de cette remarque, qui avait échappé à nos meilleurs critiques, revient à M. Piccolos, Grec érudit (voir page 364 de la seconde édition de sa traduction de Paul et Virginie en grec moderne, 1841). Les notes de cette traduction seraient bonnes à consulter pour les éditeurs de Bernardin de Saint-Pierre. » (Article d'octobre 1836 sur Bernardin de Saint-Pierre ; Port, litt., Il, 126 n.) - — Voir rapprochement entre Fénelon et Bernardin de Saint-Pierre à la n. 397, 8°.

5° Fénelon et Lamennais. — « En étudiant la politique de Lamennais, M. Ballanche a remarqué qu’elle donne la clef de celle de Fénelon et qu’elle explique, qu’elle justifie par un développement logique et évident, cet ultramontanisme vaguement défini, à la fois si libéral à la Cour de France et si difficilement agréé à celle de Rome. C’est un rapport de plus de M. de Lamennais avec Fénelon. Tous deux, hommes d’avenir, prêtres selon l’esprit, sentant à leur face le souffle nouveau du catholicisme, ils ont, conformément à l’ordre de leur venue et à là tournure particulière de leur génie, exprimé diversement les mêmes vœux, les mêmes remontrances touchant la conduite temporelle des peuples. Si M. de Lamennais explique et précise Fénelon, s’il est en ce moment l’aurore manifeste, bien que laborieuse, du jour dont Fénelon était comme l’aube blanchissante, Fénelon aussi, par ses signes précurseurs et la bienfaisance de son étoile catholique sous le despotisme de Louis XIV, garantit, absout, recommande à l’avance M. de Lamennais, et doit disposer les plus soupçonneux à le dignement comprendre. Sous la Restauration comme sous Louis XIV, le dogme politique en vogue, la prétention formelle des gouvernements était la légitimité,' c’est-à-dire Tinamïssibilité

NOTES

du pouvoir en vertu de certains droits de naissance, et nonobstant toute manière d'user ou d’abuser. Cette doctrine servue, vraiment idolâtre et charnelle, avait pris corps à Partir protestantisme, anglicane avec Henri VIII et Jacques J. -, gallicane avec Louis XIV, et elle avait engendré collateralement le dogme de la souveraineté du peuple, qui n est qu une réponse utile à coups de force positive et de majorité numérique. Dans le moyen âge, il n’en allait pas ainsi; la puissance spirituelle régnait'; les princes, fils de l’Eglise, tuteurs au temporel, administraient les peuples robustes, encore en enfance, s’ils faisaient sentir trop pesamment le sceptre, au cri que poussaient les peuples le Saint-Siège s’émouvait et portait sentence. Mais au moment où commença de se prononcer l’émancipation des peuples, le Saint-Siège devint inhabile, les princes et les sujets se montrèrent récalcitrants; ces derniers s entendirent pour ne plus recourir « à l’autre », sauf à vider bientôt leurs différents réciproques sans arbitres et dans un duel irréconciliable. Tout cela se fit par degrés, selon les temps et les pays ; il y eut chez nous une ère transitoire, qui eut sa splendeur sous Louis XIV, sa mourante lueur sous la Restauration, et durant laquelle, tout en reconnaissant la puissance spirituelle, en lui rendant hommage en mille points, en signant ses fils aines, on se posa en face d’elle comme pouvoir indépendant, à jamais légitime de père en fils sur la terre. La plupart des théologiens prêtèrent leurs subtilités à ce système bâtard; quelques autres par souvenir du passé, deux ou trois par sentiment d avenir, s’élevèrent pour le combattre : tels Fénelon et M. de Lamennais. » (Article sur l'Abbé de Lamennais, 1er février 1833; PCI 220-222.)

6° Fénelon et Lamartine. — « Lamartine est, au fond, un roué, mais un roué de la race de Fénelon. Il s’est corrompu, peut-être, mais c’est la corruption de l’ambroisie. Cette corruption elle-même est angélique et divine. » (Notes à la suite ue l’article sur les Recueillements poétiques, 1848; P. C. I, 380.)

7° Fénelon et l’abbé Gerbet. — L’abbé Gerbet est « un des plus doux et modestes de ce temps, mais qui a en lui, bien plus que Nicole, les fibres tendres, affectueuses, et qui, vu de près, nous a souvent rappelé l’âme d’un Fénelon ». (I ort- Royal, IV, 458 n.) ......

— Parmi les écrivains en qui il trouve un goût particulier pour Fénelon ou sur qui Fénelon a eu une influence sensible, Sainte-Beuve nomme : Vauvenargues, de qui il dit : « U n'est pas optimiste à l’aveugle et son goût de prédilection pour Fénelon ne le jette pas dans la mollesse ni dans l’extrême indulgence; » (article sur Vauvenargues, 18 novembre 1850; C. L. III, 133); — Villemain, « nourri des Grecs, des Anciens, préférait en style, parmi les modernes, Pascal et Fénelon ». (Article sur Villemain, lat janvier 1836; P. C. II, 367); — - Ballanche, à propos de qui il écrit : « Dans le récit qu’il a donné d’un voyage à la Grande-Chartreuse fait en 1804 avec M. et Mme de Chateaubriand, il est question, comme dans le Vieillard et le Jeune Homme, d’une conversation entre un jeune mélancolique qui repousse toute science, toute tentative humaine.

NOTES

et un prêtre tolérant qui maintient la science et la croit conciliable avec une religion élevée. « Comment, s’écrie en finissant le narrateur, comment un jeune homme paraît-il détrompé à ce point de toutes les choses de la vie?... Voyez, il ne sait accueillir aujourd’hui que l’ironie terrible de Pascal; demain peut-être il sera dompté par le puissant génie de Bossuet : heureux si, le jour suivant, il vient à prendre goût aux chants mélodieux de Fénelon, lorsqu’il charme notre exil par les plus douces paroles qui se soient trouvées jamais sur les lèvres d’un habitant de la terre 1 » L’Ombre de Fénelon prit donc de bonne heure par la main M. Balianche et le tira de la crainte, et le préserva de l’obstination dans des ruines; il espéra; et, plus tard, devenu prêtre à son tour, prêtre à demi voilé du plébéianisme grandissant, aimant à voir dans Fénelon le véritable fondateur de 1ère actuelle, le voilà qui marche et continuera, à travers tout, de marcher vers l’avenir, comme un de ces tranquilles vieillards de son maître, comme un Aristonoüs serein et patient, souriant de loin sous ses bandelettes à quelque ami qui s’avance, le long du sable fin des mers. » (Article sur Balianche, 15 septembre 1834; P. C. II, p. 10-11.)

MASSILLON

516. Sainte-Beuve n’a écrit sur Massillon qu’une étude. Elle formait deux articles qui ont paru dans le Moniteur les 26 septembre et 3 octobre 1853, et qui ont été recueillis au t. IX des C. L. Sainte-Beuve y a ensuite ajouté, en P. S., des extraits relatifs à Massillon, du t. III de Port-Royal, qu’il ne donne pas tout à fait complets et que nous complétons. Pour les textes de Massillon, nous renvoyons à l’édition courante, mais partielle, de la librairie Garnier frères, et pour les ouvrages qu’elle ne contient pas à l’édition des Œuvres complètes par l’abbé E.-A. Blampignon. Elle forme quatre volumes, dont trois ont paru de 1865 à 1868 et le quatrième en 1884; il y en a eu une réédition en 1886; c’est à cette réédition que nous nous référons.

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