‹ Les grands écrivains françaisChapitre 83 sur 84 · Marmontel : Mémoires, liv. I (édition Didot, p · texte numérisé non relu

Marmontel : Mémoires, liv. I (édition Didot, p

572. Ajoutons à cette étude : 1" Une remarque sur un discours qui n’y est pas mentionné. C’est un discours de Massillon pour la bénédiction des drapeaux du régiment de Catinat, Sainte-Beuve dit : . Massillon, dans ce magnifique discours rendait à Catinat cette justice entre tous les guerriers que « la sagesse était comme née avec lui. » [Œuv. compl. 1, 106.] ( Article

NOTES

sur Catinat, 29 août 1864, N. L. VIII, 393.); 2° Deux anecdotes rappelées par Sainte-Beuve, l’une dans l’article du 11 mars 1859 sur les Lettres de la marquise du Deffand : « On raconte que dans un couvent de la rue de Charonne où elle avait été élevée elle avait, de bonne heure, conçu des doutes sur la matière de la foi, et elle s’en expliquait assez librement. Ses parents ne lui envoyèrent pas moins que Massillon en personne pour la réduire. Le grand prédicateur l'écouta, et dit pour toute réponse en se retirant : « Elle est charmante. » L’abbesse insistant pour savoir quel livre il fallait donner à lire à cette enfant, Massillon répondit, après un moment de silence :

* Donnez-lui un catéchisme de cinq sous. » Et l’on n’en put tirer autre chose. Il semblait désespérer d’elle dès le premier jour. » (G. L. I, 413-414.) — - L’autre, dans un article du 18 décembre 1854 sur le Président Hénault : « Hénault avait quinze ans au moment des débuts de Massillon à Paris et de son premier éclat dans les chaires : ce fut son premier enthousiasme; l’ambition de l’éloquence le saisit, et il voulut entrer à l’Oratoire. Il y entra en effet, y prit l’habit, et y resta deux ans. Puis il en sortit avec autant de facilité qu’il y était entré. Plusieurs de ses supérieurs le regrettèrent, et l’un d’eux même le pleura; Massillon, qui en avait mieux jugé, dit en riant :

<t Mon Père, est-ce que vous avez jamais cru qu’il nous resterait? » (G. L. XI, 216.)

, 573. Le premier de ces extraits se trouve dans la présente édition Hachette au t. III, p. 199-200. Sainte-Beuve y parlait cependant de Massillon un peu plus longuement; il y faisait d’abord allusion à la confession de Mn« Marguerite Périer. Il a rappelé les faits dans son article du 3 octobre 1853. Dans Port-Roya ! il écrit : « Il y avait à Clermont le plus éloquent et le plus accommodant évêque, l’orateur doué entre tous de la veine la plus riche et la plus abondante, dont ait joui la parole française, l’aimable et brillant Massillon. Il coupa court aux tracasseries d’un curé fanatique qui s’était avisé d’inquiéter la pieuse demoiselle au lit de mort sur l’article de la Bulle, et il envoya près d’elle un vicaire pour lui porter sans conditions les sacrements; il n’était pas de ceux dont la constance est si rigide. Sa foi même, dit-on, s’était tempérée à temps : elle n’avait pas creusé (tant s’en faut) jusqu’au fanatisme. On se rappelle qu’il avait eu la condescendance de donner un certificat de oie et de mœurs, comme on disait, au cardinal Dubois, Les Jansénistes, qui ne lui ont pas su assez de gré de son bon procédé envers Marguerite Périer, ont recueilli sur son compte des anecdotes dont quelques-unes ne laissent ' pas d’être piquantes. M. d’Etemare, à qui on les doit d’original, était, après tout, un homme de beaucoup d’esprit et bien informé (Cf. Anecdotes recueillies près de M. d’Etemare, à Rhynwick en Hollande, dans les manuscrits de la Bibliothèque de Troyes). En faisant la part des exagérations, il en résulte assez clairement que Massillon, jeune et dans l’Oratoire... » ( Port-Royal , III, 199). Par les derniers mots notre texte rejoint le postscriptum de Sainte-Beuve.

NOTES

'"'374. Ici Sainte-Beuve donnait, en note, cette indication : *"jVoir dans l’ancien Journal des savants (octobre 1759) une analyse très heureuse et très fine du talent et de la manière de Massillon, surtout le passage à propos du Petit Carême :

< M. Massillon connoissoit les Grands, etc. » L’article est d’ua abbé de La Palme, modeste et peu connu. — Voir aussi dans les notes qui suivent l’Eloge de Massillon par d’Alembert, des extraits de ses lettres, très bien choisis, et dans lesquels il s’exprime en moraliste consommé sur le compte des Jansénistes de son temps. » ( Port-Royal , III, 199-200 n.)

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