II. — La poésie lyrique
l. Jean-Baptiste Rousseaj (1671-l"il). — Il n'est j;uère d'existence plus malheureuse que celle de J.-R. Rousseau. Après quelques années de bi-illants succès, il se vit banni de France en 1712, pour des couplets licencieux et dilVainatoires qui lui furent attribués, et qui sont peut-être ])ien tle lui. Il uKuirut A Bruxelles.
J.-B. Rousseau fut considéré au xvin" siècle, et jusqu'au réveil romantique, comme le plus grand des poètes lyriques. Ses paraphrases des Psaumes^ son Ode au Comte du Luc, sa cantate de Circé furent longtemps citées et apprises par cœur. On ne peut le nier: il y a chez lui un certain sens du mouvement et de l'harmonie. Entre Malherbe et Lamartine, il est le seul qui ait représenté le genre lyrique avec cette majesté et ce beau désordre, qui en semblaient les caractères dislinctifs. Mais sa langue est abstiailc, pauvre, terne, et manciue essentiellement de l'éclat pittoresque et du souille auxquels nos poètes du xix' siècle nous ont habitués.
Il excellait dans l'épigramme, et fit de cruelles blessures à ses persécuteurs. Trop prôné par le xvni° siècle, il est aujourd'hui trop oublié.
L'aveuglement des hommes du siècle.