II. - Autres orat*3urs de la Révolution
1 Isnard nôl-1838) eut son jour do ^énio. Il prononça, dans 1 isnara ' , ,-,,! ^.n 7)/.sco//r.s sur l emuirnhon,
applaudissemculs.
Sur l'Émigration (1791).
Le Français est devenu le peuple le plus marquant de"runivers; il faut que sa conduite ,^éponde a sa nouvelle desl.uée. Esclave, il fut '"^^P'^'^^ff"':^^'^; serait-il faible et l.mide? Sous Lou.s Xl\ , le plus I ei de"despotes, ,1 lulla avec avan.a.e contre une par e
^ • ru.ii rfiif» «PS hra< sont ciecndiucs,
dp TEurope ; auiourd hui, que ses uid- ^^
crdnrail-ill- Europe entière? ^Apphud,ssen,e„ls rc- :: TraUer tous'les peuples en frères, respecter eu repos' mais exiger d'eux les mêmes égards , ne la ne Tune insulte, mais n'en souffrir et n en pardonne. : ùcune ne tir r le glaive qu'à la voix de la justice, ma.s nele refermer qu'."u chant de la victo.re ; renoncer a ne le ■^^'•=™ /* . ,,.:„cre quiconque voudrait le toute conquête, mais vaincre qu i . „ ,
conquérir î fidèle dans ses engagements, '" ' «^^f "^ les autres à remplir les leurs ; généreux, magnanime dans toutes ses actions, mais terrible dans ses ,,ustes v : e'mts ; en.in toujours prêt à -'"'«r '^l'-^r'dè a disparaître même tout entier du globe P'"^" ^^ <= ^ se laisser remettre aux fers ; yoila, J« .^^"' ' <1"^' ^X être le caractère du Français devenu libre! U peuple
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se couvrirait (runc houle inetFaçable, si son premier pas clans la hrillanle carrière que je vois s'ouvrir devant lui était marqué par la lâcheté : je voudrais que ce pas fût tel, qu'il étonnât les nations, leur donnât la plus sublime idée de l'énergie de notre caractère, leur imprimât un long- souvenir, consolidât à jamais la Révolution, et fit époque dans l'histoire ! Et ne croyez pas, messieurs, que notre position du moment s'oppose à ce que la France puisse, au besoin, frapper les plus grands coups! « On se trompe, dit Montesquieu, si Ton croit qu'un peuple qui est en état de révolution pour la liberté est disposé à être conquis ; il est prêt au contraire à conquérir les autres. » FA cela est très vrai, parce que l'étendard de la liberté est celui de la victoire, et que les temps de révolution sont ceux de Toubli des affaires domestiques en faveur de la chose publique, du sacrifice des fortunes, des dévouements généreux, de l'amour de la patrie, de l'enthousiasme guerrier ! Ne craignez donc pas, messieurs, que Ténergie du peuple ne réponde point à la vôtre ; craignez au contraire qu'il ne se plaigne que vos décrets ne correspondent pas à tout son courage.
Si la guerre dont on nous menace n'était relative qu'à des intérêts pécuniaires, nous pourrions alors attendre les événements et faire de très grands sacrifices pour épargner le sang des citoyens ; mais dans la circonstance actuelle toute idée de capitulation serait un crime de lèse-patrie ! Qui sont en effet les adversaires qui nous menacent? Ce sont les ennemis de notre Constitution sacrée. Que prétendent-ils ? Ils veulent, par la faim, le fer et le feu, nous ravir la liberté, augmenter la prérogative royale, ressusciter les parlements et ramener la noblesse. Quoi ! nous ravir la liberté, cet héritage céleste, plus précieux que la vie !... Augmenter la prérogative du roi ! Et que voudraient-ils donc y ajouter? Augmenter le pouvoir du roi, d"un homme dont la
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volonté peut paralyser celle de toute la nation, d'un homme qui reçoit trente millions tandis que des milliers d'autres citoyens meurent dans la détresse !... (Vifs itpphiudis.senienl.s des Irihuncs; murmures dnns r Assemblée.) Quoi ! ressusciter les parlements, ces corps orj^uei lieux, sanguinaires, qui achetaient le droit de vendre la justice !... Ramener la noblesse ! Ce seul mot doit indigner tout homme qui apprécie la dignité de som être. Ramener la noblesse! Ah ! plutôt s'ensevelir mille fois sous les décombres de cette enceinte ! Mais non ; dussent tous les nobles de la terre nous assaillir, ce temple ne s'écroulera pas ; du haut de cette tribune nous électriserons tous les Français ; les plus froids s'embraseront des flammes de notre patriotisme; tous, versant dune main leur or, tenant le fer de l'autre, combattront celte race orgueilleuse, et la forceront d'endurer le supplice de l'égalité !... L'égalité et la liberté sont devenues au Français aussi nécessaires que l'air qu'il respire ; soulfririez-vous, messieurs, que quelque puissance au monde les lui ravît? Non. nous ne tromperons pas ainsi la confiance du peuple ! Elevonsnous dans cette circonstance à toute la hauteur de notre mission ; parlons à nos ministres, à notre roi. à l'Furope, le langage qui convient aux représentants de la France ! Disons aux ministres, que jusqu'ici la nation n'est pas très satisfaite de leur conduite ; que désormais ils n'ont qu'à choisir entre la reconnaissance publicjue ou la vengeance des lois ; que ce n'est pas en vain qu'ils oseraient se jouer d'un grand peuple, et que par le mot responsahililà nous entendons lu mort! Disons au roi qu'il est de son intérêt, de son très grand intérêt de défendre de bonne foi la Constitution ; que sa couronne tient à la conservation de ce palhidium ! Disons-lui qu'il n'oublie jamais que ce n'est que par le peuple et pour le peuple qu'il est roi, que la nation est son souverain, et qu'il est sujet de la loi. Disons à l'Europe que les Fran-
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çais voudraient la paix; mais que, si on les force de tirer Tépée, ils en jetteront le fourreau bien loin, et n'iront le chercher que couronnés du laurier de la victoire, el que, quand même ils seraient vaincus, leurs ennemis ne jouiraient pas du triomphe, parce qu'ils ne régneraient que sur des cadavres ! Disons à Tlun^ope que nous respecterons toutes les constitutions des divers empires ; mais que, si les cabinets des cours étrangères tentent de susciter une guerre des rois contre la France, nous leur susciterons une guerre des peuples contre les rois ! Disons-lui que dix millions de Français, embrasés du feu de la liberté, armés du glaive de la raison, de l'éloquence, pourraient seuls, si on les irrite, changer la face du monde, et faire trembler tous les tyrans sur leurs trônes ! Enfin disons-lui que tous les combats que se livrent les peuples par ordre des despotes... [Les applaudissements ne discontiniieni pas ; V Assemblée est dans une grande agitation.) Je demande du silence ; n'applaudissez pas, messieurs, n'applaudissez pas; respectez mon enthousiasme ; c'est celui de la liberté ! Disons-lui que les combats que se livrent les peuples par ordre des despotes ressemblent aux coups que des amis, excités par un instigateur perfide, se portent dans l'obscurité ; le jour vient-il à paraître, ils jettent leurs armes, s'embrassent, et se vengent de celui qui les trompait! De même si, au moment que les armées ennemies lutteront avec les nôtres, le jour de la philosophie frappe leurs yeux, les peuples s'embrasseront à la face des tyrans détrônés, de la terre consolée et du ciel satisfait ! [La salle retentit d'applaudissements.) Je conclus par demander que l'Assemblée adopte à l'unanimité [on rit) le projet de décret proposé : je dis à l'unanimité parce que ce n'est que par cet accord parfait des représentants de la nation que nous parviendrons à inspirer aux Français une entière confiance, à les réunir tous dans un même esprit, à en imposer sérieusement
\Vlï\'' SIKCLE ô\K)
il tous nos ennemis, et à prouver que, lorsque la patrie est en danger, il n'existe qu'une volonté clans FAssemblée nationale.
(29 novembre 1791.)
-. L'abbé Maury 1746-1817) fut un des principaui: adversaires de Mirabeau. Il avait un talent impétueux, un style ardent et emporté, lart de réplifiuer, et aussi de développer bi-illamment des lieux communs. Mais c'est plutôt un rhélcur ([u'un véi-itable orateur.
3. Baruave 1761-1793) combattit également Mirabeau, mais a\ec plus de métliodeet de sani;-froid. (Vêlait un modéré, d'idées et de talent. Ses discouis, en partieulier sa léplique à Mirabeau sur le droit de paix et de guerre, sont puissants par le raisonnement et par la netteté.
i. Sieyés (i748-lX36)restera]céI^breparsabrochure sur le Tiers Etat Qu'esl-ce que le liera étui ? tout ; qua-t-il clé jusiiuk présent? rien : que deinunde-t-il '.' à devenir quelque chose). Mais ce titre lui lut donné par Chamfort. Député à la Gonstituaiite et à la (Convention, il y parla peu, et lit surtout des mois.
5. Vergniaud (1753-1793) fut presque le Mirabeau delà Législative et de la Convention. Il avait une forte insti-ucti(»n. des idées générales, du patrit)tisnie, et dans la forme un mélange heureux de logique et d'imagination. Le 3 juillet 1792, sur lu Patrie en danger, il prononce un de ses plus beaux discours; le 16 septembre de la même année, il dénonce la Commune de Paris et fait de nouveau appel à la concorde des citoyens pour sauver la France. Mais le plus beau discours de \'ergniaud est sa réponse aux accusations que Robespierre avait formulées contre le parti girondin. La dernière partie, celle où il se glorilie d'être un modéré^ est remarquable par la chaleur et la précision du style (10 avril 1793).
Parmi les Girondins, il faut encore signaler Guadet, Gensonné, Buzot. Brisset.
6. Danton 1759-1791 fit partie de la Législative et de la Convention. Physiquement, il n'est pas sans rapport avec Mirabeau; comme lui, il en imposait par sa carrure et par son aplc^mb. Mais il était tribun populaire, plutôt qu'orateur. — Le 2 septembre 1702, à la nouvelle du siège de \'erdun parles Prussiens, l'assemblée est frémissante ; c'est ce jour-là que Danton prononce la harangue qui se termine par la phrase célèbre, souvent mal comprise: « Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patiie. Pour les vaincre, Messieurs, il nous faut de laudace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée. »
OUU I.HS CRANDS KCniVAlNS FRANÇAIS
7. Robespierre 1759-179»). — L"élo(juencocle Hobespierre est très ditlirili' ù définir. Ses discours sont souvent gâtés par la rhétorique la plus artificielle, un goût d'antiquité qui sent moins riiumaniste que le pédant, de lemphase à froid, un jargon sentimental qui lui vient de Jean-Jacques, et surtout je ne sais quoi de fuyant et de faux qui caractérise son hypocrisie jacobine. Mais les qualités sont remai-quablcs. Uobespierre sait composer, placer et enchaîner ses arguments : il sait aussi traiter un lieu commun, en le rajeunissant par l'adaptation aux circonstances: il enveloppe ses adversaires et ses auditeurs dans un réseau de plus en plus serré, et finit par convaincre, sans persuader ; il est souvent vif et nerveux, âpre, jusqu'à faire frissonner.
Parmi ses discours les plus célèbres, rappelons son accusation contre les Girondins, le 31 mai 1793, et sa défense personnelle, dans la séance du 26 juillet 1794.