III. — Divisions du moyen âge
On désigne sous le nom de moi/en lU/e la période de notre littérature qui s'étend de 812 [Sei'ment de Slr.isbonrçf jusque vers 1515 (avènemenl de François I"""). Si l'on considère celte longue période sous le rapport de la langue, on constate qu'au début du .\iv* siècle, les cns disparaissent: les textes deviennent alors plus faciles à comprendre pour les modernes. Au point de vue du dévelttppemcnt des genres : les xi" et xn* siècles sont l'époque de la grande poésie épique [(Chansons de geste : les xiii' et xiv^ voient plutôt fleurir le roman de chevalerie, la poésie lyri(nie, \a poésie s^tliriff ne et allégorique ; le xv est le siècle du théâtre, sérieux et bouflon. Quant aux mémoires et aux rhronifiues, on en trouve d'excellents modèles depuis Villehardouin (xiii" siècle) jusqu'à Commines (début du \\r --iècle .
CFIAPITUE II
LES CHANSONS DE GESTE I. — Caractères généraux et divisions.
1. Définition. — Le mot gresfe signifie, au moyen âge, exploit: et Chanson de ijeale se dit d'un poème où Ion célèbre les exploits d'un héros historique ou légendaire. — Ces poèmes, écrits aux XI* et XII* siècles, sont en vers de dix syllabes [déc a syllabes). non pas rimes, mais assonances : il suffit au poète de ramener le même son dans la dernière syllabe accentuée, sans se préoccuper des consonnes qui suivent. Ainsi, comme aujourd'hui encore dans la poésie populaire, dire assonne ;'et ne rime pas) avec bise, et i^isacfe avec arbre. — Ces vers étaient groupés par couplets (Laisses; de dix ou quatorze; et le poème entier pouvait contenir de deux à trois cents laisses.
2. Par qui et pour qui étaient composées les chansons de^ geste. — Les che\aîiers. quand ils ne taisaient pas la guerre, aimaient à l'entendre chanter. Les pèlerins qui se dirigeaient vers Rome ou vers Saint-Jacques de Compostelle, se plaisaient, aux étapes de leur long voyage, à l'audition des" légendes célèbres. Cette curiosité des seigneurs et du peuple fut de bonne heure exploitée par des trouvères {trouvère qui au moyen âge se prononçait trouveur. signifie inventeur d'un sujet, d'unpoème,: Les trouvères, clercs ou laïques, composèrent de bonne heure des chansons, qu ils chantaient eux-mêmes ou faisaient chanter par des.jong leurs. Se sont-ils servis d'anciennes cantilènes composées par des bardes guerriers, et quïls auraient soudées et raccordées? Ou bien ont-ils puisé seulement aux sources de la tradition populaire et dans les chroniques latines rédigées de très bonne heure par les moines ? Quelle que soit la solution adoptée par les érudits, il est certain <jue nous ne possédons aucune chanson de geste antérieure à la seconde moitié du xi" siècle ; et ce sont évidemment des œuvres composées, au ^ons littéraire du mot, par des poètes de métier.
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Ainsi, le jongleur sen va de cliAteau en château ou de ville en ville, avec sa vielle (surle de violon à trois cordes dont il accompa};ne sa psalmodie). Sous les voùles féodales ou dans une prairie encombrée de pèlerins, aux abords d'un sanctuaire qui contient la tombe d'un héros, il chante les ex}>loits de Holand ou de Guillaume. d'Ofiier le Danois ou de Henaud de Montauban. Le j;enrc des Clinnso7is île (/este est donc orul, (juerrier et religieur.
.'î. Principales chansons de geste. — Nous possédons un assez }frand noml)re de r/i.inso/i.sconiposéesaux xi*, xii" et xiii" siècles. On les ^l'oupe autour de trois personnag^es principaux : de là trois cyclea [cycle = cercle, se dit d'un ensemble douvrag'es pouvant se rattacher à un même centre) :
a, Le cycle de CharJemagne, dont les plus célèbres chansons sont : le Pèlerinafie de (Jhnrlemagne, Iliion de Bordeaux, l;i Chanson de ïiolaml:
h Le cycle de Guillaume d'Orange, où il faut surtout retenir : Ainieii de Narhonne cf. Y . Huj?o : Ai/werillot), et Aliscans :
c Le cycle de Renaud de Montauban dunt la principale chanson a été popularisée sous le titre des (Juaire /ils Aipnon.
\ part, il faut citer quelques Chansons féodales, dont la plus belle est Raoul de Cambrai.